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L’Europe et la crise : quelle réponse syndicale ?Un débat en vue du congrès de la Confédération Européenne des syndicats qui se tiendra du 16 au 19 mai à Athènes sur le thème « se Mobiliser pour l’Europe Sociale» . Débat animé par :
Bien antérieurement à la crise financière de 2008, le syndicalisme européen et international a dénoncé les dérives du capitalisme financier qui creuse les inégalités et développe la précarité. Le thème du débat organisé par la CFDT et l'UNSA à Lyon en ce printemps 2011 ne pouvait donc pas être une surprise pour le monde syndical lyonnais. Aurions-nous une vision trop hexagonale du syndicalisme ? Première surprise : alors que l'émiettement du syndicalisme français permet au patronat sur le territoire national de créer des tensions locales entre organisations syndicales, au niveau européen, le syndicalisme français réformiste fait front uni. A la tribune Marcel GRIGNARD secrétaire général confédéral adjoint de la CFDT rappelle que la délégation de la CFDT à la Confédération Européenne des Syndicats a toujours réservé une place à un délégué de l'UNSA en son sein et que cette place est dévolue à son homologue Secrétaire national en charge des affaires européennes à l'UNSA Michel GUERLAVAIS présent à ses côtés. l'Europe est un espace statutaire de négociation.
La confédération européenne des syndicats, où ils siègent tous deux, réunit ses membres tous les trois mois. Elle s'est construite par rapport à l'émergence du niveau de pouvoir européen.
L'histoire a créé au fil du temps des axes de développement syndicaux très différents d'un pays à l'autre au sein de l'Europe. On ne peut transposer en Europe notre modèle social mais, pour dire vrai, aucun type de syndicalisme en Europe ne peut servir de modèle, pas même le syndicalisme nordique qui connait deux difficultés : il ne prend pas en compte les questions sociétales mais uniquement sociales et il a des relations très étroites avec le politique. Cette diversité d'approche peut être cependant une source d'enrichissements mutuels. Le syndicalisme européen qui représente 60 millions d'adhérents, environ 40 pour cent de la population au travail, est une force pour autant que l'action de la CES soit bien relayée dans chaque Etat par les différentes organisations syndicales. La CES initie donc des mobilisations, les euro-manifestations : celle de Budapest après celles de Bruxelles et Lubiana pour soutenir ses propositions et pour dire notamment que l'austérité généralisée n'est pas la solution. Le congrès de la CES devient ainsi l'occasion de définir les axes des futures propositions ; L'UNSA et la CFDT y ont travaillé ensemble. Le syndicalisme européen est un syndicalisme de propositions. Après la crise bancaire dont il faut quand même rappeler qu'elle est à l'origine de la situation économique et sociale actuelle, les gouvernements ont, dans un premier temps, soutenu l'activité et l'emploi. Récemment l'Europe s'est crispée sur la question de la dette des Etats tandis que la spéculation bancaire reprenait de plus belle mettant récemment en difficultés la Grèce, L'Irlande le Portugal et entrainant des mesures d’austérité salariale et de coupe dans les budgets sociaux ainsi que des réformes de la législation du travail. Le « pacte de compétitivité » proposé par Angela MERKEL et Nicolas SARKOSY lors du sommet des chefs d’Etat et de gouvernements de l’Eurozone du 11 mars et du Conseil européen des 24 et 25 mars aggrave la situation sociale. L'Europe est contestée au Sud parce que son aide est assortie de plans de rigueur drastiques. Elle est contestée au Nord, comme par le mouvement des vrais finlandais, parce que les peuples du Nord ne veulent pas payer pour les dettes des Etats Sud. Force est cependant de constater que la pression de la spéculation sur les dettes publiques cesseraient si les Etats composant l'Union Européenne parvenaient à trouver un système d'assurance financière mutuel. L'Europe évolue dans ce domaine sensible et a mis au point, certes sous la contrainte, des outils de gouvernance attendus depuis des années : le fond européen de stabilisation est devenu un mécanisme permanent, il est assorti d'une diminution du taux d'intérêt facturé aux Etats endettés qui y ont recours et à l'allongement des délais de remboursement. Ce n'est pas totalement satisfaisant car la solidarité européenne, fondement de l'Union, suppose qu'un meilleur équilibre soit trouvé entre l'intérêt général et les intérêts particuliers. La consolidation de la fiscalité des entreprises au niveau européen est également un objectif à poursuivre. A la recherche d'une Europe politique Le discours du 9 Mai 1950 de Robert Schuman demeure d'actualité car L'Europe politique n'existe toujours pas. Ce qui est imposé aux pays en difficultés en ce moment ce n'est pas l'Europe qui l'impose mais bien les décisions majoritaires des états membres actuellement sous gouvernements libéraux. Le mouvement syndical doit aider les peuples à être entendus.
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