Vous êtes sur http://www.cfdt-rhone-alpes.com

 

La crise aux cotés de ceux qui la vivent

 


Prud'hommes isère est un site de la galaxie CFDT qui, comme son nom l'indique donne des renseignements sur le contentieux du droit du travail.

Son public est donc un public spécifique.

Cette particularité a pu influer sur les résultats du sondage qui portait sur la mesure au fil du temps de l'impact de la crise boursière sur l'économie réelle. Ce sont donc plus les évolutions observées entre 2008 et 2009 qui sont intéressantes plus que les chiffres bruts .

L'augmentation massive des consultations de la rubrique "licenciements économiques" (+ 71,5% entre les mois de Janvier à Octobre 2008 et la même période en 2009) était attendue mais on remarque que toutes les formes de licenciements sont utilisées pour se défaire des salariés.

  • On observe notamment une augmentation des consultations sur le thème "des licenciements pour faute professionnelle" de 24,4% sur cette période,
  • une augmentation de 22,7% sur le thème des "licenciements pour insuffisance professionnelle" et
  • une augmentation de 32,6% sur le thème "des licenciements liés à l'absence prolongée des salariés pour raison de santé "...

Pourtant toutes les entreprises ne pâtissent pas de la crise.


1073 salariés ont répondu à la question : Votre entreprise est-elle touchée par la crise ?

  • [25.4%] des salariés consultés répondent  "non pas du tout ".

Mais 74,5% des entreprises subissent au moins partiellement les effets de la crise.

  • [37.8%] un peu   
  • [36.7%] oui beaucoup   

Nous avons vu ce sondage tout d'abord ignoré au premier trimestre 2009, puis complété de mois en mois avec un accroissement progressif du niveau des entreprises gravement touchées : Celui-ci était encore de 10% avant l'été 2009, en ce mois de Novembre 2009 il atteint 36,7%. Il est probable que si la crise se poursuit en 2010 cet effet de vases communiquant se poursuivra.

769 salariés considérant que leur entreprise était plutôt en crise (ce qui est cohérent avec les pourcentages ci-dessus) ont répondu à la question suivante : Votre entreprise est en crise comment réagit l'employeur

  • [52.9%] licenciement CDI   
  • [13%] fin de CDD-intérim   
  • [10.7%] pose congés   
  • [9.6%] chomage partiel  
  • [8%] pose RTT   
  • [5.5%] mise en formation

La crise a aussi d'autres conséquences : même peu touchées les entreprises limitent l'évolution salariale ce qui participe à l'aggravation de la dépression.

En effet 881 salariés répondent à la question suivante : si votre entreprise n'est "pas ou peu touchée par la crise", aurez-vous des augmentations de salaires pour 2009 ?  

  • [77.9%] non   
  • [22%] oui

Quelles conclusions tirer de ce sondage pour l'action syndicale ?

En début d'année 2009 la CFDT avait souligné que "la crise avait bon dos" et qu'un certain nombre de licenciements ne se justifiaient pas.

On en a la traduction statistique :

il n'y avait aucune raison pour que les insuffisances professionnelles soient plus nombreuses en 2009 qu'en 2008 sauf à penser que les employeurs ont été plus que malchanceux dans leurs recrutements.

De même, la maladie d'un salarié aurait dû avoir les mêmes conséquences en 2008 et en 2009 or elle a conduit à une augmentation de 32,6% des pertes d'emplois des salariés concernés : une double peine en quelque sorte.

Les employeurs ont donc systématiquement licencié et, de fait, ce qui pouvait n'apparaître que comme un slogan dans les manifestations de Janvier est maintenant démontré : "la crise a eu et continue d'avoir bon dos ..."

On observe également que les employeurs n'ont utilisé que de manière réduite les alternatives au licenciement (33,8% des salariés ont bénéficié de mise en congés, en RTT, en chomage partiel , et moins encore de formations ...)

La revendication de la CFDT d'une vraie mobilisation des moyens de la formation est donc totalement justifiée.

D'une façon générale le patronat continue majoritairement à faire supporter à la collectivité ses difficultés par des licenciements massifs .

Cet "entreprenariat à responsabilité limitée" ne pourra pas perdurer et la sécurisation des parcours professionnels des salariés est une nécessité.