I : Casino 

Le projet LUCIDITE se devait de comprendre un chantier qui implique un grand groupe régional, figurant un environnement de travail très hiérarchisé et avec une gestion des ressources humaines théoriquement très présente et impliquée. La CFDT a proposé le choix de Casino, groupe très attaché à son image régionale, et qui comptait des établissements dans des environnements urbains avec de très nombreux clients et employés d’origine immigrée.

 

Ce choix était à la fois très intéressant, mais posait également certains problèmes car l’image de la grande distribution reste très négative dans l’opinion, et les critiques syndicales sur les politiques salariales conduites par le groupe pouvaient totalement occulter la question des discriminations en terme d’engagement syndical [7].

 

De plus, les cadences de travail, le rythme intense des journées, pouvait poser des problèmes à l’équipe scientifique et aux salariés concernés. Malgré cela, la CFDT considère au terme de la phase deux de l’EQUAL LUCIDITE que l’opération est un succès, et ne peut que constater que le projet a non seulement fait évoluer considérablement l’état des connaissances, la politique d’entreprise, mais également la stratégie de la direction en la matière.

 

La possibilité de voir direction et délégués syndicaux évoquer en connaissance de cause et après formation ces problématiques est déjà une victoire significative, à laquelle il faut ajouter un parallélisme intéressant entre les intérêts de la direction et ceux des représentants syndicaux CFDT en matière de dialogue social ciblé sur ces questions.

 

 

La collaboration du groupe, peu évidente au départ a été acquise au terme d’une négociation qui a vu le rôle prépondérant du Délégué Central Groupe CFDT, lequel a fait jouer ses relations internes, mais a également souligné que le projet présentait une parfaite adéquation avec les politiques suivies jusque la en matière d’insertion professionnelle.

 

Cette dynamique a conduit à privilégier la DRH comme interlocuteur, et à s’inscrire dans un triptyque qui allait au final être repris sur l’ensemble des chantiers à savoir un diagnostic préliminaire avec en parallèle des formations, une synthèse écrite et discutée allant vers un rapport final détaillé, et enfin des actions concrètes en faveur des publics concernés.

 

La CFDT a accepté que l’ensemble des organisations syndicales du groupe soient associées aux travaux, et souhaité voir intégrer les partenaires extérieurs au groupe comme l’ANPE et la MRIE [8] qui en ont fait la demande.

 

Le projet Casino est certainement celui, parmi les quatre chantiers de LUCIDITE, qui a connu l’évolution la plus significative des points de vues et permis l’amorce d’une culture commune sur ces questions. Avec le recul, il faut souligner la qualité des interlocuteurs du côté de la direction, qui a fait, comme nos équipes syndicales, de réels efforts pour comprendre et maîtriser le sujet. Quatre facteurs ont fortement contribué à cette situation : la volonté réelle de s’engager de la part de la direction, qui mesurait déjà les problématiques avant notre arrivée; la qualité de la représentation syndicale qui dispose d’une réelle audience au sein du groupe et auprès des salariés; la capacité et la crédibilité de l’opérateur technique et scientifique ; et enfin les nombreuses interrogations concernant ces problématiques qui affleuraient chez les uns et les autres, mais sans pour cela prendre un tour dramatique et passionnel.

 

PAGE 2 racisme dans le groupe CASINO