![]() |
Vous êtes sur http://www.cfdt-rhone-alpes.com
Sécurité et qualité alimentaires : l'agriculture rhônalpine
TELECHARGEZ LE RAPPORT COMPLET Intervention de M. Raoul CHAUVET, au nom de la CFDT L’agriculture européenne est en crise depuis plusieurs années. Premier producteur agricole européen, la France, sortie affaiblie du « non » des français à la constitution européenne du 29 mai 2005, ne peut peser de tout son poids sur les nécessaires évolutions à mettre en oeuvre pour maintenir une forte agriculture européenne. Face aux tenants d’un libéralisme agricole total que prônent nombre de nouveaux pays européens, les pays partisans d’une agriculture européenne régulée ont de plus en plus de mal à faire entendre leur voix. Les miroirs aux alouettes et les profits mirifiques que certains nous promettaient, grâce à des placements boursiers pour le moins hasardeux, se sont volatilisés en même temps que les bourses s’effondraient. Le monde agricole, après maintes crises qui l’ont déjà touché, (crise de la vache folle, grippe aviaire, crise du lait etc.) doit faire face à de nouvelles difficultés : crise des institutions financières, effondrement des prix agricoles, mise en place de plans d’austérité généralisés dans nombre de pays européens. En France, le gel, voire le rabotage des aides de l’Etat ne manquera pas d’avoir un fort impact négatif sur nombre de français en général et d’agriculteurs en particuliers. Comme toujours, et plus encore en périodes de crises et de difficultés, la CFDT sera aux côtés des agriculteurs et de leurs familles mais aussi, bien sûr, auprès des milliers de salariés agricoles employés dans l’agriculture. La CFDT, première organisation syndicale dans le salariat agricole, ne peut que se réjouir de voir le monde agricole faire face aux difficultés du moment en s’adaptant et en mettant en place de nouvelles pratiques en phase avec la demande des consommateurs. La participation très active des agriculteurs au groupe de travail ‘Sécurité et qualité alimentaires’ l’écoute mutuelle, les échanges et les propositions faites dans ce groupe de travail sont à l’origine du rapport soumis à nos débats aujourd’hui. Le rapport - Des produits rhônalpins au service de la qualité alimentaire – permet de mieux connaître les diverses agricultures de notre région mais aussi les divers intervenants dans la chaîne de production, de transformation et de diffusion des productions agricoles en Rhône–Alpes. Pour la délégation CFDT du CESR, les propositions faites dans ce rapport tant en matière de production, de consommation mais aussi de santé publique sont en phases avec une politique de développement durable. Ce rapport est un document important de notre assemblée et recueille notre approbation. Mon intervention porte sur l’éclairage de points particuliers et de propositions complémentaires. Comme le rapport le souligne, l’agriculture rhônalpine à besoin de développer et de renforcer ces filières de produits agricoles, la filière porcine est à cet égard un très bon exemple. Rhône–Alpes est réputée pour ses jambons, saucissons, pâtés etc. bien que la plus grande partie de sa matière première soit réalisée en dehors de la Région. Une augmentation de la production porcine en Rhône–Alpes, dans le respect de l’environnement et du développement durable, aurait pour conséquence une augmentation de la valeur ajoutée régionale et sans doute aussi une diminution de la surproduction porcine en Bretagne. Nous sommes favorables au renforcement de la production BIO dans notre région car aujourd’hui, le BIO représente 1,7% de la production agricole française. L’objectif de 20% de la production BIO en 2020 fixé par le Grenelle de l’environnement nous parait pour le moins surévalué et quand bien même nous atteindrions cet objectif en 2020, l’agriculture conventionnelle ou plutôt l’agriculture raisonnée représenterait encore 80% de la production agricole. Alors évitons la guerre agricole, n’opposons pas le BIO à l’agriculture raisonnée mais faisons en sorte que les efforts d’une meilleure maîtrise des entrants en agriculture classique se poursuivent, que soit reconnus et défendus les efforts que font nos agriculteurs rhônalpins en matière de maîtrise et de traitement des polluants agricoles, d’économies d’eau et d’énergie, etc. En ce qui concerne la distribution des produits agricoles si nous sommes bien sûr favorables au développement de filières courtes, nous disons, que comme pour la production BIO, l’intérêt de l’agriculteur mais aussi celui du consommateur passe par la complémentarité des modes de distribution. Ceci garantit une meilleure reconnaissance de l’agriculteur, mais aussi garantit la variété des produits agricoles offerte au consommateur. Le prix des produits alimentaires ne cesse d’augmenter, alors que dans le même temps les prix agricoles s’effondrent. 85% des produits alimentaires sont distribués par les grandes chaînes de distribution. C’est donc elles seules qui fixent le prix et la qualité imposés aux producteurs comme elles fixent les prix et le choix des produits imposés aux consommateurs. Les premiers touchés par cette politique sont les agriculteurs des petites et moyennes exploitations et les populations les plus fragiles, celles qui ont les revenus les plus faibles et qui n’ont comme seul choix qu’une alimentation peu variée et parfois de mauvaise qualité. Cette situation doit nous interpeller. Les organisations de consommateurs doivent mener leurs actions plutôt en amont qu’en aval. C’est à ce niveau que peuvent être garanties au maximum la qualité des produits mais aussi la simplification des procédures permettant la maîtrise du coût de la qualité. Nous le savons aujourd’hui, les habitudes alimentaires ont un impact direct sur notre santé. Le nombre de personnes atteintes d’obésité est en augmentation constante, alors que dans le même temps, le nombre de personnes sachant cuisiner de véritables repas équilibrés est en diminution constante. Au risque de faire réagir notre assemblée, ne devrions-nous pas nous interroger sur le rétablissement ou non de cours d’arts culinaires dans l’enseignement. En effet, grâce à la mixité de nos écoles, ces cours seraient dispensés aux garçons comme aux filles. Nul doute qu’a moyen terme des résultats positifs en matière de santé pourraient ainsi être obtenus. Enfin pour terminer, permettez moi de formuler un voeu au nom de la délégation CFDT du CESR, notre assemblée dans sa très grande majorité est mobilisée, comme les rhônalpins pour que la ville d’Annecy et son territoire soient retenus aux jeux olympiques 2018. Alors, mobilisons-nous aussi pour que la ville de Lyon soit retenue par l’Etat comme la Cité du goût et de la gastronomie. Rhône – Alpes dans sa diversité et sa qualité de vie a tout à y gagner. Un grand merci au groupe de travail, à son président, aux personnels du CESR pour la qualité de ce rapport. Merci de votre attention. |