II : préfecture de l’Isère.  




PAGE 2 DES CONSTATS INQUIETANTS

Ainsi, la CFDT s’interroge et s’étonne d’apprendre qu’une personne en responsabilité (chef de service) puisse refuser que ses subordonnés directs rencontrent l’équipe de recherche, et ceci malgré la validation du Préfet et de son cabinet.

La CFDT s’étonne encore plus de l’absence de toute injonction faîte à ce dernier, quand on connaît la légèreté de certains motifs invoqués pour des blâmes à l’encontre d'autres agents publics.

  

On ne trouve actuellement aucune personne d’origine immigrée dans le personnel titulaire au sein des services d’accueil de la Préfecture, ce qui démontre la pertinence d’une réflexion sur l’accès à la fonction publique pour un public issu de l’immigration.

Cette dernière problématique, à laquelle ne répond pas directement l’analyse conduite part ISM-CORUM [17] , problématique qui ne figurait pas à l’origine sur ce chantier, ne semble aucunement intéresser des autorités préfectorales pourtant régulièrement interpellées en interne sur cette question par la section syndicale CFDT.

Le choix d’étudier les services de la Préfecture de l’Isère qui ont des contacts avec le public a permis à la section CFDT d’échanger sur ces questions, et de renvoyer de réels problèmes de communications, tant au niveau de la hiérarchie qu’en direction du public.

Pour la CFDT, l’absence de toute formation spécifique à destination des agents, ainsi que d’une réelle reconnaissance des compétences acquises dans le cadre de l’accueil de publics étrangers, laisse les personnels aux prises avec des problèmes ingérables et culpabilisants
[18] .

Sans imputer seulement à la Préfecture de l’Isère une responsabilité  qu’elle partage avec l’ensemble du processus public mis en place pour la formation et le recrutement, les objections émises sur le sujet par ses responsables restent significatives.

A la logique traditionnelle qui voit le concours exclure toute discrimination du fait de l’anonymat des copies, oubliant du même coup des épreuves orales décisives, répond le souci de ne pas remettre en cause un processus qui offre bien en définitive à la structure l’ultime choix de ses agents.

 

 

 



On comprendra également que l’égalité en terme de déroulement de carrière ne soit pas une priorité quand on découvre que certains postes à responsabilité sont détenus par des agents de catégorie C qui accomplissent de facto des tâches sans commune mesure avec leurs rémunérations.

 Pour la CFDT, toute évolution de la situation de l’emploi dans la fonction publique territoriale passera forcément par une réforme des recrutements et formation initiale des agents, mais également par une réelle reconnaissance des compétences et responsabilités exercées.

Le problème posé syndicalement aujourd’hui est bien celui des possibilités de négocier effectivement dans ce domaine, ce qui semble très difficile.

Le pouvoir et droit d’injonction dont disposent théoriquement les ministères, et plus encore celui de l’intérieur dont dépend les préfectures, ne semble pas en mesure d’inciter véritablement à des réformes internes, lesquelles devraient dépendre dans la fonction publique d’Etat d’un modèle national qui reste à construire.

Au niveau de l’établissement public, la possibilité de négociation reste très en deçà de celle des entreprises privées.

Les personnels se heurtent tout à la fois à l’absence de véritables Directions des Ressources Humaines, à la faible marge de manœuvre d’une autorité préfectorale qui ne peut guère se singulariser du reste de l’appareil d’Etat, même pour des mesures innovantes et positives.

La Fédération CFDT INTERCO, qui regroupe les salariés des fonctions publiques d’Etat et collectivités territoriales, se verra confier l’ensemble du dossier, afin que des propositions puissent émerger au niveau national.

Le souhait initial de la Préfecture de l’Isère de voir ce travail intégré au schéma directeur régulant le fonctionnement des services et les prestations aux usagers est une très bonne base de départ, sur laquelle la section syndicale va s’appuyer pour faire des propositions concrètes.

Toutefois, l’absence de calendrier et la fin de l’étude risque de coïncider avec un classement du dossier synonyme de total immobilisme, la section CFDT ne pouvant lutter seule contre sa hiérarchie, on comprendra que la marge de manœuvre est désormais des plus étroites sur ce dossier.