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Quant l'interdiction de fumer dans les lieux publics en Europe entraine de douloureuses restructurations en Turquie et une répression inacceptable. A lire sur le même sujet un article du MONDE sur le 50ième jour de grêve A lire sur le même sujet la déclaration de la confédération syndicale internationale Tekel Sigara était la régie publique des tabacs en Turquie. Elle a compté jusqu'à 50000 salariés. Elle en compte encore aujourd'hui 12 000 dont le salaire moyen était de 2 200 TL (livres turques), soit environ 1 000 euros. A la suite de la privatisation de leur entreprise les salariés se sont vu proposer un salaire de 772 TL, soit 360 euros... et perdront la garantie de l'emploi liée à leur statut de fonctionnaires. Pour ceux qui ont refusé ce reclassement, un plan de licenciements massif est en cours assorti d'indemnités insuffisantes pour tenir le temps que la crise qui frappe la Turquie comme tous les autres pays soit passée et permette à ces personnels de retrouver un emploi décent. Arrivés en bus à Ankara, de toute la Turquie, le 15 décembre dernier, ils sont plusieurs milliers de salariés décidés à faire entendre leurs revendications en manifestant aux abords des bâtiments officiels et du siège de l’AKP, le parti gouvernemental. La grêve se poursuit depuis cette date. Comment en est-on arrivé là ? La Turquie est le huitième marché mondial du secteur avec 115 milliards de cigarettes fumées chaque année. Les fabricants de cigarettes réagissent à l’interdiction de fumer dans les lieux publics, interdiction qui a notamment frappé le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France, et provoque une chute du marché en Europe de l’Ouest. Les relais de croissance géographiques se trouvent désormais en Asie, et dans des pays comme la Turquie. Le groupe britannique British American Tobacco (BAT), deuxième cigarettier mondial, a remporté l’appel d’offres pour la privatisation du groupe public turc Tekel Sigara , qu’il a acquis pour 1,7 milliard de dollars. Cette acquisition porte sa part de marché en Turquie de 7% à 36%. BAT était resté jusqu’alors à l’écart du grand mouvement de consolidation en marche chez les cigarettiers : l’offre publique d’achat du Britannique Imperial Tobacco sur le groupe franco-espagnol Altadis, pour 12,6 milliards d’euros, vient de s’achever, quelque mois après que Japan Tobacco, numéro trois mondial, eut mis la main sur le britannique Gallaher. La vente de Tekel Sigara s'inscrit également dans le cadre du programme de privatisation du gouvernement turc qui doit permettre au pays de lever quatre milliards de dollars au total et de pouvoir répondre à ses engagements contractés auprès du FMI en échange de plusieurs milliards de dollars de prêts. Manifestement le gouvernement turc n'a pas mesuré les conséquences sociales de pertes d'emplois massives associées à des baisses massives des salaires dans les régions d'implantation des unités de production. A l'heure actuelle la réponse gouvernementale est la répression comme en témoignent les images confiées par le syndicat TURK IS à leurs homologues européens dans le cadre du séminaire organisé par la Confédération Européenne des Syndicats à LYON en ce début 2010. Les confédérations syndicales internationales présentes à LYON dont la CFDT n'ont pas manqué de rédiger une motion confiée à la presse afin d'apporter leur soutien aux syndicalistes de TEKEL qui assistaient à leurs travaux. |