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De Fukushima à la vallée du RhôneBien évidemment la CFDT exprime sa solidarité « avec la population japonaise qui fait preuve d’une dignité et d’une solidarité exemplaires ». Elle insiste sur« le courage et le professionnalisme des salariés qui sont sur place au péril de leur vie pour éviter le pire. », suite au séisme qui a provoqué une série d’atteintes au fonctionnement des réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima. L'informationAlors qu'en 1986, Météo France avait assuré que le nuage radioactif de Tchernobyl s'était "arrêté" en Allemagne grâce à" l'anticyclone des Açores", celui émanant de la centrale japonaise de Fukushima atteindra bien l'hexagone. (voir animation ci-dessus). L'information des citoyens est donc plutôt meilleure aujourd'hui que ce qu'elle fût. Il est en effet indispensable que les populations soient « tenues informées en toute transparence des choix effectués, des risques encourus et des réponses à apporter ». Les conséquences à long terme : de fait, les leçons de tchernobyl n'ont pas été tirées.Par la voix de Patrick Pierron, Secrétaire confédéral en charge des questions énergétiques, la CFDT demande « un large débat de société. Celui-ci devra porter sur l’ensemble de la filière nucléaire, notamment la sûreté des centrales, leur démantèlement en fin de vie et la gestion des déchets, ainsi que sur l’état du parc nucléaire français. » Ce débat doit porter notamment sur « la prise en compte du risque, ainsi que sur sa prévention et son encadrement ». Dans ce contexte il n'est pas inutile de relire les préconisations des mandatés CFDT au CESR concernant la construction d'un EPR en Rhône-Alpes et la question énergétique qui pour la CFDT Rhône-Alpes conduira à "renouveler notre modèle de développement et de croissance" ... et à le "fonder sur la sobriété et l’efficacité énergétique".
Les conséquences industrielles à court termeLes fabricants d'électronique et les constructeurs automobiles semblent les plus affectés par les conséquences des catastrophes environnementales au Japon. La production française commence à être affectée par la pénurie de composants en provenance du Japon . Le 23 Mars 2011 PSA Peugeot Citroën annonce officiellement qu'il ne pourra plus fabriquer au rythme normal ses véhicules diesel en Europe (44 % de sa production totale), en raison d'une pièce manquante importée du Japon. le groupe doit mettre ses salariés en chômage technique. Certaines entreprises connaîtront un rebond d'activité si leur production se trouve sur le marché concurrentiel avec les entreprises japonaises (la concurrence n'étant plus là, le marché est pris par ces entreprises). D'autres entreprises vivront une situation inverse avec une baisse d'activité faute de produits importés du Japon qui entrent dans le processus de production français. Les prochains mois verront probablement une mutation des entreprises, les salariés devront une fois de plus montrer leur capacité d'adaptation... Les entreprises doivent comprendre que le salarié n'est pas qu'une ''variable d'ajustement'' au rythme du marché mais peut et doit être considéré comme source de richesse de l'entreprise. PLUS SUR LE NET L'intervention de François Chérèque sur le grand Jury RTL LE MONDE
RAPPORT : « Fleuve Rhône - Volume 1 : énergie »Intervention de M. Jean ELDIN, au nom du groupe CFDT avis du 7 Juillet 2009 Dans le rapport « Fleuve Rhône - Volume 1 : énergie » que nous examinons aujourd’hui, le nucléaire et l’EPR en particulier, ont fait l’objet d’échanges approfondis et parfois vifs dans la commission « développement durable » et son bureau. La prise en compte par le rapporteur Daniel BLANC-BRUDE de notre proposition alternative sur l’EPR en Rhône-Alpes nous amènera à ne plus nous opposer, lors du vote de la contribution, mais à nous abstenir. Jean VANOYE, compte tenu de ses responsabilités à la présidence du CESR, ne prendra pas part au vote. Le nucléaire est source d’inquiétudes dans la population à cause des accidents graves toujours possibles et l’accumulation des déchets radioactifs à vie longue, malgré la fiabilité du stockage géologique. Le rapport met justement l’accent sur les conditions d’obtention de l’acceptabilité sociale de cette source d’énergie. Pour la CFDT, il convient en priorité d’établir, avec le public, un climat de confiance par une transparence absolue (ce qui n’a pas été le cas lors des incidents du Tricastin). Au niveau national et régional la CFDT a exprimé en 2005 et 2009 son désaccord sur la construction immédiate de centrales nucléaires EPR de 3ème génération (deux sont en construction en Normandie et Seine-Maritime). Plusieurs raisons plaident pour ne pas se précipiter :
Mais soyons clair, il faudra renouveler le parc nucléaire français et rhônalpin. C’est pourquoi la CFDT en alternative au texte initial, prend acte du choix d’un seul EPR en Rhône-Alpes pour préserver à terme les capacités énergétiques de notre région et les milliers d’emplois concernés. Le rapport présenté traite également des ENR, des économies d’énergies et d’un modèle de croissance fondé sur la sobriété et l’efficacité énergétique, dont dépend tout autant le maintien de ces capacités. Concernant le développement des énergies renouvelables, trois sources sont amplement traitées dans notre rapport :
Nos préconisations dans ces domaines en direction de l’Etat et des collectivités territoriales sont des priorités qu’il faut mettre en oeuvre par des actions concrètes au niveau local. Pour 1 euro investit dans le nucléaire nous demandons d’investir 1 euro dans les ENR et les économies d’énergies.Ces dernières sont pour nous majeures, elles concernent les bâtiments, les transports, les industries. Le CESR a fait des préconisations précises dans la mandature précédente. Les économies d’énergie et la maîtrise plus grande des consommations : mieux maîtriser les consommations d’énergie est possible grâce aux progrès technologiques et à la mise en place de politiques qui s’efforcent d’agir sur la demande. Cela rend l’intervention publique indispensable car elle seule est capable de prendre en charge l’intérêt commun et le long terme. Cette maîtrise passe aussi par la mise en oeuvre de moyens institutionnels, règlementaires et fiscaux et des politiques incitatives à l’utilisation plus économe de l’énergie. On ne peut pas faire l’impasse sur les changements de nos comportements. Pour ne pas produire plus il faudra consommer moins ! Cela dépend enfin de ce qui nous paraît central : le changement de paradigme autrement dit de modèle de développement et de croissance pour englober l’offre et la demande, fondé sur la sobriété et l’efficacité énergétique. Dans notre société, le modèle énergétique dominant s’appuie sur une croissance illimitée de la demande sur laquelle l’offre doit s’aligner ! C’est aberrant, dépassé et en contradiction avec le développement durable. Consommer moins et mieux est possible sans altérer notre qualité de vie, c’est la conclusion de cette contribution et nous la faisons nôtre. Merci de votre attention. |