Hier, sur le parking de l'entreprise Mécaplast à Izernore, une bonne cinquantaine de salariés entourent leurs représentants syndicaux. Les nouvelles sont mauvaises. Un plan de restructuration prévoit la suppression de 138 postes sur le site et la fermeture définitive de deux unités de production. Plus globalement, c'est le groupe Mécaplast qui tire la langue. Les chiffres ne sont pas bons. Pour faire face à la situation, les dirigeants viennent de trancher. Jeudi, un vaste plan de restructuration a été décidé lors d'un comité central d'entreprise au siège social d'Issy-les-Moulineaux. Tous les sites du groupe sont concernés. L'équipementier automobile emploie près de 2 500 personnes en France, répartis sur seize établissements. En tout, 368 à 628 emplois sont menacés en fonction de la conjoncture et d'une hypothétique reprise de l'activité.
Dans ce contexte, le site du haut Bugey paye un lourd tribut. Environ 280 salariés travaillent au sein des unités de production. À terme, la direction souhaite y supprimer 100 postes. Le « pôle » d'Izernore n'est pas en reste. Dans cet établissement qui regroupe différents services comme l'informatique, les achats ou le développement, 38 postes pourraient passer à la trappe sur 189 salariés.
Après plusieurs mois rythmés par des journées de chômage partiel, les salariés ne cachent plus leur ras-le-bol. « On a pris un coup de massue. Nous sommes révoltés. La crise ne fait pas tout. Elle a juste accentué les incohérences de gestion de Mécaplast depuis 2002 », lance Christophe Bourillon, délégué syndical CFDT.
La liste des postes qui sont voués à disparaître sera délivrée aux salariés le 9 octobre. « En attendant, on va se battre.»
La direction risque de solliciter les salariés pour des départs volontaires et des négociations vont se mettre en place.
« Nous allons aussi nous battre pour maintenir de l'emploi et de l'activité ici. Nous souhaitons l'organisation d'une table ronde avec les élus, les dirigeants et les représentants syndicaux », ajoute le syndicaliste.
L'enjeu est de taille. Mécaplast est l'un des plus gros employeurs du secteur. Pour l'économie locale, c'est une très mauvaise nouvelle. La facture pourrait d'ailleurs s'alourdir. Une unité de production est maintenue sur le site d'Izernore, « mais elle n'est pas sauvée. La direction nous a annoncé que si le chiffre d'affaires n'est pas rétabli d'ici le second semestre 2010, le site pourrait être menacé dans son intégralité », explique Hervé Gouilloux, délégué syndical CFTC. Pourtant, il existe aussi des motifs d'espoir.Mécaplast abandonne deux sites de production à Izernore.
Mais l'outil industriel peut faire l'objet d'un rachat. « Nous disposons du savoir-faire et des bâtiments. Une reprise est possible. Cela ne nous fait pas peur, tant que cela contribue à sauver des emplois. »
Vincent Patrin