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Nous avons désigné nos représentants au parlement européen en ce mois de Juin , que fait le syndicalisme pour l'Europe sociale ?

EL : "Notre organisation syndicale est convaincue de l'importance de développer le syndicalisme européen et de rendre plus forte cette Europe qui consolide la paix, garantit des droits aux salariés, organise la solidarité.

Il faut lutter contre les réflexes protectionistes. Protectionisme économique rime souvent avec nationalisme politique. C'est au contraire en coordonant les efforts de relance économique que les pays européens développeront les échanges entre eux et avec l'extérieur. Je reprendrai une expression de Jacques Delors "la concurence stimule, la coopération renforce et la solidarité unit".

Assemblée générale des syndicats 5 JUIN 2009

 

Interview d' Elisabeth Le Gac, Secrétaire générale URI CFDT Rhône-Alpes.

Nous voulons être un "syndicalisme de proximité" comment la CFDT s'organise-t-elle pour répondre aux attentes des salariés ?

EL : "Toutes les structures sont mobilisées pour répondre aux attentes des salariés : La confédération entend impulser des pratiques syndicales qui soient en adéquation avec l'ambition de nos objectifs. La complémentarité entre fédérations et Union régionales est recherchée.

En Rhône Alpes nous organisons au niveau de l'union régionale interprofessionnelle soutien et accompagnement aux militants d'entreprises dans la situation économique qui nous percute. C'est l'objectif du dispositif "agir pour l'emploi" que nous mettons en place.

Cette proximité de la confédération avec les salariés est également mise en pratique en Rhône-Alpes :

Lors des visites des secrétaires confédéraux, je pense à celle de Gaby Bonnand par exemple, nous avons organisé des rencontres avec une dizaine de sections syndicales, et Marcel Grignard vient prochainement dans le bassin d'Oyonnax, vallée de la plasturgie.

Enfin, au niveau régional, nous contacterons une à deux fois par mois directement les collectifs de syndicats ou de sections syndicales sur leurs lieux de travail pour rencontrer les adhérents, les militants.

 


Quels sont pour toi les dossiers 2008 qui influeront le plus sur la vie des salariés dans les prochaines années ?

EL : "L'année 2008 a été fortement marquée par des évolutions primordiales, qui à l'aune des années seront analysées comme des gains essentiels au service des salariés.

Ainsi :

  • La loi de modernisation du marché du travail,
  • La loi sur la représentativité,
  • L'accord sur l’assurance chômage qui octroie des garanties pour les plus précaires et les plus fragiles et marque ainsi une avancée vers une sécurisation des parcours professionnels.

Je ne vais pas tout citer, ce sont 21 accords, mesures ou lois qui améliorent la vie des salariés et notamment des plus précaires qui sont souvent des jeunes. Nous les avons d'ailleurs invités et vous trouverez une bien intéressante interwiev de nos "irréductibles cédétistes".

Ces accords ou lois, répondent aux valeurs de solidarité, d'émancipation et de démocratie que nous portons."


On fait souvent à la CFDT le reproche d'avoir la plume facile ? la CFDT sait-elle dire "non" ?

EL : La Cfdt prend ses responsabilités. Notre capacité à refuser par exemple la loi TEPA, à nous mobiliser pour soutenir nos revendications en Janvier, Mars et Mai dernier , toutes ces actions se complètent, tous ces positionnements aussi différents soient-ils montrent une organisation donnant du sens à sa démarche réformiste.

Nos objectifs sont clairs : Améliorer la situation des salariés, réduire les inégalités, améliorer le bien être au travail, faciliter la qualité de vie hors travail.

Alors oui, lorsque nous obtenons par la négociation des résultats, oui, nous nous engageons, oui nous signons !

Le syndicalisme réformiste que nous avons choisi n'est pas le plus facile, mais c'est celui qui apporte des changements concrets, qui transforme le réel, vers une société plus juste plus solidaire. Notre rôle en tant que syndicalistes est primordial en cette période.

Les salariés doivent pouvoir compter sur une organisation syndicale efficace, responsable, qui soit dans la construction d'un avenir et permette de redonner de l'espoir.

En Rhône Alpes nous ne dérogeons pas à cette règle. Le travail effectué par les sections syndicales dans les entreprises en difficulté n'est pas facile, il doit être valorisé.


Dans quels domaines sommes-nous devenus par notre travail de terrain une référence ?

EL : La CFDT est devenue une référence dans le domaine de

  • la santé au travail et du maintien dans l’emploi,
  • l’international et les garanties sociales se rattachant à la mobilité professionnelle,
  • l'emploi et la formation professionnelle avec des initiatives de nos mandatés en lien direct avec nos objectifs de sécuriser les parcours professionnels.

Et sur le front de la crise économique où en est-on ?

EL : Nous avons mis en place un dispositif "agir pour l'emploi" à l'Uri qui comporte 2 volets : La veille et l'accompagnement.

Concernant la veille, il s'agit de recueillir les données des entreprises qui connaissent des difficultés (ou qui risquent d'en connaître).

Concernant l'accompagnement, les syndicats peuvent faire appel à l'Uri pour aider, conseiller, accompagner les militants d'entreprises.

EL : "Nous proposons d'axer nos actions sur deux tableaux :

  • l'immédiat, pour répondre au conjoncturel. Ce sont les actions "former plutôt que chômer".
  • le long terme, pour transformer les effets structurels. Nous choisissons de ne pas sortir de la crise comme nous y sommes entrés. Aussi, nous commençons dès à présent à réfléchir avec les chambres patronales et avec le Conseil Régioinal aux entreprises, aux emplois, aux filières que nous voulons développer dans la région.

Par rapport à ces deux axes, nous avons participé à la conférence régionale économique et financière en Novembre 2008, suivie d'une rencontre entre les Organisations Syndicales et le Président Queyranne, nous avons obtenu une augmentation du budget alloué aux aides mises en place. Pour Rhône-Alpes c'est 62 millions d'euros alloués , sans augmentation d'impôts.

les dispositifs régionaux intéressent tant le soutien aux entreprises que les aides aux salariés notamment sur les questions de formation.

Nous travaillons comme dans d'autres régions, à l'élaboration d'une charte tri-partite (Partenaires Sociaux, Etat, région) qui rende opérationnelle nos revendications et qui implique l'ensemble des acteurs.

L'objectif principal est de développer des pôles de mobilité dans plusieurs territoires de la région. Nous avons demandé en début de semaine au Président Queyranne que nous avons rencontré, d'organiser des lieux "guichet unique" pour éviter le parcours du combattant du salarié qui vient de perdre son emploi.

C'est le principe des missions locales pour les jeunes qu'il faut développer. La mise en place des "Conseil Territoriaux Emploi Formation" il y a quelques années doivent être utilisés aujourd'hui et réactivés pour répondre aux défis que nous devons relever.

La proximité, le territoire parraissent être les plus à même d'organiser l'emploi et la Sécurité des parcours professionnels dans cette période. "


La crise a-t-elle occulté tous les autres problèmes traités par la CFDT dans les entreprises ?

EL : "Cette activité forte liée à la crise nous occupe une grande partie de notre temps syndical. Pour autant, nos investissements ne se limitent pas à ces questions.

La santé au travail, l'exclusion, l'égalité professionnelle, le logement, l'énergie, la mise en place de pôle emploi, la RGPP, le travail que nous faisons dans les pôles de compétitivité, les actions de solidarité comme "rivières solidaires" les 20 et 21 juin, .... J'en passe...