Le choix de la Préfecture de l’Isère illustre parfaitement les difficultés rencontrées sur ce chantier, à savoir que la fonction publique d’état montre aujourd’hui de sérieuses difficultés à reconnaître qu’elle puisse être concernée par la problématique des discriminations raciales au travail.
Dans un pays habitué à voir les représentants de la sphère publique vilipender régulièrement le monde de l’entreprise accusé de tous les maux, cette logique, pas toujours infondée au demeurant, conduit toutefois à plusieurs dérives significative, dont celle de considérer l’espace public comme imperméable à la critique.
Alors même qu’elle abrite dans ses murs la COPEC et instruit les demandes d’asile et de naturalisation, la Préfecture en Rhône-Alpes paraît interloquée, et rapidement méfiante, voir hostile, dès lors qu’elle devient sujet d’étude et non pas témoin du travail des autres.
Très tôt, les sections CFDT interrogées ont souligné tout à la fois le très grand intérêt et l'espoir, qu’une telle étude puisse se faire, mais également la grande difficulté à impliquer réellement l’entourage des préfets.
Alors que du côté de Lyon, la réponse était catégorique, elle prenait un tour plus classique à Chambéry ou l’on pratiquait la politique de la chaise vide au grand damne d’une section syndicale intéressée mais résignée.
Ce fut donc du côté de Grenoble, et au terme d’un marathon sur plus de 14 mois que l’étude allait pouvoir être conduite par une équipe d’ISM CORUM dont on relèvera la grande patience et pugnacité.
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La CFDT regrette naturellement cette situation, la frilosité de certains décideurs contrastant avec l’approche pragmatique de la sphère privée, mais dans un contexte syndical difficile, elle a pu compter sur l’appui sans faille d’une section concentrée autour du très symbolique Bureau des Etrangers.
Ainsi, après de trop nombreuses tergiversations et retard, l’étude a pu être conduite et précise une situation par trop négligée ces dernières années.
La CFDT considère que les agents publics sont très largement victimes des incohérences et contradictions des politiques actuelles dans le domaine des discriminations. Pris en otage entre une hiérarchie rigide et des circulaires souvent contradictoires, la profession souffre énormément de cette situation, laquelle explique grandement certains mécontentements et frustrations qui émergent au fil des dialogues.
Alors que la préfecture constituait pour nous le second chantier proposant une hiérarchie très présente et structurante, force est de reconnaître que l’impression laissée est mitigée. Alors que sur les autres chantiers, les interlocuteurs que l’on supposera majoritairement moins instruits, ont rapidement compris l’intérêt du projet, et attendu une aide concrète et positive, la direction de la préfecture (chefs de services) à l’exception d’un Secrétaire Général sans équivoque, n’ont pas manifesté d’intérêt et pris visiblement la démarche comme une corvée supplémentaire pour eux.
Préfecture : les constats en matière de discrimination raciale
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