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La crise vue de Lombardie

Notre région Rhône-Alpes est à quelques centaines de kilomètres de la Lombardie ce qui expliquer les rapports anciens qui unissent la CFDT Rhône-Alpes et la CGIL lombarde. La crise frappe la région lombarde comme la nôtre, le contexte politique y est par certains cotés différents et par d'autres fort proche comme on pourra le constater à la lecture d'extraits de l'intervention du secrétariat général de la CGIL


Sur le contexte politique italien

Nous regardons tous avec une extraordinaire  préoccupation la crise éthique, morale et politique dans laquelle est plongée notre pays. La crédibilité institutionnelle est mise à dure épreuve par des comportements privés d’éthique et par le mépris manifeste des lois et des règles en vigueur de la part de beaucoup et particulièrement et en premier par le Président du Conseil des Ministres.

Le corps de la femme est présenté comme un instrument du pouvoir, la théorie du complot de la Magistrature est évoquée à tout moment.Les fraudeurs sont graciés et les contribuables honnêtes pris en dérision. Nous avons un système qui permet la corruption et les infiltrations des mafias situation niée, ignorée voire même toléré. Ainsi se dégrade l’Etat de droit et on laisse penser que la loi vaut seulement lorsqu’elle défend les intérêts de qui gouverne et donc qu'elle peut être changée à tout moment en altérant les résultats d’un procès ou les règles d’une compétition électorale. Au Président de la République nous renouvelons notre soutien pour son combat pour la défense de la constitution et des règles fondamentales de la démocratie.

De même la CGIL ne manquera jamais de se dresser contre l’offensive de la Ligue du Nord qui tend à créer des divisions territoriales  et générer une culture de haine, de xénophobie et de discrimination envers les immigrés. Le congrès de la CGIL se tient au cœur d’une crise économique et financière sans précédent dans l ‘histoire des dernières décennies.

Sur l'évolution de la crise en Lombardie

En Lombardie la crise se présente particulièrement forte et de longue durée. 

Nous avons assisté à une expulsion des travailleurs précaires immigrés qui avaient des contrats à terme cours sur les deux années 2008-2009.

Au même moment le marché du travail s’est bloqué et nous constaté deux faits : 

  1. une diminution sensible des contrats à temps indéterminé et des embauches avec le contrat d’apprentissage
  2. et au même moment une augmentation considérable des contrats à projets.

En un mot il y a eu augmentation de la précarité dans notre région.

En  2009 le PIB régional a diminué de 4,7 %, le chômage technique a augmenté de 492% pour un total de 273 millions d’heures. Par rapport à la même période de 2009, à février de cette année le recours au chômage technique a augmenté de 232%.

Les licenciements ont augmenté de 89% par rapport à 2008, pendant qu’en janvier 2010 on enregistre une augmentation de 16%.

Les données des premiers deux mois de cette année disent que la crise est dans sa phase plus aiguë du point de vu social. Nous devons chercher à augmenter l’usage des contrats de solidarité comme  signe tangible de notre NON  aux licenciements.

Sur les mesures prises contre la crise en Italie et la critique syndicale de la CGIL

Nous avons maintes fois critiqué le gouvernement sur sa politique que nous jugeons inadéquate pour affronter la crise dont nous connaissons les dimensions.

Il faut une politique industrielle et tertiaire, un projet pour le Sud qui malheureusement se sent oublié, des investissements en innovation et recherche, un plan honnête pour les infrastructures.

  Rien n’est fait pour les problèmes   géologiques d’une vaste zone du pays, mais pire on privatise le réseau hydraulique. Défendre l’eau comme un bien public inaliénable  qui ne doit pas être privatisé signifie défendre non seulement la santé des citoyens mais défendre à travers un système de tarif contrôlé, les conditions économiques d'accès à l'eau des familles, des secteurs industriels et de l’agriculture de notre pays.

Nous appelons la FIAT à assurer ses propres responsabilités à Termini Imerese et sur les productions du groupe sur le territoire national.

Au lieu de construire un projet crédible de relance "de développement et de requalification" d’un pan essentiel pour le développement du pays, on pense à une nouvelle banque qui risque de créer plus de problèmes aux clients. Si l’on pense que l'on peut sortir  de la crise en se basant sur le mix de marché, banques et finance qui nous ont conduits  au troc, on prend un grand risque.

On doit profiter de l’urgence pour trouver de nouvelles règles plus sures parce qu’il faut une discontinuité une vision nouvelle si nous ne voulons pas répéter les erreurs du passé.

La profondeur de la crise et son caractère radical démontrent qu’on ne pourra pas en sortir avec les recettes libérales de Tremonti et de la Confindustria, et pas non plus avec le modèle subsidiaire du Président Formigoni.  

On n’en sortira pas en réduisant les droits des jeunes. Penser que les jeunes de quinze ans peuvent devenir des apprentis au lieu d’étudier est non seulement une attaque au droit d’étudier mais cache une vision archaïque d’une société inégale et perpétue la stratification sociale.

Notre Projet pour le Pays est une alternative à la société décrite dans Livre Blanc du ministre Sacconi : une société moins solidaire, plus pauvre, inégalitaire avec moins droits.

En Italie comme en France une évolution de la fiscalité territoriale

Nous demandons des engagements précis sur le thème du rapport entre la région et les autonomies locales dans le conteste du fédéralisme fiscal à venir.

Il convient d’abandonner l’idée de substituer le centralisme d’Etat par un nouveau centralisme régional.

L’universalité des droits est le principe  auquel on ne peut renoncer et qui doit être à la base de n’importe quel reforme institutionnelle.

Pour réduire la croissante fracture entre le nord et le sud du pays.

  • L’unité  du contrat collectif national du travail,
  • la réforme et l’extension des amortisseurs sociaux comme instruments de tutelle générale et nationale,
  • la définition des niveaux d’assistance universelle,
  • la qualité et le rôle central du système scolaire public,
  • l’accès au service sanitaire national sont les fondements de la tutelle du droit universel dans le pays.

Au niveau de la santé  comme dans les services sociaux sanitaires la Région tend à affirmer  le rôle central  du marché que ce soit de la part de l’offre ou de la demande en pensant que les familles choisissent où s’adresser pour satisfaire leur nécessité et besoins . Nous devons affirmer dans les négociations à tous les niveaux un modèle qui garantit l’exigibilité et l’accès aux droits sociaux à travers un système plus intégré porteur de cohésion sociale et qui prévient et réduit la pauvreté et l’exclusion.

Un bon système des services dépend de son fonctionnement et de l’engagement des travailleurs publics et privés qui y travaillent.