AVIS SUR LE "Rapport sur l’Exclusion"

Intervention de Monsieur Pierre MENDIELA au nom de la CFDT RHONE ALPES

 

 


RAPPORT SUR L'EXCLUSION : UNE METHODOLOGIE INTERESSANTE


"Je voudrais tout d’abord saluer la remarquable production du Groupe de Travail et de son Président , Antoine QUADRINI, dans un domaine qui touche à l’ensemble des questions abordées dans chacune de nos Commissions. Et ce n’est pas son moindre mérite que d’être parvenu à ce qui pouvait apparaître comme une mission impossible : synthétiser, sans les trahir, l’ensemble des contributions de chacune de ces Commissions.


La méthode est à retenir, parce qu’ elle implique heureusement l’ensemble des Conseillers et par là même, le CESR entier, incitant par là à réfléchir peut-être plus que nous ne l’avons fait dans le passé face à la complexité grandissante des problèmes que nous abordons, à la nécessaire transversalité de nos travaux. .

Elle est à retenir aussi parce qu’elle a ouvert le CESR à d’autres partenaires comme la MRIE, le Cluster 12 ou les Associations de lutte contre l’exclusion regroupées dans « ALERTE » par exemple, enrichissant ainsi sa réflexion propre."


ACTIONS NATIONALES DE LA CFDT CONTRE L'EXCLUSION




"Sur le fond, dans une Région qui a beaucoup œuvré dans ce domaine, ce rapport intervient, à un moment stratégique dans la lutte contre l’exclusion.

Dans un contexte où les Partenaires Sociaux rencontrent au plan national les Associations sur les questions d’exclusion, où la CFDT signe avec huit associations de lutte contre l’exclusion un « Appel commun pour une autre politique » cette question est à prendre en compte dans les Négociations Sociales à tous les niveaux .

Parce que, disons le hautement dans cette enceinte, il y a dans ce domaine également, des questions qui relèvent ouvertement du champ de l’action syndicale, et il est en tout cas de notre responsabilité de les y inscrire quand elles n’y figurent pas.

Quand par exemple des décisions gouvernementales sont prises qui ont pour effet d’accroître les difficultés des plus fragiles au regard des impératifs de leur santé, en instaurant des franchises médicales et en les aggravant, alors qu'au contraire rien n'est envisagé, malgré les demandes répétées des caisses d'Assurance Maladie, pour prévenir les ruptures de droits liées à la maladie chez les salariés précaires, nous sommes concernés PARCE QUE syndicalistes.
Quand nous participons à la réalisation d’un Plan de Santé publique intitulé « Orienter la politique de santé publique vers la réduction des inégalités en matière de santé", c’est que nous sommes concernés PARCE QUE syndicalistes.

Quand l’accès au logement des plus modestes devient de plus en plus difficile, nous sommes concernés PARCE QUE syndicalistes, et notre engagement aboutit par exemple, à notre initiative, à mettre en place, pour pallier les freins dus aux risques locatifs, des garanties susceptibles de faciliter cette accession à un logement décent dans le cadre d’une association paritaire, l’A.P.A.G.L (Association Pour l’Accès aux Garanties Locatives) que nous présidons...
De même, nous avons pris nos responsabilités dans la gestion du 1% logement, en présidant "la Foncière" dont la vocation est le financement et la construction de logements sociaux

Et on voit bien le lien que peut avoir l’exclusion avec notre volonté de sécuriser les parcours professionnels.


ACTIONS REGIONALES CONTRE L'EXCLUSION


Le rapport souligne fortement, dans son analyse des causes de l’exclusion: l'exclusion est une rupture de parcours :

- parcours scolaire, ( Je ne reviendrai pas, et pour cause, sur les mesures proposées dans notre rapport précédent « Prévenir le Décrochage Scolaire » et qui sont bien reprises dans ce rapport ) mais aussi
- parcours professionnel avec souvent, à la clef, la marginalisation et l’exclusion sociale.

Comment peut-on accepter, dans une société d’abondance comme la notre, que subsiste la notion de « travailleur pauvre » et que même le travail ne suffise plus parfois à garantir de l’exclusion ?


Comme le disait encore ce matin sur France-Inter notre Secrétaire Général, François CHEREQUE, c’est :
 en améliorant l’accès à un emploi stable avec un salaire décent
 en obtenant des droits garantis pour tous les salariés en cas de rupture du contrat de travail.
 en permettant l’accès de tous à une formation qualifiante
 en renforçant l’indemnisation et l’accompagnement des demandeurs d’emploi
 en créant des droits attachés au salarié tout au long de sa carrière
que nous ferons des moments de rupture, comme le préconise le rapport, de réels moments de transition .

Nous approuvons sans réserve l’analyse qui est faite des causes de l’exclusion et les pistes d’actions concrètes qu’elle ouvre aux acteurs régionaux.

Le terme même de "pistes d’action" nous semble bien choisi et ce n’est pas le moindre mérite de ce rapport que d’inciter notre institution, de manière originale et bienvenue, à dépasser le cadre habituel et parfois, disons le, un peu attendu de ses « préconisations » en inscrivant sa réflexion dans la durée, dans l’action et en nous incitant à nous investir activement dans une « Conférence des Partenaires » regroupant le CESR, les acteurs en responsabilité et les décideurs pour veiller à la concrétisation des mesures que nous proposons.

On aura compris, et je crois l’avoir suffisamment montré dans le début de cette intervention que je plaçais les Organisations Syndicales dans la catégorie des acteurs en responsabilité sur la question de l’exclusion.


Nous sommes persuadés que ce rapport fera date dans les travaux du CESR et qu’il marque de manière éclatante une évolution positive de notre institution ainsi que l’intérêt que peut présenter un CESR force de propositions et d’actions dans le paysage d’une région comme Rhône-Alpes.


La CFDT RHONE ALPES votera le rapport