La CFDT apprécie, comme l’avis, que l’Etat ait choisi d’affirmer ses choix à long terme sur les réseaux relevant de sa compétence en matière d’infrastructures de transport.
Elle constate que cette version consolidée du SNIT remet en cause un certain nombre des décisions du CIADT de décembre 2003 notamment en matière d’infrastructures routières.
De plus, cette version du Schéma précise l’avenir de certains projets non cités dans la première version mais dont la procédure de réalisation était déjà lancée.
Par contre, elle ne précise pas clairement l’articulation avec les Directives Territoriales d’Aménagement (DTA) dont certaines contiennent des dispositions contradictoires par rapport à des préconisations du SNIT.
La communication sur ce nouveau SNIT devra être faite rapidement car il doit s’imposer à tous les Schémas de Cohérence Territoriale (SCOT) dont la plupart sont en cours de définition.
La CFDT regrette, comme l’avis, que le SNIT ne soit qu’un catalogue de projets qui ne précise pas d’ordre de priorité pour la réalisation.
Par exemple, pour les projets de lignes ferroviaires à grande vitesse, l’ordre de réalisation semble donner priorité aux projets concernant la façade atlantique alors que leur rentabilité économique est loin d’être démontrée et que d’autres projets ont sûrement une rentabilité financière plus intéressante.
Sur Rhône-Alpes, par exemple, nous regrettons que le projet Lyon-Turin ne soit pas considéré comme un projet ultra prioritaire par rapport à d’autres projets qui ne semblent avoir qu’une motivation politique.
En ce qui concerne le projet Rhin-Rhône, bien que la branche Est soit presque terminée et la branche Ouest bien lancée, il nous apparaît que la branche Sud a du plomb dans l’aile vu les difficultés rencontrées pour le choix des tracés.
La CFDT ne comprend pas que l’on fasse le choix pour cette branche de construire une ligne prévue pour circuler à 220 km/h alors que l’aménagement des lignes existantes (Dijon - Lyon ou Dijon – St Amour) apporterait un service presque équivalent, notamment pour le fret, à un coût bien moindre.
Construire une ligne nouvelle pour une vitesse inférieure à 300 km/h apparaît actuellement comme complètement anachronique alors qu’utiliser les infrastructures en place correspondrait bien mieux aux préoccupations du schéma qui préconise l’optimisation des systèmes existants.
La CFDT aurait souhaité que le SNIT préconise le développement des autoroutes ferroviaires en proposant notamment l’installation de plateformes de chargement plus nombreuses afin de permettre des possibilités d’embarquement facilités offrant un choix plus important aux transporteurs.
Le SNIT projette une augmentation sensible du trafic fluvial mais ne propose pas beaucoup de moyens pour développer ce trafic.
La CFDT se félicite de l’inscription du projet de liaison Saône Moselle que nous jugeons prioritaire ; de plus elle suggère, comme l’avis, l’aménagement d’un deuxième jeu d’écluses sur le Rhône avec un tirant d’eau de 3,50m permettant une charge plus importante des bateaux et donc une meilleure rentabilité pour les entreprises de navigation.
Pour être en conformité avec le « Grenelle de l’Environnement », le SNIT a choisi de réduire sensiblement les projets routiers et autoroutiers considérés comme conduisant à la production de CO2 d’où la disparition d’un certain nombre de projets comme celui de l’autoroute A 48 ou même celui de l’amélioration des relations entre Grenoble et Sisteron par l’aménagement des routes nationales existantes.
La CFDT souhaite, comme l’avis, que plusieurs projets comme ceux du contournement autoroutier lyonnais (COL) et du prolongement du périphérique lyonnais (TOP) soient réalisés rapidement afin de régler les problèmes de l’agglomération lyonnaise et de permettre un vrai débouché à l’autoroute A 89 en cours de finition ;
il est en effet inconcevable, à notre époque, que l’on puisse accepter de voir une autoroute se terminer sur un rond point.
Mais nous espérons également que les projets de contournement des agglomérations de Grenoble, St Etienne, Valence ou Chambéry soient traités en priorité.
La CFDT approuve que l’avis consacre une large place au problème du financement des projets cités dans le Schéma compte tenu des difficultés actuelles des collectivités locales et de celles à venir avec la réduction de leurs ressources propres. La délégation CFDT est satisfaite de retrouver dans l’avis proposé la plupart de ses préoccupations et elle le votera.