Dépasser les approches idéologiquesLa compétitivité n’est pas une fin en soi, mais le préalable à plus de croissance, plus d’emploi et plus de cohésion sociale. Cette réflexion commune a permis aux partenaires sociaux, salariés et employeurs, d’identifier des priorités, sur lesquelles construire un projet collectif de croissance et de progrès. La réalisation de ces priorités suppose un dialogue des partenaires sociaux, nourri et continu, à tous les échelons : interprofessionnel, branches et entreprises, dans le domaine social (emploi, formation, sécurité professionnelle...) mais aussi dans le domaine économique. Les organisations signataires rappellent qu’elles continueront de travailler ensemble sur les questions relatives au développement économique et social de notre pays.
Parmi ses atouts, la France compte sa capacité de recherche fondamentale et des dispositifs de soutien à l’innovation : le Crédit Impôt-Recherche ; les pôles de compétitivité ; les pôles d’innovation pour l’artisanat et les petites entreprises. Pour aller plus loin, il est nécessaire de : Prendre l’innovation dans son acception la plus large et pas seulement en termes de haute technologie, et ce dans l’ensemble des organisations, qu’elles soient publiques ou privées. Mieux tirer parti des résultats de la recherche publique notamment dans les disciplines où elle peut conduire à la mise sur le marché de produits ou de services nouveaux. Renouveler les formes actuelles de management, dans toutes ses dimensions (motivation, rémunérations, gestion des carrières, association des salariés aux performances et aux orientations de l’entreprise), mais aussi les relations entre acteurs économiques. Impliquer tous les acteurs (salariés, Etat, employeurs, partenaires sociaux, universités, collectivités locales, services publics, monde associatif, système d’éducation et de formation, système financier...).
Parmi ses atouts, la France compte : la qualité et le savoir-faire de la main d’ œuvre, un dynamisme démographique qui la singularise parmi les autres pays européens. Toutefois, notre taux d’emploi est plus faible qu’ailleurs, notamment aux deux extrémités de la vie active (jeunes et seniors). Pour aller plus loin, il est nécessaire de : Rechercher une meilleure adéquation des formations aux besoins de l’économie, depuis la formation initiale jusqu’à la formation professionnelle, en passant par la formation universitaire et l’apprentissage. Faire évoluer les modes de recrutement des entreprises et les politiques de gestion de carrières pour mieux prendre en compte l’ensemble du cycle de la vie professionnelle ainsi que les aspirations des salariés. Etendre la formation continue aux salariés qui, jusqu’à présent, y accèdent le moins, afin de satisfaire une double exigence : répondre aux besoins croissants de compétences des entreprises et favoriser l’employabilité des salariés, tout en répondant à leurs attentes en termes de parcours professionnel.
La France est la deuxième économie de la première puissance économique mondiale, l’Europe. Porte maritime sur le continent européen et carrefour des pays européens, elle bénéficie en outre d’une situation géographique privilégiée. Pourtant elle n’en tire pas tout le parti possible, comme en atteste le manque à gagner de croissance et d’emplois dans le secteur portuaire, au bénéfice de grands ports européens concurrents. Pour mieux tirer parti de sa position en Europe, la France doit : Mieux exploiter ses atouts géographiques, porteurs d’activités non délocalisables : activités portuaires, directes ou indirectes, fret ferroviaire, logistique, tourisme,… Mettre en cohérence son environnement fiscal, social, réglementaire et institutionnel avec les exigences de compétitivité dans un marché unique européen. Celui-ci est en effet devenu un espace de mobilité totale des unités de production, des centres de recherche, des compétences et des capitaux. Stabiliser et alléger autant que possible le cadre et les pratiques de l’administration aux niveaux français et européen. Assurer la qualité et la continuité des services publics dans une Europe ouverte. Œuvrer en faveur d’une meilleure coordination des politiques industrielles, fiscales et sociales en Europe.
Retrouver le niveau de croissance et d’emploi dont la France a besoin impose de : Dégager davantage de ressources pour renforcer et développer le système productif en France et de faciliter l’accès des entreprises à ces ressources. Dégager des marges de manœuvre budgétaire (Etat, collectivités territoriales) en faveur des dépenses d’avenir (éducation, formation, recherche, infrastructures, ...) tout en préservant l’équilibre des finances publiques. Permettre aux entreprises de dégager les moyens financiers nécessaires au développement de leurs investissements et à leurs dépenses de recherche.
Créer plus de croissance et d’emplois suppose quatre conditions principales : Encourager l’entrepreneuriat, depuis la création jusqu’à la transmission-reprise. Améliorer les relations interentreprises (grandes entreprises/PME, inter-TPE, producteurs/distributeurs, donneurs d’ordres/sous-traitants, ...) Développer les coopérations, notamment entre les PME et les grandes entreprises, et entre les TPE/PME et les organismes de recherche, publics ou privés Poursuivre, notamment dans le cadre de la Conférence Nationale de l’Industrie (CNI), le travail de construction des filières industrielles en vue de créer un réseau d’entreprises de taille intermédiaire autonomes plus fortes et plus compétitives.
En France, les prélèvements sur le travail restent un frein au développement de l’emploi et à l’amélioration de la compétitivité des entreprises, malgré les dispositifs d’allègement mis en œuvre depuis près de 20 ans. Il ne s’agit évidement pas de remettre en cause la protection sociale, mais de réfléchir aux moyens de substituer d’autres sources de financement à une partie des prélèvements reposant actuellement sur le travail. Une réflexion approfondie et globale sur une nouvelle répartition entre ce qui doit être payé par la solidarité nationale (l’impôt) et ce qui doit être pris en charge par la solidarité professionnelle (les cotisations sociales), constituerait sans doute une méthode à explorer. PLUS SUR LE NET : les articles de presse : ENVISCOPE - LYON ECO ACTU |