Jean-François CONNAN s'occupe des questions dîtes de "développement durable" chez ADECCO ce qui recouvre la lutte contre la précarité, la discrimination, les accidents du travail etc...
" avec le travail temporaire on peut exclure mais aussi contruire une trajectoire professionnelle" souligne-t-il.
Concrètement ADECCO c'est un million de recrutements par an , prendre en compte le territoire dans l' urgence est malaisé.
Les entreprises clientes ont une vue à très court terme : un à deux mois . Le travail de prospective du CESR est intéressant mais déconnecté de la réalité temporelle du terrain .
"Ce qu'il me faudrait pour pouvoir m'insérer aisément dans une démarche d'insertion au coeur d'un territoire, c'est bénéficier d'un recensement des chantiers ce qui me permettrait alors d'aider les entreprises locales à répondre aux clauses sociales des marchés par le recrutement de jeunes en difficultés " indique Monsieur CONNAN.
Devant cette difficulté objective et à ce jour non résolue ADECCO conduit cependant des actions concrètes de lutte contre l'exclusion:
l'entreprise a pris contact avec les structures d'insertion par l'économique sur les territoires pour faciliter l'accès des personnes en démarche d'insertion au marché du travail classique.
Des indicateurs extra-financiers ont été mis en place pour le suivi du travail des agences .
- Je suis intérimaire, ai-je un risque accru d'accident du travail avec ADECCO ?
- Aurais-je une continuité de l'emploi (en un an est-ce que j'aurais 46 contrats ou 6 contrats ?
- Comment parvient-on à faire modifier par un client une demande discriminatoire : depuis 1999 , 3500 permanents ont été formés pour le dialogue avec un client qui refuserait "une bonne femme" ou "un arabe".
Ces critères extra-financiers ont été mis en place avec les partenaires sociaux mais le dialogue social est très récent et l'on en est à une sensibilisation à ces questions. "Les délégués syndicaux ne sont pas moteurs sur ces questions" regrette Monsieur CONNAN.
Pour Monsieur CABUT représentant de L'UPA le territoire est incompréhensible alors même que les organisations professionnelles y sont implantées :
" Le territoire c'est une multiplicité d'acteurs , un manque de lisibilité des processus administratifs , des enjeux financiers multiples si bien que malgré une certaine concordance des volontés il est difficile de finaliser des expérimentations parcequ'on n'a pas un cadre, des règles et des outils clairement définis " . Une fois finalisées ces expérimentations ne sont pas forcément valorisées en cause le poids des branches : "si ce n'est pas la tête qui décide , cela n'est pas très bon" relève Monsieur CABUT.
Un certain nombre d'actions ont cependant été conduites dans le domaine de la lutte contre l'exclusion :
L'UPA a mis trois temps pleins sur la GPEC de 5 territoires afin de travailler sur le recrutement, la gestion des âges, la discrimination . Cette équipe doit établir un diagnostic et assurer le suivi des actions mises en place.
Des actions ponctuelles d'insertion ont été conduites notamment par l'utilisation du contrat d'insertion assorti d'un revenu minimal d'activité (CI-RMA) pour une coiffeuse avec charge de famille dans la Loire , un jeune d'origine maghrébine dans la réparation automobile et en Isère un rmiste titulaire d'un DEA d'environnement a suivi un CAP en charpente afin d'être en état de reprendre une entreprise dans ce domaine.
Un certain nombre d'initiatives n'aboutissent pas faute de synergie entre les différents acteurs : associations d'insertion, ANPE et entreprises.
Etre acteurs dans les territoires pour lutter contre l'exclusion c'est aussi agir dans les entreprises . Qu'en pensent les sections syndicales ?Les réflexions étaient portées par les contributions de Jean-François TARRICONE et par Gérard JANVIER.
Gérard JANVIER fait partie du groupe de travail CFDT sur le retour à l'emploi.
Il relève que l'enquête sur les besoins en main d'oeuvre publiée par les ASSEDIC dont la version 2008 est en ligne est particulièrement intéressante quand on veut réfléchir dans le cadre d'un comité local de développement à l'insertion par l'emploi. Mais cet indicateur est partiel .
On ignorera totalement par exemple qu'une entreprise de 7 personnes de la Loire a un savoir faire tel qu'elle travaille pour les équipes de formule 1 de FERRARI et MAC LAREN or cela peut être extrêment intéressant de la convaincre d'accepter des apprentis.
A contrario dans les entreprises on fonctionne sur une logique purement financière et l'on ne fait pas la liaison avec les compétences disponibles sur le territoire: on constate ainsi que l'informatique d'une entreprise de la Drôme est gérée par une entreprise alsacienne.
Même les comités d'entreprise ont ce travers soulignera Monsieur CONNAN.
Les politiques d'achat de toutes les structures d'un territoire sont extrêmement importante pour développer l'emploi local.
La CFDT est également présente dans des structures qui visent à insérer professionnellement les jeunes diplomés : par exemple sur la plateforme d'insertion professionnelle de l'université Jean MONNET à Saint ETIENNE (compte rendu disponible sur demande : contacter Luc THORAL)
François TARRICONE pour SCHNEIDER ELECTRIC présente les dispositifs portés par la section CFDT :
d'une part un centre de ressources "solidarité emploi"est financé par le comité d'entreprise et accueille les enfants des salariés en recherche d'emploi pour des aides diverses - cours d'informatique - aide à la rédaction de CV - accompagnement dans les recherches : 150 des 300 utilisateurs du centre de ressources ont trouvé un emploi en CDI.
D'autre part l'entreprise a initié divers dispositifs auxquels la section CFDT adhère et qu'elle promeut.
SCHNEIDER ELECTRIC travaile pour l'Insertion des jeunes
Initiateur de la démarche de mobilisation des entreprises pour le développement de l’apprentissage, dans le cadre d’une mission spécifique confiée à Henri Lachmann par Jean-Louis Borloo, Schneider Electric est signataire de la charte de l’apprentissage. Le système d’alternance accueille au sein du Groupe chaque année plus de 800 alternants .
L’opération « 100 chances-100 emplois » concerne par bassin d’emploi 100 jeunes et jeunes adultes de 18 à 30 ans, ayant un faible niveau de qualification, issus des zones urbaines sensibles et prêts à s’engager dans un parcours d’insertion professionnelle.
L’objectif : faciliter l’accès à l’emploi durable grâce à des parcours personnalisés de qualification avec le concours de 30 entreprises fédérées et animées par Schneider Electric et ce, dans un délai de 30 mois. Avec comme ambition d’atteindre 60% de sorties positives, c'est-à-dire un CDD supérieur à 6 mois, un CDI ou une formation qualifiante. 5 opérations sont lancées : Chalon-sur Saône, Grenoble, Rouen, Le Havre et Chambéry.
Intégration des personnes handicapées dans l’entreprise
Schneider Electric est par ailleurs engagé dans une politique active pour l’emploi des personnes handicapées. En 2007, Schneider Electric a conclu avec les partenaires sociaux un accord Groupe (c’est-à-dire incluant pour la première fois l’ensemble des filiales de l’entreprise) pour la période 2007–2009. Cette avancée décisive en matière de diversité favorisera l’emploi, la formation et l’intégration professionnelle des personnes handicapées, conformément à la loi du 11 novembre 2005 pour « l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté ». Les objectifs poursuivis sont ambitieux : atteindre chaque année globalement et a minima l’obligation légale de 6%, accueillir 45 alternants handicapés et embaucher 45 salariés handicapés sur trois ans.
Le baromètre Planète et Société : mesurer les performances en termes de responsabilités
Il s’agit d’un outil pédagogique qui vise à mesurer les performances du Groupe en termes de responsabilités vis-à-vis :
- des collaborateurs, en réduisant par exemple 20% le nombre d’arrêt pour cause d’accident du travail.
- de l’environnement, en faisant de la certification des sites industriels et logistiques une priorité.
- de la société, en liant des liens privilégiés et durables avec des associations proches des sites
- de la gouvernance, en incitant ses fournisseurs à rejoindre le Global Compact.
L’ensemble des 10 indicateurs qui composent le baromètre sont mis à jour de façon trimestrielle disponible sur www.barometre.schneider-electric.com |