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EVOLUTION DU CONTRAT DE TRAVAIL ET SECURISATION DES PARCOURS PROFESSIONNELS
UNE INTERVIEW de Patrick Riocreux , Secrétaire régional en charge des questions de l'emploi pour introduire le débat interne à la CFDT

Pourquoi faire évoluer le contrat de travail ?

P RIOCREUX : entendons-nous bien ! nous n’avons aucun à priori. Nous engageons une réflexion à partir du vécu des salariés pour construire une (ou des) revendication CFDT pour réduire les inégalités, la précarité et offrir plus de garanties aux salariés.

Pourquoi ne pas mettre tout le monde en CDI ?


PR : Ce n’est pas si simple ! cela ne résoudrait pas le problème. C’est la position qui est défendue depuis trente ans et le résultat c'est que le CD Idemeure fictivement la norme tandi qu'une multiplicité de contrats ont été créés pour le contourner !



Pourquoi ce n’est pas si simple ?



PR : En trente ans le monde a changé, l’économie a évolué, les entreprises ont dû s’adapter. C’est la multiplicité des contrats qui leur a permis cette adaptation en organisant elle même la flexibilité.


Mais la flexibilité n’est elle pas nécessaire dans une économie globalisée ?.


PR : nous n’ignorons pas les contraintes des entreprises mais nous voulons sortir de la flexibilité subie et imaginer une organisation du travail maîtrisée.


Est-ce que cela passe obligatoirement par une modification du contrat de travail ?



PR : pas obligatoirement mais assurément par la sécurisation des parcours professionnels.



C’est à dire ?



PR : L’idée est de sécuriser les mobilités et les transitions professionnelles, que ce soit dans l’entreprise ou dans les fonctions publiques, entre deux emplois, deux métiers, entre emploi et chômage, entre système éducatif et emploi, entre emploi et retraite, et de mettre en œuvre des dispositifs collectifs pour les organiser.



Et le contrat de travail là dedans ?



PR : Nous avons aujourd’hui une multitude de contrats avec des droits hétérogènes. Une partie d’entre eux  est destinée à répondre aux situations particulières de certains publics (contrats aidés) mais leur utilisation est souvent abusive.
C’est aussi l’utilisation de ces nombreuses formes de contrats qui tient lieu de Gestion Prévisionnelle des Emplois.
Tout cela aboutit dans l’entreprise à des flexibilités imposées unilatéralement et sans maîtrise collective, à un éclatement des statuts qui ne font pas pour autant la démonstration de leur efficacité économique et qui couvrent d’autant moins bien les salariés qu’ils sont dans des situations précaires .



Il faut donc améliorer ce qui existe ?


PR : Nous avons plus d’ambition ! Nous voulons rompre avec un système d’empilement de dispositifs.
Pour nous, l’enjeu n’est pas toujours plus de droits, mais comment les salariés peuvent réellement y accéder selon leurs besoins, dans des conditions nouvelles.
Il nous faut réfléchir à une généralisation de l’accompagnement personnalisé du parcours professionnel.

Les dispositifs existants et les accords sont conçus de façon juxtaposée. Leurs améliorations, notamment vers un décloisonnement restent un enjeu mais ne peuvent tenir lieu à elles seules d’une véritable politique de sécurisation des parcours professionnels. Il faut enrichir le cadre collectif pour rendre possible l’autonomie de l’individu et la construction d’une trajectoire professionnelle, tout en évitant le développement du gré à gré.


Comment mobiliser les salariés ?


PR : Nous devons construire des revendications qui parlent aux salariés pour cela nous devons tenir compte des situations professionnelles concrètement vécues par les salariés c’est dans ce sens que les Sections Syndicales sont mobilisées. Nous devons également préciser sur le plan social et économique le niveau de responsabilité des entreprises.


Donc tout le monde sur le pont ?



 PR : A GRENOBLE nous avons dit qu'un débat interne associant le plus de militants possible était indispensable pour parvenir à rénover le contrat de travail tout en parvenan à en faire un élément clé de la Sécurisation des parcours professionnels.
Débat interne indispensable parce que cette mobilisation de toute la CFDT permettra le rapport de force nécessaire face à un patronat et à un gouvernement qui ont l’habitude de régler ces problèmes sans nous, en ayant recours à des solutions souvent inacceptables.
Mobilisation de toute la CFDT nécessaire aussi parce que l’analyse des contraintes et des inégalités générées par la multiplicité des contrats de travail est à la base des réponses à construire.

 
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