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La prise en charge des personnes âgées, à travers notre rencontre avec Sébastien Benoît

 

 

  • Les politiques mises en œuvre

Précisons que le CANADA a un pouvoir sur les dépenses en matière sociale, à charge pour chaque province de mettre en œuvre sa politique.
Il y a 40 ans, il n’existait au Québec pas de maisons d’accueil pour les personnes âgées, hormis quelques structures gérées par les religieux. A partir de 1970, les besoins deviennent cruciaux.

Des CHSLD sont créés, avec l’introduction de professionnels laïcs. Peu à peu, il y a transfert du religieux au gouvernement. Depuis 1995, des normes plus élevées en terme de qualité d’accueil sont imposées. Peu à peu, le gouvernement a développé de nouveaux services et notamment le maintien à domicile.


  • Le maintien à domicile

La création de 18 agences régionales de santé et services sociaux au Québec vise à offrir à chaque région des services adaptés. Elles développent des structures de proximité afin de gérer au plus près les situations des personnes âgées.

Les CLSC transformés en CSSS jouent ce rôle fondamental. Il faut peut-être préciser qu’historiquement la vie des quartiers reposait sur un lien de solidarité très fort.

Les services offerts vont des soins à l’accompagnement quotidien. Les CSSS contractualisent avec des services communautaires habilités pour tisser l’ensemble des services offerts aux personnes âgées.


  • Les établissements

Sur la région de Montréal, il existe 7 CHSLD (centre hospitalier longue durée). Elle s’adresse à des personnes dont le degré d’autonomie est limité.


Si depuis 1970, une assurance maladie a été créée, il reste que le financement pour la personne hébergée est à hauteur de ses moyens, soit 1500 $ can maximum. Si la personne ne peut pas assurer le paiement, ce sera son conjoint qui pourvoira et si impossibilité financière, l’Etat complète à hauteur de 1500 $ can. C’est un calcul de l’heure/soin par jour fixé à l’admission qui permet d’évaluer le coût de l’hébergement. Précisons que l’accueil des personnes handicapées vieillissantes se réalise également dans les CHSLD.


Vis-à-vis des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, une approche humaniste est mise en place : un accompagnement basé sur la relation, le plaisir, l’empathie, pas de frustration, pas de brutalité. Contrairement aux personnes âgées ayant une déficience intellectuelle où l’approche béhavioriste est développée : un contrat est passé et doit être respecté au risque de sanctions. Il n’existe pas de structures spécifiques pour les personnes démentes. Si des problèmes de comportement apparaissent, la personne est orientée en structure psychiatrique.
Pour chaque personne hébergée il existe un plan de soin adapté à la situation.


  • Les raisons de « creuser cette première approche »
  • La problématique des taux d’encadrement : En effet, chaque centre est autonome pour fixer son taux d’encadrement ainsi que les qualifications des personnels. Ceci bien sûr en lien avec le budget disponible alloué par l’agence régionale de santé et services sociaux. Pour le centre visité ( 150 hébergés pour 350 employés), le taux d’encadrement est de une infirmière et une infirmière auxiliaire pour 50 personnes et un préposé pour 5 à 6 personnes. A noter qu’au niveau de la formation professionnelle, il existe  un budget particulier de 1% de la masse salariale.
  • L’évaluation des besoins est très peu développée sur le préventif, mais plutôt sur le curatif.
  • Au niveau syndical, le syndicat investit plusieurs instances où il siège, entre autre le comité des relations de travail (amélioration des conditions de travail et de la prise en charge) et le conseil multidisciplinaire qui a plus de marge pour intervenir sur la qualité des soins.
  • La réponse aux besoins : Les établissements ne peuvent répondre à toutes les demandes. Deux solutions existent dans l’attente d’une place ; Une intervention lourde des CLSC pour aider la famille ou une hospitalisation de courte durée qui se transforme en longue durée, créant de fait une situation difficile à gérer. Même s’il n’existe pas d’hôpital de courte durée sur le territoire de cet établissement.
  • Les services « repas ; blanchisserie, pharmacie » sont assurés par des prestataires externes à l’établissement.
  • Le développement de structures privées lucratives questionne actuellement la FSSS sur un possible désengagement de la Province au niveau des structures d’accueil personnes âgées.