Qu'on
cesse de nous dire que les le "toilettage" de notre
code du travail est nécessaire à une relance économique
car les employeurs disposaient de longue date de tous les moyens
d'adaptation nécessaires:
1-
Jamais le "CDI" (contrat à durée indéterminée)
n'a été la garantie d'un emploi "à vie"si
cela avait été le cas nous n'aurions pas plus de
10% de chômeurs à l'heure actuelle,
2-
Le "CDD" (contrat à durée déterminée)
comme les" missions
d'intérim" ont toujours été largement
et souvent abusivement utilisés par les employeurs puisqu'ils
représentent aujourd'hui les 3/4 des emplois créés.
3-
Quant au déplafonnement du nombre d'heures supplémentaires
il visait l'adaptation des moyens de production aux commandes.
Or, précisément, on constate que ces facilités
ne sont pas utilisées.
La
raison en est simple le problème ce n'est pas le Code du
travail que l'on détricote par pure idéologie,
c'est le manque de dynamisme de notre économie qu'aucune
mesure gouvernementale ne traite.
Les observations de Rémi Jouan, secrétaire national de la CFDT , en charge du travail, de l'emploi et des rémunérations, lors de la mise en place du dispositif étaient prémonitoires.
En rapportant l'étude d'économistes sur le sujet ," L'expansion" confirme nos doutes .
CNE
La CFDT, la CFTC , la CFE-CGC avaient donc décidé
d'introduire ensemble un recours auprès du conseil d'Etat
en ce qui concerne le contenu de certaines dispositions des ordonnances
Villepin et notamment à l'encontre de
certaines dispositions relatives au CNE et au chèque emploi-entreprise
dont les dispositions sont attentatoires aux droits des salariés.
L'avis du Conseil d'Etat légitimant le CNE malgré
l'opposition de l'ensemble des centrales ne met nullement fin
à notre contestation.
La confédération dans un communiqué de
presse souligne au contraire que "lavis du Conseil
dÉtat encourage grandement la mise en route de contentieux"
et décide de porter la contestation en ces termes :
"La CFDT invite les sections syndicales, les défenseurs
syndicaux et les conseillers prudhommes à la plus
grande vigilance sur les conditions dapplication de ce contrat
et à prendre toutes les dispositions afin de faire valoir
les droits des salariés chaque fois que ce sera nécessaire."
Il
y a en effet matière à multiplication des contentieux
:
* Si la motivation formelle de la rupture du contrat
de travail n'est plus obligatoire , celle-ci devra cependant être
fournie aux juges prud'hommaux en cas de contestation.
Comme
l'indique le Conseil d'Etat , les conseils des prud'hommes peuvent
imposer à l'employeur de justifier que la "rupture
n'a pas un caractère abusif et n'est pas intervenue en
méconnaissance des dispositions relatives à la procédure
disciplinaire (L122-40
et L122-41 du code du travail ) et de celles prohibant
les mesures discriminatoires (L
122-45 du code du travail)".
Il faudra donc bien - en définitive - que l'employeur s'explique
sur les motifs de la rupture du contrat de nouvelle embauche.
C'est ce qui est confirmé par un groupe de juristes dans
un article du Monde.
* la fragilisation des droits des salariés
pendant toute la durée du CNE n'est donc pas une fatalité
Il
revient aux équipes CFDT sur le terrain de faire en
sorte d'apporter leur aide
à tout salarié dont le contrat aurait été abusivement rompu .
D'autre part les équipes auront à s'assurer que l'embauche de personnels en CNE aboutisse réellement à un emploi en CDI car là encore il y a matière à contentieux prud'homal.
En effet, d'ores et déjà des irrégularités patentes sont observées
L'ordonnance
instituant le CNE, période d'essai de 24 mois , n'est pas
la seule à précariser gravement les salariés
, les conséquences du chèque emploi-entreprise
sont du même ordre .
* suppression de l'obligation de rédiger un
contrat de travail pour les contrats à durée déterminée
Ce système réservé au départ aux associations
introduit dans les entreprises de moins de cinq salariés
le travail à la tâche, dégagé de toutes
les protections offertes par les CDD.
Tout contrat en CDD devait en effet être motivé et
les Conseils de prud'hommes pouvait requalifier un CDD signé
abusivement en CDI .
Avec le chèque emploi-entreprise la fiche de paie fait
office de contrat c'est la porte ouverte à l'emploi
précaire définitif dans les entreprises de moins
de 5 salariés et une nouvelle atteinte au code du travail
article L122-3-1.
Qui plus est , sans contrat, comment un salarié éconduit
au bout de moins d'un mois de travail obtiendra-t-il le paiement
de ses journées effectives de travail ?
Il n'y a plus qu'une solution pour le salarié : se réserver
dès l'embauche les preuves d'un travail effectif dans l'entreprise
....voilà qui va améliorer le climat social ...
Les
dispositions introduites par les ORDONNANCES DE VILLEPIN sont
donc à notre sens aussi contestables qu'inutiles car enfin
on n'a jamais vu une entreprise embaucher si le volume d'affaires
n'est pas en croissance et du point de vue du développement
de l'emploi que fait le gouvernement ?
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SUR LE NET : François Chérèque
dans le monde plaide pour" qu'à tout nouveau contrat
de travail" soit associé "un nouveau contrat
de confiance" passant par une "refondation de nos solidarités
" et une "autre politique fiscale"
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SUR LE NET : Les DRH demeurent sceptiques sur l'intérêt
sur CNE