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20 ANS DU CSI


le 3 octobre 2009 à Sarre (Italie)

 

Intervention de Christian JUYAUX.

  • Madame la représentante du Conseil Régional Rhône-Alpes
  • Monsieur le représentant de la Présidence de la Région Piémont
  • Mesdames et Messieurs les membres de l’Eurorégion Alpes Méditerranée
  • Chers Camarades et Amis

En cet anniversaire des 20 ans du CSI des Alpes et de l’Arc Lémanique , la situation économique et sociale de nos régions a beaucoup changé. Aujourd’hui nous vivons dans des économies de plus en plus mondialisées, qui est d’abord la libre circulation des capitaux, des techniques et de l’information par l’intermédiaire des entreprises multinationales dont les chiffres d’affaires sont souvent plus importants que les budgets publics de certains pays.

La crise financière économique et sociale que nous connaissons depuis près d’un an a des répercussions dans les économies de tous les pays et des effets sociaux dans chacune de nos régions. Ce sont d’abord les travailleurs précaires de l’intérim, des contrats à durée déterminée, des entreprises sous traitantes qui ont subit directement les effets de la crise avec des conséquences désastreuses dans leur emplois et leurs conditions sociales.
Puis maintenant nous connaissons les plans sociaux dans les secteurs de l’automobile, la plasturgie, mais aussi du commerce, des services et du tourisme du fait du ralentissement de l’économie et de la réduction du pouvoir d’achat du plus grand nombre.

Ainsi, le modèle social européen est remis en cause par la frange la plus libérale des forces politiques, mais aussi elle es contestée par la partie la plus radicale du mouvement social.

Dans cette période difficile de récession, nous avons encore plus besoin d’Europe et d’une Europe sociale au plus près des réalités vécues par les travailleurs et des populations de nos régions.

C’est pourquoi, avec le CSI Lingurie-Provence Alpes Côte d’Azur, les organisations syndicales du Piémont, du Val d’Aoste, des 3 cantons Suisses et de Rhône-Alpes souhaitent être reconnus par les pouvoirs publics et l’Eurorégion qui regroupe 17 millions d’habitants vivants dans les zones alpines jusqu’aux rivages de la Méditerranée.

Comme représentant du monde du travail, nous demandons d’être partie prenante dans les domaines de :

  • L’emploi, la mobilité, la formation professionnelle et la reconnaissance des qualifications, et tout ce qui structure le monde du travail.
  • Les politiques d’aménagement du territoire, de transports et des liaisons transalpines
  • Les questions d’environnement, de développement durable et de responsabilité sociale des entreprises et des territoires.

Dans cette région Alpes Méditerranée, les montagnes ont plus été des lieux d’échanges que dans barrières entre les hommes et les ports de la Méditerranée, des lieux d’accueil des populations venant du monde entier.

Si dans l’Union Européenne, nous bénéficions de la libre circulation des travailleurs, avec des directives imposant l’application des règles sociales des pays d’accueil, paradoxalement la liberté des travailleurs migrants à pouvoir séjourner et travailler dans un autre pays que celui de leurs origines a tendance à se réduire par un contrôle de l’immigration voire des expulsions des clandestins.

Or les prévisions démographiques indiquent que le continent européen se heurtera à d’importantes pénuries de main d’œuvre dans les prochaines décennies en raison de la chute des taux de natalité et des vieillissements de la population.
C’est déjà le cas dans les métiers dits en tension de l’hôtellerie, restauration, tourisme, de l’agriculture et du bâtiment.

Dans le même temps, les demandes de migrations internationales augmentent, du fait des parités économiques, sociales et politiques très importantes entre les pays démocratiques à économie et garanties sociales développées et les pays voisins, plus pauvres, plus instables, mais avec une démographie croissante.

Cette question importante pour l’avenir de la maîtrise des flux migratoires est enfermée depuis plus de 30 ans dans la politisation voire la surenchère électorale sur fond de populisme dans la plupart des pays européens.
Ainsi, le risque est grand que la crise économique et sociale que nous connaissons exacerbe les relents protectionnistes et xénophobes se servant de l’étranger ou du transfrontalier comme bouc émissaire.

Il appartient au mouvement syndical transfrontalier d’agir ensemble pour organiser la solidarité avec les travailleurs mobiles migrants.

Pour les organisations syndicales organisées depuis 20 ans dans le CSI, c’est par des actions concrètes que nous construisons l’Europe sociale afin que celles et ceux qui, par leur travail, font vivre ces régions, soient reconnus et respectés.

Pour l’avenir, longue vie au CSI et toute notre gratitude à ceux qui pendant ces 20 années l’ont animé et aux organisations syndicales qui y ont participé.