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Pour une coopération entre les syndicats Rhônalpins et ceux de TurquieAprès les séminaires de Trabzon et Antalya, une importante délégation syndicale turque était reçue en ce début 2010 à LYON dans le cadre de la coopération entre travailleurs de l'Union européenne et travailleurs turcs suite à l'initiative de la Confédération Européenne des Syndicats : projet "workers together". Il s'agissait pour nos homologues syndicaux turcs de comprendre les règles sociales en vigueur dans notre pays , de rencontrer des sections syndicales françaises confrontées aux difficultés de la mondialisation, de voir les évolutions des pratiques syndicales, de repérer avec les confédérations françaises les domaines où un travail en commun pourrait être initié. Une table ronde a permis à un représentant de la CFDT Rhône-Alpes (au centre de la photographie ci-dessous) d'exposer à nos homologues l'expérience conduite par la CFDT sur le site du LHC du CERN en ce qui concerne les questions de sécurité. Il s'agit sur ce site de rendre effective la prévention des effets de la radioactivité. Désormais un CHSCT unique intervient sur l'ensemble du site quelques soient les entreprises concernées et quelques soient les statuts des salariés concernés (salariés en CDI ou à statuts précaires). Cette expérience a vivement intéressé les délégations étrangères qui ont également à gérer dans les entreprises des salariés aux statuts très variés et souvent fortement précarisés.
Plusieurs rencontres étaient prévues avec des sections syndicales dans le public (Mairie de LYON, Conseil régional) comme dans le privé. Certains délégués sont allés rencontrer les salariés de RENAULT alors même que le groupe défrayait la chronique sur un sujet lié à la mondialisation puisque la future Clio 4 doit être, pour partie, produite dans l'usine turque de Bursa qui sort déjà 180.000 voitures par an de la marque au losange. Marcel Grignard dans l'émission de France Inter "carrefour de l'économie " du 16 Janvier 2010 apportait une réponse en différé aux échanges intersyndicaux en rappelant que la question primordiale pour le secteur de l'automobile en France n'est pas le lieu de production de la clio 4 mais la capacité du secteur automobile français à développer sa recherche pour mettre au point et produire en France une automobile répondant aux nouveaux impératifs environnementaux ce qui créera les emplois de demain.
La Turquie est aussi une importante destination touristique. D'autres délégués dont un représentant de la Confédération Européenne des Syndicats (second en partant de la gauche) souhaitaient donc connaître l'organisation du tourisme en France et plus particulièrement le fonctionnement du tourisme social. La CFDT par l'intermédiaire du secrétaire adjoint de l'URI CFDT Rhône-alpes, Christian Juyaux,(à gauche sur la photo ci-dessous) avait organisé en lien avec l'association ARVEL un intéressant exposé sur l'histoire du tourisme social en France que nous vous invitons à consulter. ARVEL, comme les 3/4 des acteurs du tourisme associatif en Rhône-Alpes est adhérente de l'Union Nationale des Associations de Tourisme de plein air (UNAT) qui compte 840 établissements adhérents, 5000 salariés permanents et 13000 saisonniers. 20% des hébergements peuvent accueillir des handicapés et 43% des hébergements sont labellisés énergie et développement durable. Les projets soutenus par le tourisme associatif diffèrent des projets commerciaux par leur dimension d'aménagement du territoire. le tourisme associatif favorise l'implantation des équipements sur des secteurs méconnus et néanmoins de qualité. Dans les Alpes le tourisme associatif a ouvert une partie de ses établissements en dehors des grandes stations, en moyenne montagne. Les installations sont souvent utilisées toute l'année : les cuisines desservent ainsi hors période touristique les écoles et maisons de retraite, les piscines, salles de théatre sont accessibles pour les habitants et permettent des activités sportives et culturelles dans des secteurs totalement dépourvus d'infrastructures de ce type. La présence d'un de nos adhérents (second en partant de la droite) maîtrisant le français et le turc a permis des échanges particulièrement fructueux. En Turquie le tourisme social n'existe pas. Une concurrence féroce a permis l'émergence d'un secteur touristique exclusivement privé qui propose des nuitées dans des hôtels proches des nombreuses plages du pays pour des prix allant de 10€ à 3000€ par jour ce qui permet de satisfaire une bonne partie de la demande.
Cependant , cette capacité d'accueil touristique à large spectre, s'est faite au détriment de la préservation des sites comme le montre notre documentation photographique sur Antalya. Elle ne permet pas non plus aux plus pauvres d'accéder à des activités de loisir nécessitant des infrastructures puisque l'intervention publique porte exclusivement sur l'aménagement et l'accès gratuit à des aires de piquenique. Nos homologues turcs souhaitent donc exporter le modèle français de tourisme social ce dont ont pris note les deux représentantes de la confédération CFDT qui s'étaient jointes à ce goupe de travail (photo ci contre).
Cet exposé a été suivi de la visite d'un village du club Med dans les Alpes. Les responsables du syndicat turc TOLEYIS ont ainsi pu rencontrer une quarantaine de salariés turcs employés en saison hivernale dans les villages alpins et en saison d'été en Turquie. Une occasion de vérifier la mise en application de l'accord de mobilité signé par les deux syndicats CFDT et TOLEYIS représentés au sein du comité européen du groupe. Enfin la CFDT s'est associée à l'ensemble des confédérations présentes pour rédiger une motion destinée à soutenir le mouvement des salariés turcs de TEKEL, régie des tabacs récemment privatisée dans des conditions qui ont déclenché un important mouvement revendicatif et une condamnation internationale de la répression qui a suivi - voir notre compte-rendu en lien. |