AVIS SUR le P.R.D.F : programme régional de développement des formations.

Intervention CFDT sur l’avis du CESR concernant
la refondation du Programme Régional de développement des Formations

Florence BOULANGIER

Notre CESR est appelé à donner un avis sur la refondation du programme de développement des formations en Rhône-Alpes.

Tout d’abord, la CFDT tient à redire combien elle regrette l’urgence dans laquelle il est demandé à notre assemblée de se prononcer sur un document d’une telle importance, et ne peut que solliciter à nouveau notre exécutif régional, pour qu’à l’avenir, plus de temps soit laissé aux commissions concernées pour conduire leur réflexion et leur analyse des dossiers majeurs qui engagent les orientations générales de la politique régionale.

Notre syndicat ne peut que souscrire à la volonté politique qu’affiche le nouveau PRDF version 2006, dans ses orientations, de rendre « le meilleur niveau de formation accessible à tous, par le biais de l’information, de l’orientation et de la formation tout au long de la vie ».
Ces facteurs nous semblent en effet constituer les éléments essentiels qui conditionnent à nos yeux la qualité de l’insertion professionnelle de tous les Rhônes-Alpins, notamment des jeunes sans qualification et des adultes ; et nous souhaitons à cette occasion, attirer l’attention sur les problématiques propres à certains publics. Nous pensons entre autre, aux femmes et aux difficultés qu’elles rencontrent au terme de leur congé parental (garde des enfants etc…)

La CFDT adhère à une conception de la formation professionnelle qui vise à en faire « …un levier essentiel de l’action régionale… » en matière de développement des compétences à tous les niveaux, dans l’optique de permettre plus de dynamisme économique.

Nous restons bien entendu, attachés à un système qui place l’individu au centre de la démarche, et nous insistons sur l’importance de l’orientation, clef pour l’accès à un parcours professionnel réussi.

L'ancien PRDF répondait aux formes traditionnelles d’une programmation pluriannuelle figée sur des objectifs préalablement définis et immuables, dont les limites sont très vite apparues en terme d’évaluation des actions conduites et de réajustements possibles en cours de programme.

 La CFDT trouve intéressante la démarche innovante qui vise à faire du nouveau PRDF :
un outil évolutif par le biais du conventionnement annuel
qui ouvre la voie à des possibilités d’ajustements en fonction des réalités et des priorités économiques du moment, en calant au plus près de celles des territoires, en croisant les besoins de ceux-ci avec ceux des entreprises et des individus.

Toutefois, nous soulignons le risque induit d’une trop grande territorialisation qui risquerait de produire des « effets de cloisonnement » et donc de fausser l’adaptation entre l’offre, la demande et les besoins réels économiques de notre Région Rhône-Alpes.

Nous risquons en effet de voir une concurrence s’installer, non seulement entre les territoires mais aussi entre les formations elles-mêmes.

Ceci serait contraire à l’objectif visé d’une complémentarité permettant d’arriver à la plus juste efficacité, et compromettrait l’action de levier souhaitée des fonds régionaux, au profit d’un saupoudrage peu productif ;

 En ce qui concerne l’articulation du PRDF avec les autres outils déjà existants (SRDE, CTEF en cours…), la CFDT craint que cette superposition ne conduise à des difficultés de mise en œuvre, à une perte d’efficacité voire à des chevauchements de compétences.
Nous craignons que cela ne conduise à une multiplication de « mini PRDF » ;

 Un outil qui souhaite donner plus de lisibilité aux actions conduites et qui tend à une rationalisation de l’offre de formation dans l’optique de plus d’efficacité.

Ceci ne pourra se faire sans que ce document ne fasse ressortir :

- des objectifs clairement définis,
- des critères d’évaluation quantifiables et rapidement utilisables ; en effet, une évaluation qui intervient 3 ans après ne nous parait pas de nature à permettre un réajustement en temps utiles des actions menées,
- et nous souhaitons qu’il soit assorti d’une cartographie des formations en Rhône-Alpes, document toujours demandé mais jamais obtenu ;

 Un outil qui valide le principe de la concertation entre les partenaires, les réseaux et les secteurs publics –privés.

Pour cette première année d’application, la CFDT s’inquiète des délais de mise en œuvre de ce programme.
Il implique en effet beaucoup de concertation et de partenariat dans le cadre de la démarche partagée.

Nous craignons que le temps nécessaire à l’établissement des conventions ne soit un frein à la réalisation des objectifs annuels.

Nous demandons qu’un calendrier des opérations y soit inclus.

Nous souhaitons également que la place de certains partenaires soit précisée, et les responsabilités de chacun respectées, Etat, partenaires régionaux, partenaires sociaux… ; à titre d’exemple, la CFDT rappelle que les ASSEDIC sont un outil des partenaires sociaux.

Le fonctionnement par groupes domaines nous semble intéressant. Il devrait permettre une approche croisée des problématiques et faire remonter les incohérences du système pour mieux l’affiner.

 Nous approuvons le principe de solidarité entre les territoires, ceux de notre région Rhône-Alpes présentant une grande diversité, et la volonté affichée de notre exécutif régional de trouver dans la formation professionnelle, des voies de réponses visant à permettre la réduction des exclusions, des inégalités et de la précarité.
Mais nous nous interrogeons sur la manière dont sera concrètement prise en compte la situation des jeunes exclus notamment.

 Pour finir, il nous semble important que le CESR ne soit pas seulement consulté ponctuellement, mais qu’au contraire, en tant qu’assemblée d’experts représentant l’ensemble de la société civile, il soit considéré comme un partenaire, régulièrement consulté pour la pertinence de ses avis.

La CFDT se reconnaît donc dans l’avis qui nous est proposé et le votera.