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Les pôles de compétitivité et les établissements d’enseignement supérieur en Rhône-Alpes : l’enjeu formationTELECHARGER LE RAPPORT COMPLET Intervention de Marie-Jo PIEGAY 23 juin 2009, au nom de la CFDT Pour la CFDT, la formation constitue à la fois un enjeu fort pour la sécurisation des parcours professionnels et une des conditions d’une sortie de crise par le haut. Dans ces temps de destruction sans précédent des emplois et de détérioration dune partie de notre tissu économique en Rhône Alpes, elle n’est pas qu’une solution de repli. Pour sauvegarder les emplois et l’activité des entreprises. C’est une ambition à ne pas laisser passer : · pour recapitaliser des savoirs faire innovants et accélérer le redémarrage des secteurs en récession aujourd’hui vers des activités plus porteuses –pour rappel ‘effectif des demandeurs d’emplois de moins de 25 ans a grossi de 45% en 1 an (sans compter, dès la fin du mois, les nouveaux jeunes diplômés) … Les pôles de compétitivité, de par leur mission initiale « créer les conditions favorables à l’émergence de nouvelles activités à fortes visibilité internationale », ont donc, en matière de formation, tant initiale que continue, une responsabilité et un défi à relever… Mais sont-ils en capacité d’impulser, en particulier en direction des PME, cette dynamique de redéploiement des compétences et quelle synergie en matière de formation avec ces structures jumelles que sont les universités ? C’est pourquoi nous nous félicitons de la réalisation de ce travail dont l’initiative a été prise, il y a déjà un certain nombre de mois et qui positionnant de manière forte l’enjeu de la formation et la synergie pôle/enseignement supérieur, a su anticiper le questionnement nécessaire qui est déjà à l’oeuvre dans d’autres commission sur les réponses à la crise. En accord avec l’ensemble de ses préconisations, nous n’interviendrons que sur quelques points. Tout d’abord, nous regrettons que la formation n’ait pas été pendant longtemps un enjeu majeur dans les pôles alors qu’elle figurait dans le cahier des charges constitutif des pôles, comme un des trois piliers fondateurs. Aujourd’hui, avec la maturité, parce que la formation conditionne leur développement et leur pérennité, le taux d’effort des pôles dans ce domaine commence à atteindre des niveaux significatifs : 80% d’entre eux ont mis en place une structure dédiée au pilotage de la formation et des compétences avec les partenaires sociaux s’est renforcé. Notre autre remarque point concerne l’enseignement supérieur. Déjà dans notre rapport de 2006, «La formation tout au long de la vie missions de l’enseignement supérieur. Quel projet pour Rhône Alpes ? », le CESR soulignait le déficit de formation continue à l’université et plaidait pour « une politique concertée des établissements ». Malgré des atouts en Rhône Alpes : · 15 pôles, dont 3 mondiaux · La double plus value d’un schéma régional de l’enseignement supérieur et de la recherche et d’un schéma de développement économique en Région · 2 PRES (Pôles de Recherche et d’enseignement Supérieur) Lyon et Grenoble, avec déjà la réussite de 2 projets régionaux retenus pour l’opération Campus : Grenoble Université et Lyon Tech (qui prévoit d’accueillir 2 pôles de compétitivité : Axelera et Platipolis) Le rapport qui nous est présenté aujourd’hui pointe encore un déficit d’outils collaboratifs en matière de formation des universités en direction des pôles, même dans les établissements qui rentrent dans le périmètre des pôles. Et dans les projets soutenus dans le cadre du Schéma de l’Enseignement et de la Recherche en lien avec les pôles de compétitivité, la Région n’a, semble - t’il pas privilégié la formation : peu de projets sont liés à la création de diplômes ou au montage de formation avec les pôles. Et pourtant dans cette période de gros temps pour notre économie, pouvons nous faire l’impasse sur une stratégie régionale de formation tant initiale que continue engageant, dans un partenariat institutionnel : Pôles, centres de recherche, grandes Ecoles, Universités, partenaires sociaux avec pour la Région un rôle de premier plan ? Nous nous félicitons, d’ailleurs, de voir cette contribution pointer le dialogue social comme un élément structurant d’une stratégie régionale pour une action optimum de tous les acteurs. Car, et ce sera la notre dernier point, la preuve n’est plus à faire que les organisations syndicales ont un rôle important à jouer en particulier dans toutes les démarches GPEC, capitales pour les salariés et l’avenir des entreprises. En 2008, des actions fortes regroupant un ensemble de partenaires, l’ANPE, la Région Rhône Alpes, l’Université Claude Bernard à Lyon, la CAPEB organisation professionnelle du Bâtiment, et la CFDT ont démontré la possibilité de regrouper 3 pôles TENERRDIS, TECHTERA (textile technique) et PLASTIPOLIS (film plastique) pour produire un ensemble cohérent de propositions portant sur les nouvelles technologies (énergies et composite pour le bâtiment). Pourtant dans l’émergence de ces nouveaux réseaux qui doivent irriguer l’innovation dans le tissu économique jusque dans les PME, des dissonances sur la place des partenaires sociaux, celle qui doit nous être faite dans les pôles, se font jour. Nous devons en effet déplorer qu’« Imaginove » représentant, comme le pointe le rapport, un cas d’école en matière de formation, constitue aussi un cas d’espèce dans le refus de dialogue social. Nous le réaffirmons : sans la coordination de tous les acteurs, le risque est grand comme cela a déjà eu lieu en 2003, pour le secteur du jeu Vidéo, d’être dépossédé par la concurrence internationale de ses marchés et de ses salariés. Enfin, si nous nous félicitons que Biopôle ait enfin organisé le 17 juin dernier une réunion avec les organisations syndicales dont la CFDT , nous regrettons cependant qu’il ait fallu plus de temps pour organiser cette réunion (par ailleurs très constructive), que pour faire sortir de terre le premier bâtiment du Centre d’Infectiologie dont l’inauguration a eu lieu à Gerland , le 15 juin. Espérons que d’ici 2013, date prévue pour l’achèvement de la deuxième plateforme, une politique de dialogue social plus ambitieuse sur l’ensemble des pôles rhônalpins nous aura donné toute notre place dans une stratégie régionale plus collaborative de la formation des Pôles en Rhône Alpes. C’est ce qu’attendent les salariés qui, plus que jamais en ces temps de crise, ont placé leur confiance en nous et dans notre capacité collective d’agir. Ne les décevons pas. Nous tenons à remercier François Guillemin pour ce projet de contribution que nous voterons. Merci de votre attention. |