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AGIR AUJOURD'HUI POUR PREPARER DEMAIN


Intervention de M. Jean VANOYE, au nom de la CFDT


Avec la prospective portée, ô combien par Bernard POUYET, la section Prospective, la délégation générale, nous sommes dans un domaine emblématique du CESER :

  • car au coeur de sa mission,
  • parce que le CESER est sur ce sujet à l’initiative comme récemment sur les EGI, sur la lutte contre les processus d’exclusion,
  • dans la démarche en réunissant les grands acteurs de la société civile pour que celle-ci produise les avancées nécessaires à l’image du travail sur le financement des entreprises, en complémentarité avec les décideurs politiques à l’image de la Conférence des Partenaires pour la prévention de l’exclusion.

En somme, il s’agit de faire vivre une intelligence collective au service de la définition d’une stratégie.

Pour la CFDT, un enjeu fort du document en débat est de bien intégrer les bouleversements créés par la crise. Pour cela, se rappeler que la crise financière se surimpose à des crises plus profondes, économique, sociale et éthique qui ne datent pas d’hier, même si la rigueur qui tombe aujourd’hui sur bien des Français est largement due aux énormités commises par une part du secteur bancaire.

Ces crises sont conséquences des dérégulations.

Dans le panorama de ces crises développé dans le document, j’insiste sur les aspects à notre sens décisifs :

  • la réorganisation des rapports de force mondiaux au détriment de l’Europe et de la France. Mais faut-il vraiment regretter l’émergence de nouveaux ensembles mondiaux ?
  • l’Europe à laquelle la CFDT tient tant n’a pas été à la hauteur des enjeux et même loin du compte. C’est un grand chantier à construire ;
  • les régions françaises, notre région, pourtant plus efficiente que bien d’autres, n’ont pas su utiliser toutes les marges de manoeuvre possibles pour être vraiment les stratèges des changements nécessaires.
  • Qui plus est, le rôle des régions si décisif pour la CFDT est remis en cause aujourd’hui ;
  • la jeunesse se retrouve particulièrement impactée, sa situation, déjà peu enviable par rapport à d’autres pays européens, est aggravée y compris pour les jeunes qualifiés, alors que c’est par elle que se construit l’avenir ;
  • la perte des repères, des valeurs, du rapport positif au travail qui ne peut vraiment nous étonner quand certaines familles vivent le chômage depuis trois générations.

Sortir de la crise par le haut signifie des politiques jouant à plein les transversalités :

  • entre culture, patrimoine, tourisme résidentiel,
  • entre soins et prévention entre le médical (hospitalier, ambulatoire), le médico-social et le social,
  • entre l’excellence de l’université et de la recherche, les écosystèmes territoriaux de l’innovation, les PME même traditionnelles, les nanos de Grenoble et la bio de Lyon,
  • entre les quatre dimensions du développement durable avec le respect des fondements historiques de l’économie rhônalpine, avec le traitement de la question décisive du foncier, avec les nouveaux emplois, activités et compétences « verts ».

Cela nécessite une région stratège et chef de file, osant l’expérimentation dans des politiques spécifiques, pratiquant une vraie démocratie participative avec la société civile organisée, avec des médias au service de ces causes plutôt que de la communication institutionnelle.

Une région qui remplisse sa vocation d’ensemblier, d’organisation des coopérations entre collectivités et entre celles-ci et le monde économique, social et associatif. Une région qui produise des schémas puissants, aujourd’hui un SRDE et demain un schéma d’une vision globale de l’avenir de la région.

Et ainsi seront remplies les conditions :

  • d’une stratégie industrielle et de développement de l’emploi,
  • d’une politique équitable de développement des territoires,
  • d’une synthèse paradoxale entre l’unité et la diversité de la région considérant comme une richesse les différences des cultures, des origines et des territoires,
  • d’une maîtrise de la mobilité par la sécurisation des parcours de vie,
  • du développement des compétences et du management par les compétences,
  • d’une région de l’innovation parce que c’est là que se fait la différence.

En conclusion, je rappelle la saynète légèrement modifiée par moi du scénario 1 : la rencontre reconnue comme primordiale pour l’avenir de la région la région entre le Grand Conseil de la Société Civile, successeur du CESER, et la gouverneur-présidente… prénommée Fatima