SOMMAIRE

 

Schéma de l’organisation du projet LUCIDITE

 

Chantier « TOURISME »

 

CHANTIER

 

« TOURISME »

 

* Etat d’avancement

 

* Perspectives

 

 

1.     Contexte ayant présidé à la mise en place du partenariat local

 

Le chantier des saisonniers du tourisme a été choisi afin de comprendre comment agissent les discriminations dans un contexte où emplois sont précarisés et les statuts faiblement protégés. Le secteur du tourisme est en effet connu pour offrir des conditions de travail et d’hébergement difficiles. La question de l’accès au travail des populations immigrées est particulièrement intéressante à observer dans un contexte où elles sont très peu représentées, et où elles occupent principalement des emplois peu qualifiés et peu visibles.

 

Afin de mobiliser dès le début de l’action les partenaires locaux pertinents, il a été décidé d’enrichir aux membres du CRA présents sur les autres terrains (ANPE, FASILD, DRDFE, MRIE, CGT et CFDT locale et régionale) deux autres partenaires : l’UPA (Union Professionnelle des Artisans) et la BEEFT (Bourse Européenne Emploi Formation du Tourisme). ISM-CORUM se charge d’animer les débats qui ont lieu lors du CRA et d’assurer le secrétariat et l’expertise du projet.

 

 

2. Définition collective des modalités d’intervention

Depuis le début du projet, ISM-CORUM a rencontré lors de deux réunions distinctes la CGT et la CFDT afin d’adapter l’action aux spécificités des deux organisations. Le CRA a été également réuni à deux reprises. Le dernier CRA a été une étape décisive dans l’avancée. Tout d’abord, les partenaires ont validé le diagnostic proposé par ISM-CORUM. La première analyse ayant été réalisée et approuvée, les partenaires ont décidé d’un commun accord de passer à la phase d’action.

 

Une initiative commune de la CGT et de la CFDT d’organiser une journée d’information et de sensibilisation au public sur le thème des discriminations. Cette journée devrait également permettre de sensibiliser les acteurs locaux concernés (pouvoirs publics, associations, branches professionnelles telles que l’hôtellerie…)

Il a été également décidé d’un commun accord avec les représentants du personnel d’interpeller le préfet de Savoie (et de Haute-Savoie) afin de donner plus d’ampleur au projet.

 

Ensuite, il a été choisi de mener une action ciblée sur une station de Savoie et une station de la Haute-Savoie :

-       Courchevel pour la CGT en Savoie,

-       Morzine pour la CFDT et l’UPA en Haute-Savoie.

 

La CGT souhaite approfondir le contact avec les préfectures en leur proposant de présenter un bilan de l’année encourue à partir des dix points proposés dans le rapport Lepors. Le syndicat propose également d’ouvrir une logique de négociation avec un groupement d’employeurs afin de pouvoir les sensibiliser aux problèmes de discrimination.

 

L’ensemble des partenaires dont la MRIE et l’UPA ont insisté sur le fait qu’une politique de sensibilisation et de formation devait être menée auprès des employeurs de PME et de grandes entreprises ; le but de ces formations sera de pointer les problèmes de discrimination et de désactiver les stéréotypes négatifs que les employeurs ont des saisonniers, surtout en ce qui concerne les personnes d’origine différentes ou de sexe différents.

En ce qui concerne les formations, il s’agirait également de développer le système des VAE (validation d’Acquis d’Expérience) en collaboration avec la direction du travail locale par l’intermédiaire de la DRDFE. Le droit des femmes souhaite également que l’étude mette l’accent sur les discriminations sexistes, notamment en ce qui concerne l’accès à la formation et le niveau de revenu.

Enfin, les entreprises artisanales sont aujourd’hui trop nombreuses pour être contrôlées uniquement par les locaux. Certains saisonniers peuvent donc avoir la possibilité de devenir chef d’entreprise, et donc d’évoluer de manière intéressante. Des aides pourraient être apportées en direction des personnes susceptibles de reprendre les entreprises qui sont à céder. Le Fongécif, peu utilisé à l’intersaison, pourrait justement financer les saisonniers ayant des projets promotionnels.

 

Le contact avec le club méditerranée a été établi grâce à l’initiative de la BEEFT. Le club méditerranée a donné son accord pour la réalisation d’une étude sur la discrimination dans le recrutement et dans la mobilité professionnelle (cf. proposition).

 

PROPOSITION -

 

 

 

Diagnostic

 

RECRUTEMENT et MOBILITE PROFESSIONNELLE

 

Saisonniers du tourisme

L’exemple du CLUB MED

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Décembre 2003

 


 

1. Problématique

 

 

Le Club Méditerranée est le premier hôtelier des Alpes françaises avec 21 implantations dans diverses stations de sports d’hiver. Pour l’embauche de son personnel saisonnier, il rencontre toutefois des problèmes analogues à ceux de tous les professionnels du secteur. Du fait de sa taille, de la diversité de ses implantations en France et à l’étranger, il dispose simplement de moyens plus importants pour faire face à de telles difficultés.

 

Il utilise d’abord un personnel interne venu des villages qu’il possède au Maroc et en Tunisie. Depuis près de trente ans 200 personnes arrivent de ces pays pour travailler dans les stations de sports d’hiver. Ce sont des habitués. Ils font massivement partie de ce que, dans le langage du Club, on appelle les G.E, gentils employés. Salariés permanents du Club Med dans leurs pays d’origine, ils entrent dans le cadre des migrations saisonnières avec des contrats O.M.I et sont payés au tarif français. C’est pour eux une embauche intéressante et ils vivent ce type de travail saisonnier comme ayant un caractère promotionnel. La plupart sont proches aujourd’hui de la fin de carrière et il faudra bien leur trouver des remplaçants. En 2003, 20 Turcs étaient venus des villages du Club situés dans leur pays. En 2004, ils seront une centaine.

 

Mais tout cela ne suffit pas pour couvrir les besoins en personnel saisonnier. Le Club fait aussi appel à certains de ses personnels des villages situés en France et dévolus aux activités estivales ( 9 implantations ) ainsi qu’au personnel de ses villages d’Europe ( Espagne, Grèce, Portugal ) pour des emplois plus qualifiés de type G.O ( gentils organisateurs ) qui peuvent aller de chef cuisinier à réceptionniste en passant par tout le personnel d’animation et de gestion. Ce personnel peut être de toutes nationalités du fait que le Club accueille une clientèle internationale dans ses villages des Alpes.

Ces ressources internes ne suffisent toujours pas et le Club a une politique de recrutement précoce pour les saisonniers en station hivernale, lançant des offres dès le début septembre pour une saison qui commence le 20 décembre et se termine vers le 8 avril. Il emploie des recruteurs qui sillonnent la France en retenant 20 villes différentes comme lieux de recrutement. Ce travail se fait en collaboration avec l’ANPE. Un numéro d’appel permet aux candidats de se faire connaître. Leurs candidatures sont ensuite examinées et les personnes retenues sont affectées vers les divers sites en fonction des besoins du Club.

 

Grâce à cette politique d’anticipation, le Club Med parvient à couvrir ses besoins saisonniers mais il constate qu’il est difficile de fidéliser la main d’œuvre du fait que le travail saisonnier n’attire pas beaucoup et que ceux qui l’acceptent ne le font que provisoirement. De ce point de vue le Club Med est placé face aux mêmes difficultés que les autres hôteliers, grands, moyens ou petits qui ont des difficultés de recrutement et surtout de conservation de la main d’œuvre.

 

 

2. Méthodologie

 

En accord avec le Club Méditerranée, après plusieurs négociations nous envisageons dans le cadre du programme EQUAL de réaliser une enquête sur les diverses composantes de cette main d’œuvre saisonnière. Cette enquête qui se réalise, en accord avec le Club Med et dans un certain nombre de sites où les travailleurs saisonniers pourront être rencontrés, se fera sur le temps de travail. Elle analysera les conditions concrètes de recrutement, de mobilité, de travail, de vie dans les stations d’une population représentative des divers profils du travail saisonnier en station.

 

La connaissance du personnel qui se déplace des pays du Maghreb et de Turquie vers les stations de sports d’hiver en saison hivernale est une étape indispensable pour la mise en place d’une politique permettant d’améliorer les conditions de travail et les possibilités d’évolution de ce personnel. La connaissance du personnel externe au Club recruté en France est aussi importante pour déterminer ce qui peut freiner le processus de fidélisation et entraver les recrutements.

 

Pour ce faire, nous proposons une démarche qualitative s’appuyant sur une enquête par guide d’entretiens semi-directifs et complétée par des observations sur les lieux de travail.


2.1. Enquête qualitative 

-       Mieux connaître la population des saisonniers puis mettre au jour les mécanismes de discrimination qui s’opposent à un certain élargissement du recrutement et qui freinent l’intérêt que les salariés saisonniers seraient susceptibles de manifester pour ce type de travail.

-        Analyse des nouveaux flux saisonniers venus de l’étranger mais surtout du personnel recruté en France qui présente un profil sans doute proche de celui que l’on trouve dans l’ensemble des stations. (La main d’œuvre originaire du Maghreb étant bien connue)

-       Comment se font les recrutements ? Comment l’information circule ? Quel type de public est touché ? Quelles sont ensuite ses impressions quant au travail proposé, aux possibilités de carrière, de promotion interne ? Quelles sont à ces divers niveaux les effets induits par l’appartenance du personnel à tel sexe ou à telle population de telle origine ?

-       Le Club Méditerranée qui est un organisme implanté dans une quarantaine de pays a une politique de promotion interne et une éthique de l’égalité des chances indépendamment des questions de sexe et de race, une éthique qui dans son langage interne s’appelle la « Club Med attitude ». Comment tout cela se met-il en pratique ? Comment les difficultés sont-elles résolues ? Quels espoirs raisonnables de promotion interne et de mobilité professionnelle les divers travailleurs saisonniers peuvent-ils nourrir ?

 

Le Club méditerranée gagnera à avoir ainsi une meilleure connaissance de ces diverses strates de personnel, des aspirations qui sont les leurs et des potentialités qu’elles peuvent offrir pour le développement de certains axes de sa politique.

 

2.2. Conditions d’enquête

L’anonymat serait bien s*r garanti pour les employés qui accepteraient de répondre.

Ce type d’entretien requiert environ une heure et demie avec la personne interrogée.

Ils seront réalisés dans la langue des personnes enquêtées. Ils devraient pouvoir se faire individuellement et hors de la présence de supérieurs hiérarchiques, dans des conditions qui soient plutôt décontractées.

Il n’est pas nécessaire de réaliser un grand nombre d’entretiens. Il faut par contre rencontrer des gens qui soient représentatifs de la diversité du personnel employé dans les stations sur le plan de l’âge, de l’origine nationale, de l’ancienneté au Club, du niveau d’instruction, du type d’emploi occupé.

 

2.3. Grille d’enquête

Projet de guide d’entretien destiné aux travailleurs provenant du Maghreb, de Turquie, de France et d’Europe (A titre indicatif)

a) Profil de la personne

-       Age,

-       Sexe,

-       Nationalité,

-       Lieu précis de naissance,

-       Lieux successifs de résidence au pays,

-       Lieu actuel de résidence (dire s’il s’agit d’un village, d’une petite, moyenne ou grande ville),

-       Situation familiale,

-       Nombre et âge des enfants,

-       Niveau d’instruction : (Primaire, secondaire, supérieur, technique, professionnel),

-       Langues parlées (Niveau d’aisance en lecture et écriture dans les langues connues),

 

b) Expérience professionnelle

-       Qualification professionnelle acquise initialement ( La personne a-t-elle appris un métier ? Dans quelles conditions ?  A-t-elle un diplôme professionnel reconnu ? )

-       Formations suivies parallèlement à l’exercice d’une activité : lesquelles, où, avec quelle validation ?

-       Age d’entrée sur le marché du travail ?

-       Emplois exercés successivement :

-       Auprès de quel type d’employeur, dans quels lieux ?

-       Si vous avez souvent changé d’employeur, pour quelles raisons l’avez-vous fait ?

-       Avez-vous occupé dans le passé des emplois qui vous satisfaisaient pleinement ?

-       Si oui, qu’est-ce qui faisait pour vous l’intérêt de ces emplois ?


 

c) La carrière au Club

-       Comment avez-vous connu le Club méditerranée ?

-       Quand y-avez-vous été embauché pour la première fois ?

-       Dans quel service et dans quel lieu ?

-       Quel poste avez vous occupé lors de cette première embauche ?

-       Quel type de travail faisiez-vous ?

-       Avez-vous des membres de votre famille qui travaillent au Club ?

-       Avez-vous toujours travaillé au Club depuis cette date ?

-       Sinon pourquoi ?

-       Avez-vous exercé d’autres activités entre deux périodes d’emploi au Club ? Quels types d’emploi et pour quels employeurs ?

-       Votre expérience au Club vous a-t-elle été utile pour ce type de travail ?

-       Avez-vous changé de poste depuis que vous êtes au Club ?

-       Etait-ce à votre demande ?

-       Avez-vous suivi des formations ? Lesquelles ?

-       Avez-vous changé de travail à la suite de ces formations ?

-       Sinon, pourquoi ?

 

-       d) Le travail en station de ski

-       Depuis combien de temps venez-vous travailler en station de ski ?

-       Comment avez-vous été amené à venir en station ?

-       Avez-vous changé de station depuis que vous faites ce type de travail saisonnier ?

-       Par rapport au travail que vous faisiez, le travail que vous faites ici est-il différent ? En quoi ?

-       Les conditions de travail sont-elles différentes ?

-       Les relations avec les collègues de travail sont-elles différentes ?

-       Les relations avec les clients du Club sont-elles différentes ?

-       Que pensez-vous de vos conditions d’hébergement ?

-       Que faites-vous pendant vos temps de loisirs ?

-       Qui voyez-vous pendant ces temps là ?

-       Par rapport au travail que vous faisiez avant, : quels avantages vous procure le travail en stations ? Sur quels plans ? ( Financier, confort, diversité, ambiance )

-       Quels inconvénients voyez-vous à ce travail ?

-       Vous sentez-vous plus à l’aise ici que dans d’autres villages où vous auriez travaillé?

-       Sinon, pourquoi ?

-       Ce travail vous apporte-t-il de nouvelles compétences ? Avez-vous le sentiment d’apprendre quelque-chose ici (pour ceux qui viennent d’un autre pays : que vous ne pourriez pas apprendre dans votre pays ?)

-       Si cela était possible aimeriez-vous travailler plus longtemps dans ce même cadre ? Sinon, pourquoi ?

 

e) Aspirations professionnelles

-       Aimeriez-vous évoluer dans votre emploi ?

-       Aimeriez-vous occuper un emploi avec plus de responsabilités ?

-       Aimeriez-vous être plus en contacts avec la clientèle ?

-       Pensez-vous que cela soit possible dans le cadre du Club ?

-       Sinon, pourquoi ?

-       Souhaiteriez-vous suivre une formation ?

-       Dans quel domaine ?

-       Avez-vous déjà demandé une formation ou un changement de poste ?

-       Si cela vous a été refusé, quelles sont, selon vous, les raisons de ce refus ?

-       Pensez vous avoir des chances d’évoluer dans votre travail au Club ?

-       Qu’est-ce qui selon vous peut vous empêcher d’évoluer comme vous le souhaiteriez ?( âge, origine, niveau d’instruction générale, langue )

-       Estimez-vous que le Club s’intéresse à vous en tant que salarié et prend en compte vos attentes en ce qui concerne les conditions de travail, en ce qui concerne les souhaits d’évolution ?

-       Aimeriez-vous profiter du séjour en France pour apprendre de nouvelles tâches ? (pour les étrangers)

-       Seriez-vous prêt à accepter un changement durable de lieu de travail pour occuper un emploi plus intéressant ?

-       Préfèreriez-vous travailler en permanence dans votre pays, dans votre région.. ou occuper un emploi plus itinérant si celui-ci est intéressant ?

 

f) Bilan de l’expérience

-       Avez-vous le sentiment d’avoir appris beaucoup de choses depuis que vous travaillez pour le Club ?

-       Est ce que le fait de travailler au Club vous a amené à changer certaines de vos habitudes ? ( sur le plan des loisirs, sur le plan alimentaire, sur les amis fréquentés )

-       Y-a-t-il des choses qui vous ont choqué ou gêné dans ce que vous avez vu autour de vous depuis que vous travaillez pour le Club ?

-       Aimez-vous l’ambiance internationale qui existe dans le Club ?

-       Quelle est la réputation du Club Méditerranée dans votre pays, dans votre région, dans votre entourage ?

-       Pensez-vous que les clients du Club ne peuvent être que des occidentaux ou pensez-vous que vos compatriotes seraient intéressés par le type de vacances qu’offre le Club ?

-       Vous même, que faites vous pendant vos vacances ?

-       Le Club Méditerranée est très connu, présent dans le monde entier, êtes vous fier de travailler pour lui ?

-       Si vous aviez des membres de votre famille ou des amis qui cherchent du travail, les encourageriez-vous à travailler pour le Club ?

-       Pensez-vous travailler toute votre carrière pour le Club ?

 

2. 4. Préconisations

Les résultats bruts des enquêtes ainsi que les analyses qu’ils susciteront seront rassemblés dans un document confidentiel restitué en premier lieu au club Med qui décidera ensuite des aspects de l’étude pouvant apporter une contribution au Comité de recherche action Tourisme qu’il pourrait rejoindre. Les résultats de l’enquête permettraient de nourrir le débat sur la question du travail saisonnier, déjà bien engagé du fait qu’une prise de conscience s’est amorcée depuis un certain temps de la part des professionnels pour se donner quelques règles de conduite en la matière.

 

L’intérêt pour le Club Med sera, à travers l’acceptation de cette enquête et des préconisations auxquelles donneront lieu ses résultats, d’afficher son intérêt pour la notion de Responsabilité Sociale d’Entreprise. S’il s’avère que grâce à son expérience du travail dans un milieu international et grâce à son éthique interne il parvient à prévenir les discriminations tout en satisfaisant ses besoins en personnel, d’un point de vue à la fois quantitatif et qualitatif, ce cas pourrait servir d’exemple pour orienter l’action des divers professionnels des stations qui rencontrent les mêmes types de problèmes sans parvenir à les régler de manière aussi satisfaisante.

 

2.5 Contribution à un cahier des charges pour le montage d’un GEIQ « éthique »

Le GEIQ est un groupement d’employeurs dont la mission centrale est l’organisation de parcours d’insertion et de qualification au profit de demandeurs d’emploi rencontrant des difficultés d’insertion professionnelle.

 

Le caractère social de la structure, telle que défini dans les articles 5, 6 et 7 des statuts des GEIQ, les conduit logiquement à œuvrer pour une meilleure compréhension des phénomènes d’exclusions au travail dont sont victimes les publics concernés. La discrimination raciale est aujourd’hui reconnue par tous comme un frein direct au recrutement et à l’insertion par le travail, et les 26 GEIQ de Rhône-Alpes connaissent tous ces phénomènes à des degrés divers, et les acteurs concernés reconnaissent aujourd’hui que l’absence de repères en la matière constitue un frein notable à certains développements de ces structures.

 

Alors que l’artisanat de Rhône-Alpes connaît une crise de la main d’œuvre sans précédent depuis l’après-guerre, et que se profilent des années creuses qui vont voir nombre de salariés partir en retraite, il est nécessaire aujourd’hui de considérer ces questions avant même la créations de nouveaux GEIQ tels que souhaités par l’Etat et la Région Rhône-Alpes. Alors que les professionnels de l’UPA, comme l’observatoire national des GEIQ détenteur du processus d’obtention du label GEIQ, déplorent les difficultés rencontrées par nombre de GEIQ après des premières années positives, on trouve parmi les multiples raisons de tels échecs, une absence de prise en compte des questions de discriminations au travail alors que le public cible est très souvent visé par de telles inégalités.

 

C’est pourquoi, proposer un diagnostic partagé de ces réalités dans la perspective d’un GEIQ paraît aujourd’hui nécessaire. Ce diagnostic s’appuiera sur diverses contributions et expériences auxquelles le diagnostic réalisé dans le contexte de travail du club Med apportera une dimension supplémentaire quant à la connaissance des parcours professionnels dans divers statuts d’emploi et de métiers. Dans le même sens, le souci qu’a l’UPA de voir figurer dans les statuts des GEIQ des éléments éthiques allant dans le sens d’une intégration réussie et d’un refus de toute discrimination pourrait déboucher sur des propositions concrètes à destination du label national.

 

Le secteur de Morzine semble intéressant pour deux raisons : d’une part, on y constate l’absence d’un GEIQ qui semblerait nécessaire à terme, et d’autre part, l’insertion de publics en difficulté y est beaucoup plus problématique dans un secteur d’activité économique qui est victime de discriminations très importantes (1er rapport Jacques Barou). Enfin un travail de réflexion avec l’UPA et les partenaires du programme EQUAL LUCIDITE, réuni en comité de recherche-action, est entamé.

 

Aujourd’hui, l’ensemble des acteurs locaux concernés sont d’accord pour s’engager dans cette direction, les syndicats de salariés considérant cette hypothèse comme très positive, car impliquant dans le long terme les structures d’insertion et les entreprises autour d’une charte et des principes éthiques forts et réaffirmés régulièrement.