Programme européen Equal de lutte contre

les discriminations raciales et sexistes dans le travail

 

 

Les travailleurs saisonniers dans les stations de sports d’hiver :

Diagnostic

Jacques BAROU

 

A - Une population globalement discriminée

 

 

Il existe déjà plusieurs travaux de qualité à propos des saisonniers dans les stations de sports d’hiver. Il s’agit principalement de « littérature grise » résultant de commandes publiques motivées par une volonté de mieux connaître la situation des travailleurs saisonniers afin d’améliorer celle-ci. De telles commandes sont déjà révélatrices d’une inquiétude quant aux conditions de vie, de travail et d’hébergement des travailleurs saisonniers du tourisme, inquiétude liée à la remontée diffuse d’informations attestant de sérieuses inégalités en termes de droit du travail affectant ce type de travailleurs.

 

Le travail saisonnier est défini au niveau de la réglementation européenne par le règlement n°1408171 du 14/06/71. En France, la législation la plus récente est la circulaire DRT n° 90-12 du 30/10/90. Il semble qu’il y ait pourtant encore beaucoup à faire pour améliorer la législation et surtout faire mieux appliquer celle déjà existante. C’est le constat de nombreux rapports sur la question du travail saisonnier.

 

Le travail le plus synthétique sur la question est le rapport présenté par M. Anicet Le Pors, conseiller d’Etat en janvier 1999 en réponse à la mission qui lui avait été confiée par le Secrétariat d’Etat au tourisme : «Propositions pour l’amélioration de la situation sociale et professionnelle des travailleurs saisonniers du tourisme».

 

Nous reprenons ici, les principales conclusions de ce travail de manière à préciser le cadre global dans lequel il est possible d’agir au niveau de la population des saisonniers et plus particulièrement dans le domaine de la lutte contre les discriminations raciales ou sexistes à l’embauche ou dans la gestion des carrières.

 

Le rapport constate tout d’abord que le tourisme est une activité qui connaît une forte croissance et génère de nombreux emplois. Le taux de croissance de l’activité touristique en Europe a été de + 1700 % entre 1950 et 1995 pour ce qui est du nombre de visiteurs et de 16500 % pour ce qui est du volume des recettes. Les potentialités de création d’emploi dans ce secteur sont malheureusement freinées par les conditions de travail offertes aux saisonniers. Bien qu’exerçant leur activité dans un secteur moderne et dynamique, ils n’en partagent pas moins les problèmes communs à tous les travailleurs en situation de précarité.

 

Ce rapport opère ensuite une distinction entre les saisonniers professionnels qui sont souvent des «pluriactifs» et les saisonniers occasionnels, de loin les plus nombreux, qui représentent 60 % des 420 000 personnes concernées sur l’ensemble de la France par l’activité saisonnière liée au tourisme et aux activités connexes qu’il génère.

Ces derniers sont les véritables «prolétaires des temps modernes». Le rapport constate que le droit du travail, tel qu’il existe, ne s’applique que de manière très inégale dans le secteur. Les infractions au code du travail sont nombreuses et le travail illégal est très répandu. Plusieurs dispositions législatives n’ont jamais connu le moindre début d’application. Tout ceci est aggravé par la faiblesse des moyens de contrôle de l’inspection du travail et par une organisation professionnelle peu cohérente ainsi que par une représentation syndicale insuffisante.

 

De ce fait, l’auteur fait le constat que le travail saisonnier débouche souvent sur le travail clandestin. Celui-ci n’est pas facile à repérer en raison de la multiplicité des petits employeurs qui ont des besoins en main d’œuvre pour des périodes souvent très limitées et des pratiques de dissimulation auxquelles les saisonniers participent aussi. Au cours de nos enquêtes sur place, nous avons trouvé souvent des saisonniers, déclarés pour un travail à mi-temps dans un secteur et travaillant, sans être déclarés pour un autre mi-temps dans un autre secteur. Le travail totalement clandestin impliquant des étrangers en situation irrégulière du point de vue du séjour est par contre devenu plus difficile à mettre en place depuis que des sociétés d’intérim qui pratiquaient ce genre d’embauche ont été identifiées et condamnées.

Quoiqu’il en soit, le travail clandestin continuera d’exister tant que les conditions de travail demeureront marquées avant tout par la précarité.

 

Afin d’améliorer une telle situation, le rapport Le Pors prône d’abord une meilleure formation des travailleurs saisonniers tout en reconnaissant la difficulté de la chose dans un secteur où les petites et moyennes entreprises sont très nombreuses. De ce fait les saisonniers peuvent difficilement bénéficier de l’A.F.R (Allocation Formation Reclassement) ou du CIF CDD (Congé Individuel de Formation) car l’octroi de telles formations se fait en fonction d’un temps travaillé assez important. Le regroupement d’employeurs paraît une solution à mettre en place pour parvenir à un tel objectif. Il insiste par ailleurs pour que soit créée une nouvelle législation qui permettrait aux travailleurs saisonniers de bénéficier de meilleures conditions de logement, d’une meilleure protection médicale et d’une protection sociale plus importante.

 

Avant tout, il recommande la mise en place de réseaux d’information accessibles à tous et l’organisation du dialogue social entre les partenaires concernés sous l’impulsion des représentants locaux de l’Etat.

 

Si nous avons repris ces conclusions tirées d’un rapport traitant le sujet du travail saisonnier dans le tourisme au niveau national, c’est parce qu’elles correspondent de très près aux observations que nous avons pu faire directement dans le cadre du projet Equal à propos des saisonniers dans le secteur des stations de sports d’hiver en centrant celles-ci sur la Tarentaise et le domaine des «portes du soleil» à Morzine et Avoriaz.

 

Nous avons pour cela utilisé les documents déjà existant (voir bibliographie en annexe) et nous avons réalisé quelques enquêtes complémentaires pour identifier les problèmes plus particuliers à ces deux secteurs.

 

Au niveau du profil des populations, il apparaît qu’il n’y a pas un seul type de travailleur saisonnier dans les stations mais plusieurs. La principale division passe entre les locaux et les extérieurs. Les locaux, en général des pluriactifs exerçant le reste de l’année une activité artisanale, commerciale ou agricole connaissent la situation la plus avantageuse. Ils sont bien insérés dans la société locale et ne rencontrent pas ou peu de problème au niveau du logement. Ils semblent en position de quasi-monopole pour l’accès aux métiers «nobles» des stations : moniteurs de ski, pisteurs, agents des remontées mécaniques. Les non locaux sont essentiellement orientés vers les activités de commerce, d’hôtellerie et de restauration qui sont de loin celles qui fournissent le plus grand nombre d’emplois. Les emplois liés au ski leur sont plus difficilement accessibles. S’il y a une discrimination dans l’accès à l’emploi, elle passe d’abord entre les locaux et les extérieurs. Ces derniers ne constituent pas une population uniforme. Sur l’ensemble du département de la Savoie, ils seraient près de 20 000. Leur répartition diffère d’une zone à l’autre. En Maurienne, zone de stations familiales où les activités agricoles restent encore importantes, les locaux représentent 50 % de la main d’œuvre saisonnière alors qu’en Tarentaise, zone de grandes stations avec une importante clientèle internationale, ils n’en représentent que 38 %.

 

Les gens venus de l’extérieur représentent donc l’essentiel de la main d’œuvre saisonnière dans les secteurs les plus dynamiques. Parmi eux, on peut distinguer des itinérants qualifiés, en général plus âgés, mieux payés et plus à même de solutionner leurs problèmes de logement, de transport et de vie sociale dans les stations. Mais la majorité des saisonniers venus de l’extérieur est composée de jeunes en situation précaire. Faiblement qualifiés, ils gagnent souvent moins que le SMIC, ne disposent que de faibles protections sociales et ont beaucoup de mal à se loger dans des conditions décentes sauf à consacrer l’essentiel de leurs gains au logement. Les possibilités de formation et de promotion professionnelle qui leur sont offertes sont faibles. Ils sont souvent victimes d’entorses graves au droit du travail de la part de leurs employeurs. Les visites que nous avons faites dans certaines stations en compagnie de syndicalistes ont déclenché de nombreuses demandes d’appuis de la part de saisonniers victimes de licenciements abusifs avant la fin de saison sous des prétextes fallacieux. Plusieurs témoignages permettent de prendre très concrètement la mesure des entorses au droit du travail qui existent dans ce milieu et contre lesquelles les possibilités de recours sont limitées. Il n’y a que deux inspecteurs du travail pour toute la Tarentaise. La présence syndicale est épisodique et souvent les saisonniers en conflit avec leur employeur préfèrent ne pas s’engager dans une action juridique alors qu’ils savent devoir quitter rapidement la région. Les plus chanceux parviennent à changer d’employeurs en cours de saison ou réussissent à régler le conflit à l’amiable. D’autres, plus malheureux se retrouvent parfois privés de ressources et de logement, contraints même de faire appel à l’aide sociale locale pour pouvoir financer leur retour chez eux.

 

Les conditions de travail très dures qu’ils connaissent ne leur ouvrent que peu de perspectives d’insertion sociale locale. Ils forment un microcosme n’entretenant que peu de relations avec les locaux et la clientèle des stations. Ils sont souvent affectés par des pathologies qui traduisent la précarité de leur situation (toxicomanie, alcoolisme, stress). Ce sont là les conduites habituelles de compensation qui permettent illusoirement de «tenir le coup» jusqu’à la fin de la saison. Il se trouve toujours sur place des « fournisseurs » pour les aider à s’étourdir. Quelques réseaux de dealers s’immiscent au sein de cette population, sachant qu’il y a là un marché « porteur ». Plus grave sans doute, certains employeurs proposent aux saisonniers des tarifs réduits dans les bars et les boîtes de nuit, les poussant ainsi à la consommation afin de reprendre par ce bais une partie de ce qu’ils leur versent en salaires.

On observe aussi parfois des phénomènes de délinquance. Dans certaines stations particulièrement huppées comme Courchevel, la proximité entre des travailleurs saisonniers vivant dans une certaine précarité et une clientèle issue de la « jet-set » qui étale sa richesse sans retenues amène souvent le passage à l’acte. Les vols commis dans les grands hôtels au détriment de la clientèle par les employés saisonniers sont assez fréquents selon la gendarmerie locale qui reconnaît par ailleurs que tout est fait pour susciter les tentations.

 

Les conditions de logement difficiles que connaissent les saisonniers entraînent aussi de temps à autres des conduites agressives. Un meurtre a été commis il y a un an dans une grande station de Tarentaise à la suite d’une querelle entre deux personnes obligées de partager le même logement particulièrement réduit et inconfortable.

Ces faits divers ne se produisent pas avec une fréquence anormale si l’on tient compte des conditions de vie locales. Mais ils contribuent à amplifier l’image négative des saisonniers auprès des employeurs et à renforcer ainsi la bonne conscience avec laquelle ils leur imposent des conditions de travail sortant de ce qui est admis par le droit. Pour certains employeurs locaux représentatifs d’une certaine mentalité montagnarde « dure au labeur et âpre au gain », les saisonniers sont «une nuisance» hélas nécessaire. Il leur est reproché leur faible investissement dans le travail, leur manque de sérieux et de discipline. Si en plus des conduites délictueuses et asociales sont observées chez certains, cela conforte les a priori défavorables.

 

Il est vrai que pour certains jeunes, le travail saisonnier est avant tout un moyen de vivre quelques mois en station. Les amateurs de glisse et d’ambiance festive ne cherchent pas à acquérir une expérience professionnelle susceptible de leur permettre d’amorcer une carrière dans le secteur mais voient avant tout le travail saisonnier comme un moyen de vivre leur passion. Ce désinvestissement affectif et psychologique par rapport au travail et au profit du temps libre n’est pas un phénomène propre à la population des jeunes saisonniers. Il est le résultat de tendances sociologiques «lourdes» qui affectent l’ensemble du rapport de la population au travail depuis que la précarité croissante ne fait plus de celui-ci le principal vecteur de réalisation de soi. Mais dans le cadre de l’activité saisonnière dans les stations de sports d’hiver le contraste entre le travail, souvent pénible, non qualifiée et précaire et les activités de loisirs hautement valorisées qui se déroulent en parallèle est encore plus visible. Cela contribue à générer chez certains jeunes des comportements « d’amateurisme » par rapport à l’emploi et cela leur donne auprès de certains employeurs une image de travailleurs peu sérieux et peu motivés dont le traitement discriminatoire se trouve ainsi indirectement légitimé.

 

Malgré les efforts entrepris depuis quelques années pour améliorer les conditions de vie des travailleurs saisonniers, notre enquête nous a permis de conclure à la persistance de représentations négatives qui produisent des rapports difficiles entre employeurs et employés. Dans ce contexte, la mise en place d’actions visant à faire accepter par les employeurs des publics marqués par des origines différentes et par une réputation encore plus sulfureuse s’avère une tâche lourde et complexe mais d’autant plus nécessaire.

 

 

B - Les discriminations à caractère racial et sexiste

 

On peut qualifier les saisonniers de population globalement discriminée en raison des conditions de travail et de vie qui sont la plupart du temps les siennes dans les stations. Ces conditions de vie qui ne répondent souvent pas aux exigences du droit du travail sont dues non seulement à la particularité de l’activité dans ce secteur mais aussi à l’image négative entretenue à propos des saisonniers venus de l’extérieur. On observe toutefois que les discriminations n’ont qu’un faible contenu racial et sexiste. Quelles en sont les raisons ?

 

Il y a d’abord parmi les saisonniers très peu de jeunes issus de l’immigration. C’est là une constatation empirique mais elle est partagée par tous les acteurs en contact avec la main d’œuvre des stations : syndicats, agents de l’ANPE, gendarmerie, élus locaux. On peut s’interroger sur les raisons de cette absence dans un secteur d’activité qui est tout de même proche de plusieurs grandes agglomérations, comme Lyon, Grenoble, St Etienne, Annecy ou Chambéry où vit une population importante de jeunes issus de l’immigration, souvent peu qualifiés et touchés par le chômage dans des proportions plus de deux fois supérieures à ce que l’on observe en moyenne pour les membres des mêmes classes d’âge. L’activité générée par le tourisme hivernal pourrait offrir à ces jeunes l’opportunité d’une première expérience professionnelle correspondant bien à leur faible niveau de qualification. Pourquoi ne les rencontre-t-on donc si rarement dans les stations ?

 

Il y a d’abord l’existence de filières d’embauche qui correspondent à une organisation du travail saisonnier dans une logique de complémentarité d’activités. La plupart des saisonniers viennent de régions littorales où l’activité saisonnière est importante pendant la période estivale. Il s’agit surtout de gens en provenance des régions ouest : Bretagne, Vendée, Aquitaine. Il y a beaucoup moins de personnes provenant des stations du littoral méditerranéen. On trouve parmi ces migrants de l’intérieur peu de jeunes Français issus de l’immigration étrangère récente originaire du Maghreb, d’Afrique noire ou de Turquie. La population immigrée provenant de ces zones est en effet peu nombreuse dans l’ouest de la France et en particulier dans les petites stations balnéaires du littoral.

 

Est-ce parce que les jeunes de la région Rhône-Alpes ne peuvent pas compter sur une activité saisonnière estivale dans le secteur du tourisme sans devoir partir à nouveau de chez eux qu’ils semblent si peu intéressés par le travail dans les stations de sports d’hiver, pourtant beaucoup plus proches d’eux que des jeunes de Bretagne ou de Vendée ?

 

En fait, les filières de migration saisonnière depuis l’ouest se sont constituées depuis longtemps. L’information sur les possibilités d’embauche dans les Alpes circule dans ces régions par le bouche à oreilles. Même si ce ne sont pas toujours les mêmes personnes qui reviennent d’une saison sur l’autre, ce sont des proches ou des voisins de ceux qui ont déjà eu une expérience de ce type de travail. Il n’existe pas dans les grandes agglomérations de Rhône-Alpes le même type de circulation des informations. Il y a même au contraire une mauvaise réputation du travail dans les stations de ski. C’est tout au moins ce que l’on peut constater auprès de familles immigrées résidant en Savoie interrogées dans le cadre de cette enquête. Les rumeurs sur les pratiques de « défonce » d’ivrognerie et de sexualité débridée qui seraient celles des jeunes saisonniers dans les stations se colportent parmi les familles maghrébines qui vivent à proximité, avec toutes les déformations et les exagérations propres aux phénomènes de rumeurs. Pour ces familles, il ne serait guère souhaitable que les fils et a fortiori les filles puissent travailler dans de telles ambiances.

 

On peut également faire l’hypothèse que ce type de travail, connu pour être précaire, pénible et mal payé, n’a pas auprès des enfants d’immigrés une image très attractive. Ceux-ci sont souvent marqués négativement par l’exemple paternel : celui de l’ouvrier faiblement qualifié qui a du toute sa vie se contenter d’un travail dévalorisant.

 

Mais il y a aussi des raisons externes à la faible présence de cette population dans les stations. Les employeurs qui, eux aussi, fonctionnent beaucoup à partir de rumeurs et représentations négatives ne font rien pour attirer ce type de main d’œuvre qui leur semble cumuler tous les défauts attribués aux jeunes travailleurs non qualifiés : absence de compétence, manque de sérieux au travail, indiscipline, voire malhonnêteté…

 

Même si nous n’avons pas rencontré au cours de ce travail des situations flagrantes de discrimination raciale à l’embauche, nous avons trouvé, tant au niveau de l’Union locale CGT de Moutiers que de l’ANPE d’Albertville quelques témoignages qui, sans relever de discriminations avérées soulignent pour le moins les réticences des employeurs à accepter du personnel aux origines visiblement trop différentes. Deux personnes d’origine maghrébine qui avaient des prénoms et des noms pas spécialement révélateurs de leur ascendance se sont vues, pour la première refuser le poste au moment de l’entretien d’embauche et pour la seconde être orientée vers un poste beaucoup moins qualifié que celui pour lequel elle avait postulé. Il faut noter que ces deux personnes avaient auparavant reçu une réponse prometteuse à leur lettre de candidature. Dans les deux cas, elles ont tout de même pu être embauchées finalement à leur niveau de compétence mais après bien des démarches.

 

Pour ce qui est de la population saisonnière de nationalité étrangère, les divers travaux consultés l’évaluent aux environs de 5 % des effectifs. C’est une population surtout présente parmi les métiers les moins qualifiés de l’hôtellerie et de la restauration, donc peu visible. Il y a quelques cas de personnel étranger plus qualifié mais pas dans des situations d’emploi particulièrement claires. On signale des cas de touristes russes qui viennent avec leurs propres moniteurs de ski. Ces derniers travaillent de façon irrégulière et concurrencent l’école du ski français, seule habilitée à délivrer des diplômes reconnus et à employer des moniteurs.

 

En dehors de ce cas particulier qui ne recouvre qu’une faible partie de la population saisonnière, on trouve essentiellement deux importants employeurs de salariés étrangers. Tout d’abord, le Club Méditerranée, premier hôtelier des Alpes dispose de ses propres filières de recrutement qu’il a mises en activité après avoir connu quelques problèmes avec des entreprises intérimaires sous-traitantes qui faisaient appel à du personnel étranger en situation irrégulière. Il y a deux ans, un petit scandale avait touché la station de l’Alpe d’Huez où des ouvriers d’entretien de nationalité comorienne en situation irrégulière travaillaient pour le Club Méditerranée à travers une société d’emploi temporaire. La responsabilité du Club Méditerranée n’était pas engagée mais il a bien sûr été éclaboussé par l’affaire.

 

Depuis il organise la venue dans les stations de personnel qu’il emploie en saison estivale dans ses propres villages-vacances du Maroc et de Tunisie. Ce personnel est dirigé vers les emplois d’entretien et de service et n’a donc que peu de possibilités d’évolution promotionnelle. Il est peu en contact direct avec la clientèle. Il lui est même interdit de fréquenter les lieux où celle-ci est présente, en particulier les bars et autres lieux de détente. Disposant de contrats sur la base de la législation française, ce personnel parvient en une saison à réaliser d’importantes économies par rapport au pouvoir d’achat de son pays d’origine. Son profil est très différent de celui de la majorité des saisonniers faiblement qualifiés qui travaillent dans le secteur de l’hôtellerie. Il s’agit de personnes plus âgées, des hommes pour l’essentiel ayant souvent des charges familiales importantes au pays. Ils vivent sobrement et discrètement, souhaitant avant tout repartir chez eux avec une épargne conséquente. Ils sont donc enclins à se contenter des conditions de vie qui leur sont offertes et à ne pas chercher à participer à la vie sociale dans les stations.

 

Il existe d’autres filières de recrutement organisées par les tours-opérateurs étrangers en particulier britanniques. Il s’agit d’un personnel « délocalisé » qui fonctionne selon des contrats correspondant au droit du travail dans le pays de départ. Personnel jeune dans l’ensemble, il semble connaître une situation souvent aussi précaire que le personnel des saisonniers français les moins qualifiés et les moins insérés.

Cela peut représenter une population numériquement importante. A Méribel, plus de 200 chalets et un nombre important de bars, hôtels et restaurants sont exploités par des tours-opérateurs britanniques. Ils seraient au nombre de 56 dans cette seule station. Depuis l’Angleterre, ils vendent aux amateurs de neige des « packages » comprenant transport, logement en chalets ou en hôtels avec pension ou demi-pension, cours de ski et une foule d’autres services allant de la garderie d’enfants aux navettes faisant la liaison avec les pistes. Pour assurer ces prestations de nombreux saisonniers britanniques débarquent chaque hiver dans les stations, principalement en Tarentaise. Le phénomène a pris de l’ampleur après les jeux d’Albertville en 1992. Les saisonniers britanniques ont pour la plupart entre 20 et 25 ans. Ils sont « chalet boys » lorsqu’ils assurent le ménage et le couvert dans des chalets loués à des familles anglaises. Ils sont aussi cuisiniers, barmen, baby-sitters, animateurs de boîtes de nuit. Selon un reportage réalisé en 2001 pour le quotidien Libération (voir bibliographie), tous les contrats de travail de cette main d’œuvre sont britanniques puisque le droit communautaire prévoit la possibilité pour une entreprise de l’UE de détacher du personnel dans un autre pays dans le cadre d’une prestation de services. Les salaires étant en Grande-Bretagne cinq fois moins chargés qu’en France, les employeurs gagnent beaucoup à cette formule. Les saisonniers par contre ne gagnent que l’équivalent du Smic ponctionné de déductions de nourriture, de logement ou de prêt de matériel de ski. Il leur resterait en moyenne autour de 150 € par semaine. Plus encore que pour les jeunes Français, la compensation à ce travail pénible et mal payé réside dans la possibilité de skier le jour et de fréquenter boîtes et bars la nuit. On trouve chez les jeunes Anglais une fréquence encore plus grande des conduites à risques et des pathologie du milieu des saisonniers. L’isolement dans lequel ils vivent par rapport au monde des stations ne rend pas facile une intervention sociale à leur niveau. De la même manière, il est encore plus difficile à l’inspection du travail de contrôler des employeurs dont l’adresse officielle ne se situe pas en France.

On a là un système de discrimination interne au fonctionnement des tours opérateurs britanniques dans lequel il est difficile de pénétrer pour les autorités françaises et pour les acteurs syndicaux engagés dans les actions contre les discriminations.

 

Si les discriminations raciales sont peu évidentes à mesurer dans l’univers du travail saisonnier, les discriminations sexistes le sont tout autant.

 

On constate toutefois que, globalement, les femmes sont moins nombreuses dans le travail saisonnier en stations et qu’elles sont sous représentées dans les secteurs les plus intéressants.

 

Une étude sur le département de la Savoie (C.Gachet, IEP Grenoble, 2001) a évalué de la manière suivante la répartition sexuelle dans les divers secteurs :

Sur 21 506 saisonniers dénombrés par la Préfecture de Savoie à partir des statistiques fournis par la direction départementale du travail on trouve la répartition suivante :

Commerce :                           1 906 hommes, soit 43 %

                                               2 522 femmes, soit 57 %

Hôtellerie :                             8 536 hommes, soit 57,11 %

                                               6 408 femmes, soit 42,88 %

Remontées mécaniques :     1 543 hommes, soit 72,30 %

                                                  591 femmes, soit 27,69 %

 

Dans l’ensemble près de 56 % des saisonniers sont des hommes. Ils sont en général plus âgés : 33 % d’entre eux ont moins de 35 ans contre 45 % chez les femmes. Les hommes sont plus souvent bénéficiaires d’un C.D.I. Le secteur des remontées dans lequel ils sont de loin les plus nombreux est le secteur où l’ancienneté est la plus élevée et où le turn-over est le plus faible avec la proportion la plus élevée de bénéficiaires de réembauche prioritaire.

Les femmes sont pourtant dans l’ensemble plus qualifiées.

 

A quoi tiennent donc de telles inégalités ? La moyenne d’âge plus jeune des femmes tend à indiquer qu’après un certain âge il leur devient difficile de chercher du travail dans les stations. On observe que, de manière générale, il n’y a que très peu de services pour la petite enfance en dehors des garderies relativement coûteuses réservées de fait aux touristes. Une femme qui a de jeunes enfants à charge peut donc difficilement concilier travail et vie de famille en station. Les difficultés à bénéficier, sans avoir à payer des loyers exorbitants d’un logement disposant de tout le confort et de toute la place voulue pour l’accueil d’enfants achève de décourager les jeunes mères qui pourraient travailler dans les stations. Du fait de leur moindre ancienneté, les femmes se voient plus souvent exclues des possibilités promotionnelles qui existent dans l’univers du travail saisonnier. Le passage d’un emploi de serveuse à un emploi de maître d’hôtel ou du secteur du commerce au secteur des remontées mécaniques que certains hommes parviennent à réaliser au fil du temps est beaucoup moins évident chez les femmes qui sont obligées d’interrompre plus tôt leur carrière dans le travail saisonnier.

 

Ce problème d’inégalité sexuelle ne pourrait être résolu que dans le cadre d’un action globale d’amélioration de la condition des travailleurs saisonniers qui prennent en outre en compte les besoins spécifiques des femmes en offrant les équipements nécessaires permettant d’assurer la garde et l’hébergement des jeunes enfants. La lutte contre les discriminations à caractère racial passe aussi par une amélioration des conditions de travail de la main d’œuvre saisonnière dans son ensemble mais il faudra en plus faire preuve d’un certain volontarisme pour ouvrir ce secteur à une main d’œuvre qui pour l’instant en est plutôt tenue à l’écart.

 


 

C - Identification d’initiatives et de partenaires possibles

 

Localement, on observe un mouvement de prise de conscience de la difficile situation des saisonniers dans les stations. Des initiatives sont prises par les municipalités en particulier au niveau du logement comme à Morzine pour offrir aux saisonniers des conditions d’habitat à la fois correctes et d’un niveau de loyer acceptable. Les organismes HLM interviennent aussi à travers les «maisons de saisonniers» qui n’offrent pas seulement des possibilités d’hébergement mais aussi un lieu d’accueil et d’information. Une visite que nous avons faite à la maison des saisonniers de Tignes a permis de rencontrer plusieurs saisonniers qui étaient en situation de conflit avec leur employeur et qui ne savaient trop auprès de qui chercher aide et conseil. La diffusion d’informations de la part des syndicats de salariés peut se faire à partir de ces lieux qui peuvent aussi abriter des permanences susceptibles d’apporter l’indispensable appui en termes de droit du travail. Il s’agit là d’un élément qui peut participer directement à la lutte contre les discriminations qui touchent de fait l’ensemble des saisonniers en situation précaire. Des initiatives associatives existent comme celle prise à Val d’Isère pour faciliter le contact entre population locale et saisonniers et concourir ainsi à une meilleure insertion sociale de ces derniers. En particulier, ces initiatives ont permis de favoriser des rencontres avec les saisonniers anglais, vivant jusque là à l’écart de la société locale.

 

D’autres initiatives ont été évoquées pour faciliter la promotion des salariés et leur passage au statut de chef d’entreprise. De nombreux fonds de commerce vont se retrouver à la vente dans quelques années. Les informations fournies par l’Union des Professions Artisanales, partenaire du projet, laissent à penser qu’à un horizon de cinq ans, près du tiers des commerces de détail du département de Haute-Savoie va se trouver à la vente et risque de fermer faute de repreneurs. Les candidats à la reprise ne devraient plus être exclusivement des «locaux». L’information devrait circuler auprès de publics assez variés pour que l’acquisition de ces fonds puisse être proposée à des candidats vivant dans toute la France et de toutes origines.

 

Pour ce qui est de la lutte contre les discriminations raciales, des initiatives ont été prises pour proposer du travail dans les stations à de jeunes chômeurs vivant dans les banlieues des grandes agglomérations, ceci en dehors des actions d’insertion menées habituellement par les missions locales en faveur des jeunes en situation précaire.

 

La première de ces initiatives a été prise par deux organismes créés autour des Jeux olympiques d’Albertville pour orienter les jeunes vers le travail saisonnier. L’ALPIES (Association Lyonnaise Pour l’Insertion par l’Emploi Saisonnier), créée en 1991 avant le début des J.O s’est donnée pour objectif de fournir aux jeunes des banlieues lyonnaise et stéphanoise une première expérience du travail à travers un emploi saisonnier en station. La BEEFT (Bourse européenne emploi et formation au tourisme) créée un peu plus tard propose des formations en intersaison et organise la mobilité géographique entre différentes zones touristiques d’Europe. Elle édite aussi le journal des saisonniers qui représente un support important d’information et de lien pour ce public.

 

Ces deux organismes ont organisé le recrutement de plusieurs jeunes issus des banlieues lyonnaises pour travailler en station. Venus en petits groupes très encadrés, ceux-ci ont pu se familiariser avec les activités professionnelles existant dans les stations. Une évaluation mériterait d’être faite et diffusée à propos de ces initiatives.

 

Une autre expérience a été réalisée après une intense préparation par l’ANPE d’Albertville en partenariat avec la métropole lilloise. Il s’agissait de faire venir 12 jeunes issus de quartiers défavorisés et de les placer pour la saison chez des employeurs qui s’étaient portés volontaires pour les encadrer et les former en parallèle à leur travail. Chacun de ces jeunes devait avoir un « référent », c’est-à-dire une personne pouvant répondre de lui. Trois réunions ont eu lieu avec les employeurs et les représentants des branches professionnelles pour les préparer à l’accueil de cette population. Certains s’apercevant progressivement qu’il s’agirait pour l’essentiel de jeunes d’origine maghrébine ont renoncé avant le début de la saison. Cinq employeurs ont maintenu leur candidature.

 

Sur les 12 jeunes, 2 ont eu très vite un comportement qui a nécessité leur renvoi immédiat. Les autres ont achevé la saison sans problèmes particuliers. Quatre ont entrepris une formation aux métiers de l’hôtellerie. 2 ont repris des études, un est resté en Savoie et cherche à retravailler. Les autres sont retournés chez eux sans rien faire de particulier. Le bilan n’est donc pas négatif. Du côté des employeurs, pour ce qui est tout au moins des cinq qui ont accepté d’embaucher les candidats venus des banlieues, la conclusion aura été que ces jeunes étaient capables de travailler comme la plupart des saisonniers. L’expérience aura eu comme effet positif de banaliser l’image de ce public qui représente pour les employeurs une main d’œuvre potentielle. Il faut espérer que les employeurs qui ont participé à l’expérience diffusent ce type de jugement qui devrait permettre de convaincre leurs collègues.

 

Il y a eu tout de même une préparation assez lourde avec plusieurs réunions entre employeurs, représentants de branches professionnelles et agents de l’ANPE et deux mois d’adaptation et de préparation pour les jeunes. Les employeurs les plus à même de mener ce genre d’expérience sont les structures gérant des villages vacances qui ont souvent à l’origine une certaine vocation sociale. Il paraît impensable d’imaginer y impliquer de petits employeurs où le personnel manque de disponibilité pour assurer le suivi des jeunes et où le rythme de travail est trop intense pour une population qui vit sa première expérience de travail. Le succès relatif de cette expérience tient surtout à l’implication de l’ANPE locale et aux bonnes relations entretenues avec l’équipe qui encadrait les jeunes venus de Lille. Cela résulte d’une interconnaissance qu’il n’est bien sûr pas possible de programmer à volonté. Il faut aussi noter que les jeunes qui auraient pu faire échouer l’expérience par leur comportement négatif ont été éloignés immédiatement. Pour que ce genre d’expérience puisse être concluante il faut que les candidats à l’embauche soient partie prenante de l’opération et qu’ils en acceptent les contraintes. Le résultat n’est pas négligeable. D’un côté des jeunes en situation d’échec découvrent qu’ils sont capables de travailler. D’un autre côté des employeurs découvrent qu’il y a parmi des jeunes dont le stéréotype est négatif une main d’œuvre à laquelle ils peuvent recourir sans plus de risques. Cela élargit l’horizon possible du recrutement et ouvre des perspectives pour ceux qui redoutent la pénurie de candidats à l’embauche dans le travail saisonnier.

A partir de telles expériences, on peut en tout cas enrichir un argumentaire qui démontre qu’une discrimination fondée sur des a priori aboutit à se priver de main d’œuvre.

 

D - Quelles préconisations pouvant nous faire à partir d’un tel diagnostic ?

 

- Poursuivre le travail entrepris avec les syndicats de salariés qui, par le biais de quelques permanences en stations peuvent aider les saisonniers à faire valoir leurs droits et limiter ainsi les abus qui rendent difficiles la condition de ces travailleurs ? Sous quelle forme ?

 

- Etablir un partenariat avec les associations qui se sont constituées dans les stations et qui visent surtout à une meilleure prise en compte des besoins des saisonniers dans la vie locale. C’est par le biais de ces partenaires présents localement que peuvent cheminer les informations sur les situations éventuelles de discrimination.

 

- Mieux connaître la population étrangère employée dans les stations en particulier la population ne provenant pas des pays de l’Union européenne de manière à mieux identifier ses besoins et la faire progresser dans la connaissance de ses droits. Il est possible pour cela de travailler en harmonie avec certains employeurs. Les relations établies avec le Club méditerranée devraient permettre d’avoir accès à la population étrangère qu’il emploie et par ce biais là d’avoir des informations sur la population étrangère « invisible » qui travaille pour d’autres employeurs.

 

- Poursuivre l’action de sensibilisation entreprise à un double niveau. Tout d’abord mobiliser les partenaires agissant auprès des jeunes des quartiers défavorisés pour faire connaître les opportunités de travail existant en saison dans les stations de ski, faire connaître les contraintes et les avantages que ce type de travail peut leur offrir au niveau d’une première expérience susceptible de déboucher sur une formation. Par le biais de l’ANPE et des représentants de branche professionnelles, faire connaître aux employeurs des stations la main d’œuvre potentielle à laquelle ils ne songent pas à recourir en raison de sa réputation négative. Des initiatives prises par l’ANPE d’Albertville sont à reproduire dans le cadre de la région Rhône-Alpes avec une plus grande coordination entre organismes d’insertion et employeurs.

 

- Essayer de créer des possibilités de promotion pour les personnels qualifiés qui ont déjà accompli plusieurs saisons ou pour les personnes qui aspirent à sortir du salariat et qui peuvent disposer des compétences voulues en matière de gestion d’une petite entreprise. Les possibilités de reprise de commerces ou d’activités artisanales doivent être signalées à une échelle très large.

 

La philosophie globale qui doit présider à ces diverses actions peut se résumer à travers l’idée que la lutte contre les discriminations raciales à l’emploi ne peut que s’inscrire dans le cadre d’un effort global d’amélioration des conditions de travail des saisonniers en station, effort qui est lui-même la première condition du maintien de la prospérité d’une activité qui fait vivre dans notre région plusieurs dizaines de milliers de personnes, employeurs comme salariés.


 

Bibliographie

 

 

è Rapports

 

Anicet Le Pors, Propositions pour l’amélioration de la situation sociale et professionnelle des travailleurs saisonniers du tourisme, rapport présenté au secrétariat d’Etat au tourisme et au Ministère de l’Emploi et de la Solidarité, Janvier 1999.

 

Jacques Aberlen, Les conditions de vie et de santé des travailleurs saisonniers du tourisme, rapport du conseil national du tourisme, La documentation française, 1996.

 

DATAR La pluriactivité en France, approche qualitative, janvier 1995.

 

Jean Viard, Réinventer les vacances, la nouvelle galaxie du tourisme. Prospective de la demande du tourisme à l’horizon 2010, La documentation française, avril 1998.

 

Secours catholique de Savoie. Saisonniers de la neige : quel tremplin pour l’avenir, 1992.

 

CFDT Rhône-Alpes . Le logement des saisonniers d’hiver. L’envers du décor. 2002.

 

Chambre de commerce et d’industrie de Savoie. Synthèse du rapport d’enquête sur le logement des saisonniers dans les stations touristiques de montagne. Juillet 2002.

 

Christian Juyaux, Les itinéraires emploi-formation dans le tourisme européen, BEEFT, revue Espace 1991.

 

Lucien Proriol, Les conditions de vie des saisonniers du tourisme, Conseil économique et social de Rhône-Alpes, 1997.

 

CEDADET, L’emploi touristique en Savoie dans les différents secteurs d’activité et dans les petites régions, Délégation au tourisme Rhône-Alpes, juin 1995.

 

CEDADET, Préfiguration d’un observatoire des emplois dans le tourisme en Savoie Délégation au tourisme Rhône-Alpes, septembre 1996.

 

Fondation Abbé Pierre, Les saisonniers : des conditions de vie indignes pour les soutiers du tourisme et de l’agriculture, rapport sur l’état du mal logement 2002, la Documentation française

 

 

è Travaux d’étudiants

 

Sophie Cordel Les saisonniers dans les stations de ski des Alpes du nord, Mémoire de DESS en sciences économiques, Université de Grenoble II.

 

Christelle Gachet Les travailleurs saisonniers des stations de sports d’hiver : bilan et perspectives. Mémoire de DESS ; Institut d’Etudes Politiques de Grenoble, 2001.

 

 

è Articles de journaux

 

Stéphanie Pichon, Le recul du chômage pénalise le marché des emplois saisonniers, Le Monde, 23-24 juillet 2000.

 

Nadya Charvet, Le ski file à l’anglaise, Libération, 20 mars 2001.