Du blanc et des couleurs

A l'heure de la lessive, ma grand mère prenait bien soin de séparer le blanc des couleurs.

Déjà, vous pressentez une réflexion à connotation raciste, que nenni !

 

 

S'il va bien être question de discrimination c'est entre le monde des doctrinaires et celui des pragmatiques.

A l'heure où les échéances électorales en amènent plus d'un an à faire de la mousse, voici que des citoyens de la belle région Rhône-Alpes (foyer d'innovation sociale) ont décidé du lavage en profondeur, du changement sans la révolution.

Encore que ce soit bien une forme (de révolution) de voir à la même tribune représentants des syndicats et du monde patronal exprimer leur accord sur une point vital :

il faut en finir avec les déficits sociaux abyssaux (400 milliards et le temps d'écrire ces lignes quelques milliers d'euros de plus) et faire en sorte d'améliorer la compétitivité des entreprises.

Cela passe par une réflexion sur le coût du travail, et l'on pourrait s'arrêter au constat.

Mais non : en plus d'avoir signé le constat de cet accident historique de l'économie française, les partenaires sociaux se veulent dans l'action.

Voir réunis les responsables des artisans, petites, moyennes et grandes entreprises, aux côtés des représentants de Cfdt, Cftc, Cfe-Cgc, c'est constater aussi l'absence de la CGT et de FO.

Cette dernière centrale est pourtant allée au bout des réflexions mais, in fine, a refusé de signer. Quant à la CGT, elle est venue faire un tour de piste puis a disparu. Il reste encore une bonne dose de dogmatisme dans nos relations sociales et le jeu des syndicats est parfois plus trouble qu'en Allemagne où le consensus de dialogue ne date pas d'hier.

Cette opération "Caperco" contraction de "capacité de performance collective" selon l'expression du président Medef R.A. Bernard Gaud demandera encore maints échanges avant de se traduire par des accords d'entreprises ou de branches susceptibles de faire avancer les choses.

Les décisions politiques ne pouvant que rajouter des couches à un appareil législatif et réglementaire trop touffu et trop changeant au gré des pilotes d'entreprises.

Le champ d'action des politiques : garantir l'Euro et faire avancer le fédéralisme européen pour nous défendre des visées sino-américaines, et ce sera déjà bien suffisant pour les occuper à de grands desseins.

Le carnet de Guy Moyse