![]() |
Vous êtes sur http://www.cfdt-rhone-alpes.com
L'EAU DU BASSIN RHODANIENIntervention de M. Raoul CHAUVET, au nom du groupe CFDT La CFDT considère que, comme pour l’énergie, la maîtrise du coût de l’eau (potabilisation, distribution et assainissement) passe par une utilisation plus économe de celle-ci. Les débats engagés lors de la préparation du SDAGE font bien apparaître que la nécessité d’économiser l’eau doit être une des premières priorités de l’ensemble des acteurs du bassin Rhône-Méditerranée. En matière d’économie d’eau, d’importants efforts ont déjà été réalisés par les industriels, les artisans et les agriculteurs. Il en a été de même en matière de maîtrise des pollutions, mise en place de formations pour une utilisation de produits moins agressifs et plus respectueux de la nature, utilisation de l’eau en circuit fermé, stations d’épuration autonomes, mise en place de circuits de récupération des produits et liquides polluants, etc. Ces efforts doivent être poursuivis par les industriels, artisans et agriculteurs. La CFDT souhaite l’application stricte de la directive européenne REACH de décembre 2006 (l'enregistrement, l'évaluation et l'autorisation des substances chimiques, ainsi que les restrictions applicables à ces substances). Si l’utilisation, par l’industrie et l’agriculture, de produits polluants ou dangereux est en nette régression, il n’en est pas de même en ce qui concerne l’utilisation de ces produits par les consommateurs. Nous devons constater la mise sur le marché de nouveaux produits destinés au grand public. Ces produits sont, certes moins concentrés que ceux utilisés par les professionnels, mais ils n’en demeurent pas moins très dangereux pour l'environnement compte tenu du nombre d'utilisateurs de ces produits. A plus ou moins long terme, le bassin Rhône-Méditerranée, déjà fortement contaminé par les PCB, risque une nouvelle pollution de produits toxiques qui, comme pour les PCB, sera très difficile à éliminer de ses sédiments. Face à ce risque certain, la CFDT souhaite une interdiction totale de vente de ces produits aux particuliers. La chaîne de magasins Botanic, mais aussi de nombreux commerçants indépendants, ont supprimé la totalité de ces produits de leurs rayons et proposent aux consommateurs des produits tout aussi efficaces mais plus respectueux de l'environnement. Rappelons que le bassin Rhône-Méditerranée, à l’inverse du bassin Loire-Bretagne, est très fortement producteur d’énergie électrique d’origine hydraulique et nucléaire. Il est sans doute regrettable de n’avoir pu intégrer certaines remarques ou recommandations issues du travail de la commission 2 "Développement durable" du CESR sur la production d’énergie dans la vallée du Rhône. Les centrales nucléaires sont grosses consommatrices d’eau afin d’assurer le refroidissement de leurs circuits. Le rejet des eaux de refroidissement dans le fleuve a un impact certain sur la température du fleuve en aval de la centrale. Compte tenu du réchauffement du climat et de son impact sur la température moyenne des fleuves, il n’est plus possible d’envisager la construction de nouvelles centrales nucléaires sur le bassin Rhône-Méditerranée. De même, le remplacement nombre pour nombre des centrales nucléaires de 2ème génération en fin de vie par des centrales de 3ème génération EPR semble là-aussi irréaliste. En effet ces nouvelles centrales seront plus puissantes et leur refroidissement nécessitera un volume d’eau plus important d’où un impact encore plus fort sur la température moyenne des cours d’eau. Quid des conséquences sur la flore et la faune de ces cours d’eau ? La délégation CFDT du CESR partage le point de vue de notre collègue Administrateur d’entreprises de production d’énergie. En effet, le bassin Rhône-Méditerranée comme la région Rhône-Alpes n’a pas vocation à être le fournisseur exclusif d’énergie électrique d’une grande partie de l’Europe. La sécurité de l’Europe en matière d’énergie électrique passe par des moyens diversifiés de production et de distribution de cette énergie répartis dans toute l’Europe. Enfin, pour terminer, la CFDT souhaite qu’un bilan d’étape soit au moins prévu à mi-parcours afin de s’assurer de l’exécution des préconisations contenues dans le SDAGE Rhône-Méditerranée et qu'il soit porté à la connaissance du public. La délégation CFDT votera l’avis. |