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CONSEIL ECONOMIQUE ET SOCIAL RHONE – ALPES

Assemblée plénière du 22 janvier 2007
Avis sur :
Les enjeux de l’eau dans l’agriculture en Rhône-Alpes Rapport N°2007 – 02

Intervention de Raoul CHAUVET au nom du groupe CFDT

Se désaltérer, reste pour l’homme, avant même l’obligation de se nourrir, une nécessité absolue s’il veut survivre.

C’est par ses mots que débutait mon intervention lors du débat du rapport sur, "Questions importantes et Programme de travail pour la Gestion de l’eau du Bassin Loire Bretagne".

Le projet d’avis qui est soumis aux débats aujourd’hui par Monsieur Gérard Seigle – Vatte Président de la Commission Agriculture – Développement rural – Espaces et Parcs naturels régionaux – Environnement vient utilement compléter notre avis de 2004.

En effet, après s’être désaltéré, l’homme a besoin de se nourrir. De chasseur-cueilleur, l’homme s’est progressivement transformé en agriculteur et pour garantir sa sécurité alimentaire il a fait appel de plus en plus à l’irrigation pour ses cultures. Partout où l’eau a été abondante et le soleil clément, l’humanité s’est développée.

Aujourd’hui, grâce à l’eau et à la main de l’homme, la famine a disparu en Europe. Il n’en est pas de même dans de nombreuses régions du Globe où, faute de ressources suffisantes en eau douce, l’irrigation est quasiment inexistante.

Le développement de productions agricoles dépendant exclusivement de rares périodes pluvieuses, les famines se succèdent année après année, sécheresse après sécheresse, particulièrement en Afrique.

Au cours de ces 40 dernières années, en développant la recherche agronomique, en amélioration ses techniques agricoles et en développent l’irrigation, la France est devenue le premier producteur agricole d’Europe.

Bien que la ressource en eau soit abondante sur une grande partie de Rhône-Alpes, certains de ses territoires, en Drôme et Ardèche notamment, souffrent d’épisodes réguliers de sécheresse.

La protection, le développement et la gestion rigoureuse des ressources en eau s’imposent afin de garantir l’accès à l’eau pure et d’assurer la sécurité alimentaire pour tous les habitants de Rhône-Alpes tout en permettant le développement économique et le maintien d’activités touristiques sources importantes de richesses pour Rhône-Alpes.

Aujourd’hui les Rhônalpins, comme une majorité des français, partagent le constat que le réchauffement climatique de la terre est lié pour une grande part au développement des gaz à effet de serre générés par les activités humaines.

Ils souhaitent que le développement économique de Rhône-Alpes prenne mieux en compte les enjeux environnementaux du moment et que notre Région soit exemplaire dans la poursuite du développement de la recherche agronomique permettant le maintien et le développement d’une agriculture qui préserve l’environnement.

Le rapport réalisé par la commission 6 de notre Assemblée est donc l’occasion de faire le point sur l’importance humaine et économique que représente l’agriculture en Rhône-Alpes.

Ce rapport, d’étape aux yeux de la CFDT, est l’occasion de poursuivre le débat sur la place de l’agriculture en Rhône-Alpes et sur la nécessité de la préserver.

C’est aussi l’occasion de faire apparaître qu’une agriculture soucieuse d’environnement et de qualité ne peut subsister sans qu’on lui garantisse un approvisionnement en eau suffisant, sous réserve, bien sur, que l’activité agricole soit respectueuse de la qualité de l’eau qu’elle restitue à la nature.

Rappelons, pour mémoire, que sur les 7 actions prioritaires niveau 1 du Plan régional Santé Environnement en Rhône-Alpes 3 actions concernent les activités agricoles :

1 - Améliorer la qualité de l’eau potable en préservant les captages d’eau potable des pollutions ponctuelles et diffuses.

2– Limiter les pollutions des eaux et des sols dues aux pesticides et à certaines substances potentiellement dangereuses.

3 – Organiser l’exploitation des données existantes pour estimer l’exposition de la population aux pesticides.

Rapport d’étape disons nous, car si aux sécheresses de l’été devaient se succéder des hivers sans pluie et sans neige, des mesures plus contraignantes devraient être prises pour l’activité agricole mais aussi pour toutes les activités humaines nécessitant l’utilisation d’un bien devenue rare, je veux dire l’eau.

Pour conclure, nos remarques et observations ayant bien été prises en compte par le rapporteur, la délégation CFDT votera l’avis. Merci de votre attention.