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SERONS-NOUS DES CONSOMMATEURS SOCIALEMENT RESPONSABLES.

dimanche travaillé

Pour éviter la chute de la consommation au cours de la crise 2008 , les grandes surfaces ont proposé de nouveaux services destinés à faciliter notre vie de "consommateur" et donc soutenir, de leur point de vue, la consommation.

A cette fin une législation 2009 a considérablement élargi les dérogations au repos dominical dans la grande distribution. Notre dossier paru à l'époque et que vous pourrez relire, pointait déjà les questions soulevées par l'extension du travail du Dimanche et les réserves que l'on pouvait faire.

Or la commission de L'Organisation Internationale du Travail chargée de l'application des conventions internationale, basée à Genève et composée de représentants des employeurs, des syndicats et des gouvernements vient de rendre son rapport 2011 sur les conditions d'application des conventions internationales et "demande au gouvernement français de poursuivre l'examen avec les partenaires sociaux" de la nouvelle législation sur le travail dominical sur le plan pratique, en tenant compte des considérations tant sociales qu'économiques". Elle relève en effet que le travail du dimanche concernait déjà près de 6,5 millions de salariés en 2008 selon une étude publiée en 2009 par le département statistique du ministère français de l'Emploi (Dares) et qu'on ne peut donc plus parler de dérogations ponctuelles mais bien d'une tendance à la généralisation de l'ouverture des magasins le Dimanche.

Or pour cette commission "l'impact des dérogations sur les travailleurs concernés et leurs familles, ne parait pas avoir été pris en compte ou en tout cas pas au même titre que les considérations économiques".

Dans l'attente d'un réexamen de notre législation c'est à un consumérisme socialement responsable que nous vous invitons à réfléchir car les normes sociales sont souvent ignorées par la grande distribution : la CFDT a mené avec succès jusqu'en cours de cassation diverses actions visant à faire respecter la législation sur les minima salariaux dans la grande distribution aussi bien dans le Rhône qu'en Isère.

Dans ce contexte, les services nouveaux que sont l'ouverture du Dimanche et la généralisation des caisses automatiques peuvent avoir des conséquences néfastes sur les conditions de travail déjà difficiles du secteur.

C'est en effet peu dire que consommateurs et salariés peuvent avoir un avis divergent sur la question du travail du dimanche.

La continuité en fin de semaine de toutes les activités de la filière alimentaire risque d'entraîner celle des activités de livraison et donc de concerner bien plus que l'emploi direct de la grande distribution. Cet effet domino non maitrisable impose de se poser la question des avantages que l'on escompte.

Un sondage réalisé sur une plateforme cédétiste (** source site prud'hommes isère) montre que sur 1022 internautes sondés en leur qualité de salariés, plus des 3/4 refusent de travailler le dimanche s'ils jugent leur salaire mensuel suffisant :

Si mon salaire était suffisant est-ce que je travaillerai le dimanche ?
  • NON jamais
76,13% 778
  • oui si je n'ai pas d'autres obligations
15,36% 157
  • oui si le patron me le demande
8,51% 87
  100,00% 1022

 

Dans le même sondage seuls le tiers des internautes consommateurs se disaient réellement intéressés par l'ouverture des magasins le dimanche. Encore nuançaient-t-ils : près de la moitié d'entre eux souhaitaient que les magasins ne soient ouverts que sur la base du volontariat des salariés dont on sait qu'il est sujet à caution puisque la CFDT est obligée de soutenir des salariés sanctionnés pour avoir fait valoir la clause de volontariat (cf syndicalisme hebdo)

Les pro et anti dimanches travaillés sont par ailleurs d'une force quasi identique 18,88% pour les premiers , 22,50% pour les seconds.

l'ouverture des magasins le dimanche vous intéresse ?
J'irai volontiers faire du shopping le dimanche.  18,88% 33,76% 193
je suis intéressé mais il faut demander aux salariés ce qu'ils veulent faire. 14,87% 152
je n'ai pas d'avis. 8,32% 8,32% 85
je ne suis pas intéressé  mais je suis bien obligé de travailler si le patron me le demande. 8,51% 57,93% 87
En tant que consommateur, je ne suis pas du tout  intéressé par l'ouverture des magasins le dimanche. 26,91% 275
je suis opposé au travail du dimanche par principe et je n'irai pas faire du shopping le dimanche. 22,50% 230
  100,00% 100,00% 1022

Devant le dilemne consommateur - salarié ne peut-on traiter les besoins des salariés qui sont favorables au travail du dimanche d'une autre manière que par la suppression du congé de fin de semaine .

L'ordre des motivations des salariés pour aller travailler le dimanche se révèle le suivant :

  • je travaille à temps plein mais j'ai un petit salaire
31,39%
  • je vais travailler moins parce que c'est mieux payé le dimanche
20,80%
  • je suis étudiant
12,77%
  • je suis à temps partiel
8,03%

On retrouve donc très clairement dans ces réponses la problématique du niveau des salaires et la question du temps partiel subi.

Le travail du dimanche quant à lui provoquerait la perte d'un temps consacré par ordre de priorités : à la famillle, au repos et aux loisirs donc à des activités d'une importance sociale incontestable et qui, indirectement, comme le repos dominical,améliorent la santé des salariés.

 


778 sur 1022 internautes ne veulent absolument pas travailler le dimanche et tant pis pour le "travailler plus pour gagner plus" !

des économies qui coûtent cher aux salariés

pour rester en famille

55,01%

428

pour me reposer

19,92%

155

c'est un jour d'activités de loisirs

15,90%

121

je reçois des amis

1,80%

14

je n'ai pas besoin de travailler plus je gagne bien ma vie donc je garde mon dimanche libre

1,80%

14

n'ont pas donné de raison

5,91%

46

Nombre de réponses d'internautes

100,00%

778

 

Dès lors aller faire ses courses le dimanche en grandes surfaces c'est indubitablement faire un choix de société.

On peut aussi se demander ce que deviendront les marchés dominicaux de nos villes et villages

  • qui distribuent des produits souvent locaux,
  • qui génèrent eux aussi nombre d'emplois que la grande distribution risque par contre de supprimer par le recours massif aux caisses automatiques.

Un article de Marianne2 titrait récemment : "boycottons les caisses automatiques" en précisant que "d’après le magazine LSA,

  • Carrefour devrait installer 600 caisses automatiques dans 125 hypermarchés de l’Hexagone d’ici à la fin 2009, le groupe passera même à 1200 caisses d’ici 2010.
  • Chez Système U, on atteindra les 800 caisses automatiques pour l’été 2009.
  • 500 chez Intermarché.
  • Quant à Auchan, aujourd’hui à la tête d’un pôle de 250 machines, il fait également état de sa volonté de faire une montée en puissance.

et la journaliste de préciser que le calcul est simple : plus de caisses = moins d’emplois" donc moins de frais fixes. Les effectifs devraient donc diminuer de manière drastique dans la grande distribution dans les prochaines années… sauf si des consommateurs socialement responsable décident qu'il doit en être autrement.

"des choix, des actes": Nous avons rarement l'occasion de mettre aussi quotidiennement nos convictions à l'épreuve de l'action , faisons le choix d'une consommation socialement responsable !

POUR EN SAVOIR PLUS : LIRE L'ETUDE FAITE A L'EPOQUE DE LA PARUTION DE LA NOUVELLE LOI