Avis sur le décrochage scolaire
Intervention CFDT(J-P RAFFIN)
En lui même, le titre de l’avis est évocateur et il en dit long sur le profond malaise que nous ressentons.
Que nous soyons enseignants, parents d’élève, membres d’associations, chefs d’entreprise, l’échec de jeunes en grande difficulté à ce moment de la vie n’est pas tolérable : outre le sentiment d’abandon et de rejet, il porte en germe le désespoir et la révolte.
Le problème ne date pas d’aujourd’hui, à ceci près que dans les années 80, quand des milliers de jeunes sortaient sans qualification du système éducatif, ils trouvaient rapidement un travail.
Aujourd’hui, un jeune qui n’aurait pas le minimum d’acquisition d’un socle commun de connaissance ne peut plus s’insérer dans la vie active, dans une société qui exige de plus en plus de qualification.
Force est de constater, en dépit des objectifs affichés pour réduire l’achec scolaire, pour lutter contre les inégalités, que le constat n’a pas changé : ce sont les catégories issues de milieux modestes, confrontés à des situations de précarité, voire d’exclusion qui fournissent le plus grand nombre d’élèves en situation de décrochage.
Il convient donc de mettre en place les moyens de la réussite scolaire, c’est tout le sens de ce rapport. Pour ma part, j’insisterai sur quelques points forts de l’avis.
S’il n’est pas tolérable que des milliers de jeunes Rhonalpins sortent sans qualification de N.V du Système éducatif,, il faut donc renforcer les dispositifs existants auxquels le rapport se réfère en exigeant plus de résultats sur la prévention, la remédiation, l’orientation, les actions qualifiantes et d’adaptation à l’emploi.
Il faut revaloriser le travail manuel, trop souvent perçu comme synonyme d’échec. A cet égard, les actions de l’Exécutif regional doivent être plus lisibles et marquées d’une réelle volonté politique. C’est à dire que les moyens financiers doivent être à la hauteur des enjeux.
Le poids croissant des Régions dans le domaine éducatif leur confère un devoir de réussite.
Un certain nombre de dispositifs en R-A ont apporté des résultats. Il faut donc irriguer le territoire de ces initiatives, mieux communiquer, échanger sur ces expériences, développer des partenariats.
Le dépistage et l’état de veille doivent être renforcés pour mieux anticiper les abandons en repérant les élèves à risque, mettre en œuvre des actions de remédiation individualisées ciblées sur les élèves repérés comme potentiellement décrocheurs.Des outils régionaux pour ce faire sont indispensables.
Je voudrais insister sur un point : nous obtiendront des résultats tangibles dès lors que nous serons à même de faire entrer la société dans l’école.
Familles, associations, entreprises, partenaires sociaux et économiques ont à cet égard un rôle primordial. Les Contrats éducatifs locaux, avec les activités périphériques, l’interface Ecole / Entreprises devraient faciliter une plus grande ouverture de l’école à son environnement social et économique.. Cela suppose de donner plus d’autonomie aux établissements, une plus grande liberté d’innover, un meilleur accueil des jeunes en favorisant la mixité sociale.
Je terminerai mon intervention en rappelant que Rhône-Alpes est riche en réflexions sur des thèmes qui tous ont à voir avec le décrcochage scolaire. Les rapports sur l’Apprentissage, le Lycée Centre de ressources, l’évbolution des actions de la Région vers les jeunes en difficulté d’insertion professionnelle, l’orientation tout au long de la vie, l’exclusion participent tous de la même volonté d’offrir à tous les jeunes Rhonealpins des chances égales de réussite dans la vie.
Enfin, je voudrais saluer le travail remarquable du groupe de réflexion, tant du point de vue de l’analyse que du diagnostic, ainsi que les propositions faites au Conseil Régional, et remercier également les attachée et personnel administratifs pour le travail de réalisation de ce document.