![]() |
Vous êtes sur http://www.cfdt-rhone-alpes.com
Avis du 7 Juillet 2009 L’individualisation des parcours de formation professionnelle en Rhône-AlpesIntervention de Pierre MENDIELA au nom de la CFDT Notre Assemblée a eu raison de se proposer ce thème de réflexion qui se révèle aujourd’hui stratégique. Dans un contexte ou chacun est appelé à évoluer, à s’adapter à un environnement professionnel qui devient de plus en plus difficile, de plus en plus tendu, les itinéraires professionnels ne peuvent plus être figés une fois pour toutes, répertoriés de façon définitive selon une cartographie bien établie et intangible. Le principe cher à Jules FERRY selon lequel « ce qui est bon pour un est bon pour tous » ne suffit plus à prendre en compte la complexité de la réalité, celle d’un monde en perpétuel changement. Ainsi, aujourd’hui, une partie des travailleurs est amenée à changer de statut pour exercer leur emploi (salarié indépendant, portage d’emplois, groupements d’employeurs, etc…). Dans le même temps, ils sont mobiles professionnellement, vers un autre métier ou une autre activité, parfois géographiquement pour les plus précaires (saisonniers, CDD, intérim) et trop rarement socialement (d’ouvrier à maîtrise, d’employé à cadre). Et si la mobilité est devenue aujourd’hui une donnée du problème, elle n’a plus comme contre-partie l’ascenseur social, totalement bloqué. Il faudra bien que cette réalité qui se développe aujourd’hui soit prise en compte dans l’individualisation des parcours professionnels. Et il nous semble important de bien fixer l’objet de notre réflexion, comme le fait le Rapport : il s’agit bien d’individualiser les PARCOURS professionnels d’abord, même si cela suppose en parallèle également une individualisation des démarches pédagogiques en direction des individus Le terme est à la mode. On invoque sans cesse le parcours, sans que la notion en soit toujours bien claire et partagée, comme si le fait d’en parler se suffisait à lui même et dispensait d’aller plus avant dans la mise en oeuvre concrète de ce parcours. Les difficultés que rencontre la VAE, dans notre région et ailleurs, en sont la parfaite illustration. On se prend parfois à souhaiter que soit plus souvent suivi ce conseil d’un certain auteur qui aurait préféré lui « N’en parler jamais, y penser toujours » Et le manque d’appétence pour des formations autour de ce sujet de la part des professionnels de l’AIO, comme l’indique le rapport sur la Professionnalisation des acteurs débattu au Conseil d’Administration du PRAO Jeudi dernier illustre bien, s’il en était besoin, mon propos. Le Rapport souligne d’ailleurs cette nécessité de sortir du simple affichage en préconisant d’élaborer de façon concrète une véritable ingénierie du Parcours professionnel, partageant ainsi le point de vue d’Y. LICHTENBERGER selon lequel il n’y aura réellement Parcours professionnel que si nous passons du concept à la méthode. Les Partenaires Sociaux, pour leur part, ont déjà mis en place, dans leurs Accords Nationaux Interprofessionnels (A.N.I) des 11 janvier 208 et 7 Janvier 2009, un certain nombre d’outils dont la vocation est de faciliter cette individualisation des Parcours à venir, pour mieux sécuriser les parcours professionnels des salariés. Je pense notamment au Bilan d’étape professionnel ou à l’Entretien professionnel, au Passeport Formation, à la transférabilité du DIF attaché désormais plus à l’individu qu’à l’entreprise. Reste à articuler ces dispositions nouvelles avec les autres acteurs impliqués dans les démarches de formation, en d’autres termes, à inventer cette ingénierie Et pour la CFDT, c’est bien au plus proche des individus et donc des territoires qu’elle devra se construire, avec l’ensemble des acteurs obligatoirement impliqués à un moment ou à un autre du parcours, qu’ils relèvent de l’AIO, du Système de Formation, du Pôle Emploi ou des OPCA Les CTEF, outils de la Région dans sa politique Emploi Formation, pour peu qu’ils modifient leur organisation et leur fonctionnement actuels, peuvent être des lieux qui permettent ces démarches collaboratives. C’est à ce niveau également que se confirme comme un rôle essentiel le rôle d’ensemblier de la Région que notre CESR avait déjà souligné fortement dans un Rapport précédent « Entreprise, Territoires et Emploi ». Et les déclarations de Madame LACLAIS, lors de la Commission 3 du 18 Juin, faisant état de la volonté de la Région de passer d’une logique de simple acheteur de formation à une logique d’acteur de formation, à travers un Service Public Régional de Formation Professionnelle, nous semblent aller dans le bon sens. Encore faudra-t-il que ce nouveau Service Public ne contribue pas à renforcer la logique Formation aux dépens de la logique du Parcours, qui doit rester le cap à maintenir en tout état de cause. Le risque est réel de voir s’individualiser, peut-être, par cet intermédiaire, les offres de formation, oubliant alors que la vraie réponse aux difficultés du moment, et plus largement aux adaptations nécessaires indépendamment de ce contexte, réside dans l’articulation entre des formations individualisées, des formations plus collectives, des étapes VAE, voire des enrichissements d’expérience. La construction du Parcours de réussite passe par un Contrat entre l’individu et des dispositifs collectifs qui lui apportent garantie et sécurité. L’ingénierie, c’est sur cette articulation là qu’elle doit porter, plus que sur la démarche pédagogique dont tout le monde s’accorde, à juste titre, à souhaiter l’évolution. Ce passage d’un système du prêt-à-porter à une vision plus moderne, mieux adaptée, en un mot au sur-mesure |