Chers ami(e)s,



Comme convenu, j’ai participé à votre congrès et rédigé un compte-rendu que vous jugerez certainement bien naïf, dans le fond et dans la forme. En effet, même si je lis la presse française régulièrement et échange sur les politiques de ce pays presque quotidiennement, je ne saurai prétendre avoir le même degré d’information que vous. Je dois dire également que les organisations syndicales n’ont pas toutes les mêmes congrès dans leurs régions, et que je vais également vous donner mes impressions sur celui-ci. C’est pour cela que je préfère rester anonyme, non que mes propos puissent vous blesser, mais davantage sur le principe que je ne souhaite pas que mes collègues auxquels je refuse souvent de tels textes puissent découvrir que j’ai acceptéd’en rédiger un pour vous. En tout cas, je dois dire que j’ai passé avec vous deux journées très intéressantes, et que je suis très heureux d’avoir été présent car je n’ai pas perdu mon temps en suivant vos débats.


Ce qui frappe un observateur étranger comme moi dans l’organisation du Congrès régional CFDT 2004, c’est l’importance de l’événement, qui contraste avec certains congrès d’autres organisations qui se déroulent rapidement, je veux dire une journée maximum, et qui consiste bien souvent à laisser le grand chef faire un long discours, avec, à l’arrivée, un vote rapide, sans qu’il y ait eu beaucoup d’orateurs à la tribune. Dans le même sens, on ne voit que rarement des amendements discutés ainsi, et une telle documentation remise avec un rapport d’activité qui dépasse de loin le simple manifeste politique de quelques pages.



La CFDT Rhône-Alpes se donne les moyens d’écouter ses territoires et branches, avec de très nombreux intervenants en tribune, des documents de travail complets, et des échanges dont le niveau m’a semblé bien plus élevé que dans la plupart des congrès auxquels j’ai assisté. Il en ressort un sentiment de respect de la démocratie, et de libre parole qui ne peut contenter tous les militants, mais qui a au moins le mérite de ne pas transformer l’événement en un simple plébiscite de l’équipe dirigeante.


Connaissant l’histoire de la CFDT en Rhône-Alpes, et la situation difficile que vous avez connue en 2004 avec les retraites en particulier, mais également le PARE, intermittents des loisirs et spectacles, je m’attendait à des échanges assez musclés, et je n’ai pas été déçu, en particulier la première journée. Les difficultés d’organisation sur les territoires sont assez semblables aux nôtres, tout comme les enjeux en terme de syndicalisation qui demeurent capitaux un peu partout en Europe. Souvent, il faut bien reconnaître que le rapport de force est connu, les jeux faits, et l’intérêt des débats souvent faible. Chez vous, le verdict des urnes est intéressant car préservé, et les oppositions peuvent se manifester ce qui n’est pas le cas partout. J’ai été très surpris de la diversité des modèles de votes, la main levée étant devenue assez rare, mais c’était adapté aux enjeux et situations.


La CFDT Rhône-Alpes se donne les moyens d’écouter ses territoires et branches, avec de très nombreux intervenants en tribune, des documents de travail complets, et des échanges dont le niveau m’a semblé bien plus élevé que dans la plupart des congrès auxquels j’ai assisté. Il en ressort un sentiment de respect de la démocratie, et de libre parole qui ne peut contenter tous les militants, mais qui a au moins le mérite de ne pas transformer l’événement en un simple plébiscite de l’équipe dirigeante.Connaissant l’histoire de la CFDT en Rhône-Alpes, et la situation difficile que vous avez connue en 2004 avec les retraites en particulier, mais également le PARE, intermittents des loisirs et spectacles, je m’attendait à des échanges assez musclés, et je n’ai pas été déçu, en particulier la première journée. Les difficultés d’organisation sur les territoires sont assez semblables aux nôtres, tout comme les enjeux en terme de syndicalisation qui demeurent capitaux un peu partout en Europe. Souvent, il faut bien reconnaître que le rapport de force est connu, les jeux faits, et l’intérêt des débats souvent faible. Chez vous, le verdict des urnes est intéressant car préservé, et les oppositions peuvent se manifester ce qui n’est pas le cas partout. J’ai été très surpris de la diversité des modèles de votes, la main levée étant devenue assez rare, mais c’était adapté aux enjeux et situations.


En terme de contenu, le premier jour m’a semblé souligner un malaise syndical dont beaucoup trop d’adhérents de la CFDT paraissent s’imaginer qu’il leur est exclusif. Actuellement, toutes les organisations réformistes comme les nôtres affrontent des crises d’identités sérieuses, et j’ai vu des congrès où le désarroi était bien plus grand que chez vous. Je crois que trop de participants sont venu en victimes expiatoires des retraites, alors que sur ce dossier comme sur beaucoup d’autres, je crois que la CFDT aura raison en France dans quelques années. De plus, la CFDT couvre un terrain considérable, bien plus grand que celui qui est couvert dans d’autres pays. Le secteur portant sur les questions de société est très important, comme celui de la formation professionnelle, et vous avez également un département international beaucoup plus actif que le mien. Commerce équitable, conventionnement sur le handicap physique et mental, campagne pour les salariés saisonniers…je dois dire que j’ai pris vos documentations et que j’ai bien l’intention de regarder comment nous pourrions adapter cela.

Ce qui m’a également frappé, c’est le niveau de réflexion territorial des structures. Trop souvent, on s’en tient à une seule vision globalisante, alors que visiblement, chaque Département de Rhône-Alpes est en capacité d’exprimer ses spécificités et de mettre en avant une stratégie d’échelle en cohérence. Visiblement, les responsables départementaux conçoivent une stratégie d’un certain niveau, et plusieurs interventions qui précisaient les analyses prospectives en cours m’ont beaucoup impressionnées. Par contre, on voit que la CFDT doit tout comme nous renouveler ses membres, avec une moyenne d’age qui est tout de même supérieure à celle de nos congrès. Je n’ai je dois dire pas vraiment vu de documentation et de propositions qui aillent dans le sens d’un rajeunissement, et c’est peut être le seul point avec celui des services pratiques à l’adhérent qui me semble manquer dans l’ensemble des sujets abordés.


Pour le lieu lui-même, il est très voisin de ceux qui accueillent des congrès syndicaux, sachant que l’auditoire s’est montré plus attentif et fidèle que chez nous. La salle était presque toujours pleine, avec guère plus d’une trentaine de délégués en pause, ce qui serait chez nous un record du monde. J’ai été content de saluer d’autres délégations internationales, et découvrir des exposants assez voisins des nôtres à l’exception d’Artisans du Monde dont nous avons l’équivalent, mais que nous n’avons pas encore pensé à inviter dans nos congrès. L’absence de politiques locaux et régionaux m’a également frappé, car généralement, ils se pressent pour dire quelques mots.

J’ai trouvé la seconde journée plus calme au niveau des débats, la tension était retombée, et le public s’est montré plus consensuel. Le système des amendements est très bon, même si certains ont fait un tel consensus qu’il semblait un peu inutile de les présenter. Cela suppose tout de même une préparation initiale très importante, mais c’est très bien pour la démocratie. Je suis parti avant la fin des votes, et apprécié la transparence avec laquelle c’était organisé. Chez nous cela peut tourner à la contestation car nous avons souvent des erreurs informatiques, problèmes de recomptage.
Je garde de ce congrès le sentiment que la CFDT Rhône-Alpes a franchi un double cap, celui de tourner la page des retraites et des critiques dont l’organisation a été l’objet, sachant que le représentant de la Confédération s’est exprimé sans heurts, ce qui me semble une nouvelle preuve de maturité politique. Le second cap, c’est de bien faire comprendre que la région syndicale existe, qu’elle se situe entre ce que l’on appelle la base, mais que l’on peut situer à l’échelle du département, bassin d’emploi, et la Confédération. La région a ses particularités, ses politiques, ses intérêts, spécificités, et je dois dire que les enjeux de la décentralisation en France devraient la conduire à prendre de plus en plus d’importante, devenir le niveau pertinent de conduite des politiques syndicales sur le territoire. Rhône-Alpes de ce point de vue est loin d’être homogène, et nos amis de la Drôme et de l’Ardèche l’ont souvent souligné dans nos conversations.



Merci encore de l’invitation