AVIS DU BUREAU REGIONAL SUR
LES TRANSPORTS EN RHONE-ALPES.
13.03.07

 

La CFDT Rhône-Alpes mène une réflexion depuis plusieurs années dans le domaine des transports. En s'appuyant sur ses secteurs professionnels elle développe une réflexion interprofessionnelle dont nous sommes héritiers et qui se poursuit. Le travail proposé au bureau régional de ce jour sera l'occasion de contribuer à l'avancée de ces questions.


LE CADRAGE CFDT


• Des transport au service du développement du territoire

- Une volonté politique doit être affirmée : le contrat de plan la traduit par l'ouverture de chantiers pour lesquels l’Etat et la Région s’engagent chacun pour une somme totale de 245 M€.
- Les transports doivent être choisis et distribués sur le territoire afin d'en garantir l'efficacité et ne doivent pas être l'otage de localisme voire de clientélisme.
- Des choix et des investissements en terme d'infrastructures et en terme d'équilibre dans l'aménagement des territoires sont nécessaires.
- Le coût des parkings à proximité des transports publics ne doit pas décourager les volontés. Tous les salariés ne bénéficient pas d'une prise en charge de ce coût.
- Les différents modes de transport doivent payer leurs véritables coûts, social et financier sans que cela ne soit entièrement répercuté sur les consommateurs.

• Nos exigences

- La priorité au ferroutage par rapport au transport de marchandise.
- Les infrastructures doivent faire l'objet d'un suivi tant qualificatif que quantitatif.
- Les besoins de déplacement et de transports se développent et génèrent des nuisances qu'il faut réduire rapidement au nom du Développement Durable. C'est-à-dire en prenant en compte autant les aspects environnementaux que ceux économiques et sociaux.
- Que les transports collectifs soient plus avantageux que le véhicule individuel, en matière de prix, de temps et de confort.
- Que la priorité soient donnée au ferroviaire pour les longs déplacements.
- Que la répartition des entreprises sur l'ensemble du territoire rhônalpin soit cohérente avec les répartitions de l'habitat, afin de réduire les flux domicile travail, et production consommation. Dans ce sens, un investissement important doit être demandés aux entreprises et administrations dans leurs plans de déplacement (PDE - PDA).
- La mise en place de corridors biologiques pour la construction de toute infrastructure
- En ce qui concerne les grands chantiers, dans le cadre de la responsabilité sociale des entreprises obtenir la labellisation qui permet l’existence de droits syndicaux.
- Les frais de transport doivent prendre en compte l'ensemble des coûts engagés y compris ceux de la construction des infrastructures.

• Le respect de la sécurité

 

- Un investissement dans la sécurité des professionnels doit toujours être prévu.
- Sécurité des usagers des tunnels : norme et classement des tunnels, respect et autonomie des lieux de contrôles de la sécurité (CHSCT).
- Sécuriser les transports de marchandises dangereuses.

• L'Europe

 

 

- La CFDT soutient la nécessité d’une réglementation sociale européenne permettant de codifier les rémunérations et les temps de conduite et de repos.
- Il doit en être de même pour l'harmonisation européenne des normes de sécurité.

 

 


LES INFRASTRUCTURES



• Les projets ferroviaires.

- Le contournement ferroviaire Est de Lyon : le tracé de la partie nord a été choisi par le Ministre des Transports mais il est contesté car ce n’était pas le meilleur possible. La CFDT aurait préféré un tracé utilisant la voie de desserte de la centrale de St BULBAS.
Pour la partie Sud, les contestataires ont réussi à bloquer toute possibilité et la position choisie par le Ministre d’utiliser la ligne Lyon /Grenoble de Grenay à St Fons est encore plus contestable car elle traverse des zones d’habitat très densifiées. Pour la CFDT, la partie Sud doit aboutir près de Givors pour permettre de créer des relations St Etienne/St EXUPERY et se raccorder directement sur la voie rive droite..


- L’amélioration du Sillon Alpin (Valence/Moirans) : elle était programmée au Contrat de Plan 2000/2006 mais avait été largement sous-estimée et donc non réalisée. L’Etat et la Région se sont mis d’accord pour réaliser rapidement cette opération. Le nouveau CPER 2007/2013 prévoit la modernisation et l’électrification de GIERES/MONTMELIAN.

- Autres opérations du CPER : les trois autres opérations programmées (Lyon/Bourg, l’Ouest Lyonnais et l’Etoile d’Annemasse) ne pouvaient être financées par suite des désengagements partiels de l’Etat. La Région a choisi de passer un contrat d’objectifs avec RFF pour réaliser ces opérations qui prendront un certain retard mais se réaliseront d’ici 2010. Le choix de la Région a reçu l’approbation de la CFDT qui regrette le désengagement de l’Etat.

- Le renouvellement de la convention TER : la discussion entre la SNCF et la Région est âpre car la Région a des exigences nouvelles, que la CFDT approuve, en matière de qualité de service. L’instauration progressive du cadencement va permettre le développement du TER sur plusieurs lignes dont la fréquentation augment sensiblement. L’instauration d’une «carte orange» sur l’ensemble de la Région paraît difficile car il y a beaucoup trop d’Autorités Organisatrices du Transport sur Rhône-Alpes ; par contre la Région essaie de créer une carte multimodale ; carte « OURA » dans chaque bassin économique (autour de Lyon, de Grenoble et de Valence…).

A travers le CESR, la CFDT fait des propositions pour améliorer les transports collectifs urbains et interurbains sur la région.
- Lyon/Turin : le projet avance peu car il n’a pas été classé parmi les priorités première par l’Etat français ; cela ne nous permet pas notamment d’obtenir des financements européens. De nouveaux engagements financiers des Etats italiens et français ont fait évoluer favorablement la situation.
- Le ferroutage : (que la CFDT l’appelle de ses vœux) la seule expérience en cours entre Aiton et Orbassano (Italie) n’est pas très concluante. Les relations plus longues comme Dijon/Modane se heurtent à des difficultés techniques (notamment des problèmes de gabarit) qui ne sont pas encore résolues.

• Les projets routiers.

- L’A89 (Balbigny/La tour de Salvany) : le projet, soutenu par la CFDT, est à présent bien lancé sauf pour le raccordement dans la région lyonnaise où subsistent plusieurs possibilités pour rejoindre l’A6 et l’A46.
- L’A51 (Grenoble/Sisteron) : le choix d’améliorer la RN 75 en l’équipant d’une deux fois deux voies (voie express) semble acquis et convient à la CFDT et permettra un désengorgement de la vallée du Rhône.
- Le contournement autoroutier Ouest de Lyon : le dossier semble être au point mort à cause des nombreuses oppositions dans les Monts du Lyonnais et sur son raccordement à l’A 7.
- Les contournements routiers de Grenoble et St Etienne : ils deviennent plus que nécessaire pour améliorer l’économie, l’emploi et les conditions de vie dans ces deux villes.
- En ce qui concerne le contournement de ST Etienne nous nous interrogeons s’il faut une rocade ou une liaison inter urbain plus éloignée de l’agglomération.
- L'A 45 soutenu par la CFDT à condition que ce soit un barreau rapide inter-agglomération qui soit complémentaire de l'A 47.

• Les projets fluviaux..

 

Le plan Rhône doit permettre une meilleure utilisation du fleuve pour limiter le transport de fret par camion.

Dans un premier temps, des solutions de type formation de marinier, radio guidage et autres peuvent permettre une augmentation nette du trafic actuel, mais il serait nécessaire de permettre un débouché à grand gabarit au nord de cette voie (Saône/Moselle) et de doubler les écluses pour permettre le passage de convois plus massifs.

La convention actuelle entre l’Etat et la CNR n’a pas donné mission de faire de tels investissements lourds.

 

• Les relations Est/Ouest..

 

La CFDT Rhône-Alpes travaille avec la CFDT Auvergne dans le but de trouver des solutions pour améliorer les échanges Est/Ouest (Lisbonne/Kiev) alors que les politiques actuelles ne priorisent que les relations nord/sud.
L’Auvergne suggère diverses améliorations de lignes TER mais aussi l’instauration d’une ligne à grande vitesse (projet ALTRO) traversant le Massif Central pour rejoindre Rhône-Alpes.
La CFDT pense que ce projet pourrait être jumelée avec une utilisation partielle de la voie existante Clermont/St Etienne et une possibilité de jumelage du tracé de la future autoroute A 45.