Article du vendredi 26 janvier 2007

Budget de la Région : endettement et impôts au coeur des débats

La droite rappelle l'engagement de la gauche de ne pas augmenter les impôts. Jean-Jack Queyranne précise qu'en trois ans, la hausse n'aura été que de 10 euros pour chaque propriétaire



Qui aurait pu prévoir qu'hier en assemblée plénière du Conseil régional, à l'occasion d'une austère discussion sur le budget on allait apprendre que l'élu Vert du Rhône, Jean-Charles Kohlhass, préférerait « partager la salle de bains » avec l'UMP de Haute-Savoie, Marie-Astrid Baud-Roche, qu'avec son camarade Vert et président de groupe, l'Isérois Gérard Leras ? Réponse à peine coquine à une interpellation sur le même ton de l'élue savoyarde. Echanges fugaces qui provoquèrent les sourires d'un instant pour les uns ou un agacement pour les autres mais ne peuvent masquer toutefois l'essentiel sur ce rendez-vous annuel essentiel pour les élus de Rhône-Alpes : la discussion sur le budget 2007 de la Région.
En toute logique, leur vote, qui doit intervenir ce matin, ne devrait pas offrir de grandes surprises : il ne sera voté que par les quatre groupes de la majorité de gauche. Le débat d'hier n'a laissé place à aucune ambiguïté. Les oppositions reprochant à l'exécutif d'augmenter les impôts, l'emprunt et l'endettement et les dépenses de fonctionnement et de faire porter systématiquement la responsabilité à l'Etat.
Le centriste Thierry Cornillet dénonce « un budget purement socialiste avec un endettement multiplié par deux en trois ans » tandis que Hugues Petit, pour le FN, accuse la gauche de « pénaliser encore plus les générations futures qui devront rembourser l'emprunt ». Pour le groupe UMP, Thierry Kovacs développe un discours très combatif, accusant la majorité de ne pas tenir ses promesses : « Durant la campagne de 2004 vous aviez promis de ne pas augmenter la fiscalité ». Dans la perspective des futures échéances il invite donc les rhônalpins » à ne pas faire preuve de béatitude ».
Les groupes de gauche, eux, réaffirment leur soutien sans faille. A l'instar du radical de gauche André Friedenberg qui introduit la réponse du président Queyranne d'une jolie formule adressée à ses contradicteurs, « J'entends d'ici vos doctes analyses d'usuriers patentés », pour évoquer « l'acharnement que vous mettez à endetter les régions ».
Après le rapporteur, Jean-François Debat, qui avait rappelé que les 2/3 des dépenses de fonctionnement « tiennent à des décisions pas prises par le Conseil régional », en l'occurrence le transfert des TOS, Jean-Jack Queyranne réplique aux critiques notamment en rappelant avec ironie « la hausse vertigineuse des impôts en 1994 par la majorité de M. Millon dans laquelle il devait y avoir de fieffés socialistes ! ». Il relativise aussi les hausses d'impôts : « en trois ans le total cumulé pour un propriétaire est de 10 euros ».

Michel Rivet-Paturel mrivetpaturel@leprogres.fr