AVIS sur le financement des entreprises rhônalpines
Intervention de Jean ELDIN , au nom de la délégation CFDT, CFE-CGC, CFTC, et UNSA
La contribution qui nous est proposée fait suite aux engagements de notre assemblée dans les Etats généraux de l'industrie (EGI) de novembre 2009 et à notre document de mai 2010 qui mettait l'accent sur des initiatives vers des « outils financiers au service des projets industriels et économiques régionaux ».
Notre Conseil a eu raison d’approfondir la question du financement des entreprises. C’est en effet de l’efficacité du système de financement que dépend pour beaucoup la capacité de développement des entreprises.
Mais c’est aussi le levier essentiel par lequel les acteurs publics et de la société civile organisée en charge de l’intérêt collectif peuvent agir pour influencer de manière concertée la stratégie des entreprises dans le sens du souhaitable.
Nous sommes d'accord avec l’ensemble des orientations préconisées par le projet de contribution dont nous apprécions le pragmatisme et le souci d’opérationnalité qui sont à la fois la marque d’une vraie ambition et un gage de succès :
- Accent mis sur la lisibilité de l’offre bancaire financière pour les PME/TPE.
- Accent mis sur la gouvernance, la mise en réseau et la notion de plateforme, la complémentarité et la conjugaison des outils.
- Volonté de renforcer les liens entre demandeurs et offreurs régionaux de capitaux pour mieux enraciner le pouvoir de décision économique dans la région.
- Volonté de renforcer aussi les liens entre les acteurs financiers et ceux en charge des autres dimensions du développement des entreprises et au premier rang les acteurs de l’innovation.
- Volonté de répondre aux petits projets en apparence modestes, mais qui peuvent constituer les grands projets de demain.
Ils sont essentiels aussi en terme d’aménagement du territoire dans les zones à dominantes rurales.
Nous insistons sur le fait que ce pôle régional d’orientation financière, dans lequel sera inclus le fonds régional d'investissement (FRI), doit être un levier essentiel pour inscrire dans la culture régionale les caractéristiques du développement économique que nous souhaitons :
- celle d’un capital patient qui recherche une rentabilité durable sur le moyen-long terme,
- celle d’un investissement socialement responsable en matière d’emploi de qualité et de conditions de travail,
- celle d’un investissement qui prend en compte son environnement humain et naturel,
- celle d’entreprises qui acceptent le dialogue stratégique entre les actionnaires, le management, les salariés et leurs représentants. Outil pédagogique de toutes les offres de financement, publique et privée, la conséquence d’une telle évolution pourra aussi être de faciliter la mobilisation de l’épargne régionale ainsi que de l’épargne salariale vers l’investissement productif à long terme, avec un effet levier.
N’oublions pas cet objectif essentiel. C’est pour cela que le fonds régional d’investissement est une vraie aubaine pour de nombreux secteurs, de nombreuses entreprises.
En effet, trop de projets jugés « non bankables » par les financeurs privés existants sont laissés à l’abandon empêchant de renforcer le développement économique dont notre région a besoin.
Pour nous, en associant fonds publics et privés, le Fonds Régional d’Investissement doit jouer se rôle en complémentarité des dispositifs existants.
Il doit être rapidement abondé afin d’être opérationnel au plus vite. Enfin, nous faisons notre la proposition d'ouvrir un chantier sur la constitution du pôle régional d'orientation financière.
Au côté de l'Etat, de la Région, et de la communauté bancaire et financière les organisations syndicales auront leur place dans le comité de pilotage.
Nous veillerons au respect de la charte des contractualisations régionales signée en mars 2010 et à l'application de la norme internationale ISO 26000 publiée le 1er novembre dernier, relative à la responsabilité sociétale des organisations et qui appelle, entre-autres, à « une bonne pratique des affaires ».
Nous tenons à remercier Philippe Grillot et Dominique CHABERT qui ont su sur un sujet complexe faire produire le groupe de travail et traduire cette production dans un texte clair et concis. Nous voterons pour ce projet de contribution.