Entreprises, territoires, emploi , le sujet traité dans ce rapport est de grande importance.
En 2004, la DATAR, aujourd’hui le CIADT, dans une étude intitulée « unenouvelle politique industrielle par les territoires », analysant la situation industrielle de la France, démontrait l’intérêt du territoire comme moyen de développement dynamique si les divers acteurs concernés jouaient pleinement leur rôle.
Cette étude a contribué à la mise en place des pôles de Compétitivité, lesquels reconnaissons-le n’ont, pour le moment, pas répondu à ce besoin vital d’implication territoriale. Pas plus d’ailleurs qu’ils n’ont répondu à l’exigence d’amélioration du dialogue social en ne donnant pas aux organisations syndicales la place qui leur revient dans le processus de construction et de mise en œuvre des projets.
Le territoire n’est pas un "vase clos", il est en interaction avec ce qui le compose mais aussi avec ce qui l’entoure, son environnement.
Les territoires sont plus que par le passé exposés à l’instabilité de la vie économique, ainsi qu’à une forte concurrence. Ils ont besoin de trouver les modalités d’une relation plus étroite, plus pérenne, avec les entreprises et inversement.
Le Monde, l’Europe, la France et Rhône-Alpes sont plus ou moins loin du territoire mais ce qui s’y passe le concerne directement.
Cependant, la mondialisation est souvent le cadre et l’horizon de la stratégie court terme des entreprises du territoire.
La décentralisation de l’Etat en Région pèse sur l’action territoriale. Pour assurer la cohésion à ce niveau l’Etat doit accompagner la décentralisation des moyens nécessaires et pallier le déséquilibre des ressources des collectivités territoriales.
La création d’emplois est pour nous l’objectif majeur comme résultante de la symbiose à créer entre entreprises-territoires et dispositifs en Région.
Le projet d’avis que nous propose Pierre Mendiela se situe bien dans cette logique.
Néanmoins, atteindre cet objectif suppose :
- Un engagement partagé des divers acteurs économique, sociaux et politiques du territoire pour produire du développement économique durable nécessaire pour lutter contre le chômage, la précarité, la pauvreté.
Je précise, que ce qui rend durable le développement c’est sa capacité à s’adapter continuellement, face aux mutations.
- Une volonté des entreprises et des branches concernées, de considérer leur responsabilité sociale et sociétale de création de richesses et leurs utilisations dans l’intérêt général, comme plus importante que l’enrichissement de leurs actionnaires ;
Nous voulons souligner que les diverses expériences menées sur le territoire rhônalpins et exposées dans le rapport sont le fait d’acteurs différents voire divergents dont le fil conducteur commun est devenu, par la création de confiance, le développement de réseaux relationnels et d’interfaces pour favoriser l’intégration et le développement de l’entreprise sur son territoire et par là même créer des emplois.
Pour cela, le dialogue social territorial est incontournable. Il doit être organisé, reconnu sans être le seul fait des partenaires sociaux.
Nous approuvons la mise en place d’un conseiller syndical territorial et au-delà des péripéties présentes, nous continuerons à œuvrer tenacement, ici ou ailleurs, pour convaincre nos partenaires employeurs de l’intérêt d’un interlocuteur qui soit en même temps force de propositions dans les négociations d’intérêt local.
Deux exemples, brièvement :
- ECRINS Bièvre Valloire Roussillon en Isère, les propositions de l’interlocuteur syndical ont contribué à
65 recrutements …
- Le Comité de Bassin d’Albertville, mène une action interbranches de gestion prévisionnelle territoriale des emplois et des compétences, concernant 6 000 salariés, la
reconnaissance d’interlocuteurs syndicaux sur ce territoire est à la base de cette action.
Nous nous attendions aux critiques qu’allait déclencher cette suggestion dans le monde patronal.
Aussi, nous comprenons le souci d’ouverture du rapporteur et sa recherche d’un compromis acceptable pour tous, l’interlocuteur territorial qu’il propose a le mérite de faire exister dans un rapport officiel du CESR, dont nous regrettons qu’il ne soit pas approuvé très largement par les 3 collèges, la possibilité concrète d’avancer enfin réellement vers un début de dialogue social territorial et de dépasser les incantations qui font de cet aspect des relations sociales une Arlésienne dont on parle toujours sans la voir jamais.
Pour conclure , nous soutenons les 7 préconisations du projet d’avis autour de l’adoption d’une méthode partagée pour rassembler les acteurs locaux sur des projets concrets y compris en matière de dialogue social, ainsi que la mise en place d’indicateurs régionaux pour évaluer l’efficacité et l’efficience des dispositifs existants.
Ces préconisations s’adressent aux décideurs politiques mais aussi aux associations et aux partenaires sociaux.
C’est à nous tous de les faire vivre dans l’intérêt des entreprises, des territoires et de l’emploi.
La CFDT votera le projet d’avis.