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ZOOM SUR LES DEBATS DU COLLOQUE EUROPEEN SUR
L'aide à la personne impose aux acteurs une double exigence de protection : celle du bénéficiaire et celle du salarié ont noté les participants du colloque qui étaient à la fois des syndicalistes de plusieurs pays européens et des employeurs de l'économie sociale. Lorsque le bénéficiaire de la prestation d'aide à la personne est agé ou handicapé , lorsqu'il s'agit d'un enfant en bas âge, les familles, inpécunieuses comptent sur la vigilance institutionnelle pour que la prestation demeure professionnelle. Se pose donc immédiatement la question de son financement or, lorsque l'Etat n'a pas de politique volontariste, l'aide au financement de la prestation demeure strictement réservée aux plus démunis. Les familles n'entrant pas dans les critères d'attribution de cette aide recourent alors massivement au "travail au noir" comme en Italie ou en Espagne , dérégulant l'ensemble du marché. C'est alors les salariés qu'il faut prémunir des abus or, ces salariés sont pour la plupart eux-mêmes fragilisés. C'est le constat fait par les participants syndicaux au colloque. Ce sont essentiellement des femmes elles-mêmes en dificulté (familles monoparentales) , très souvent migrantes ce qui les expose à un chantage à la carte de séjour, rarement syndiquées elles ne savent où chercher un renseignement relatif à leur contrat de travail. Elles ne bénéficient que de temps partiels éclatés sur le territoire , on leur impose une disponibilité temporaire préjudiciable à leurs responsabilités familiales voire à la bonne organisation de leur temps de travail pour plusieurs employeurs. Invisibles, elles le sont du fait de cette invisibilité des lieux de travail mais aussi parceque le travail domestique est considéré comme une aptitude propre aux femmes et pas comme un ensemble de compétences professionalisables. Elles pâtissent d'un déficit de reconnaissance. En outre le niveau salarial ne dépasse pas en France le SMIC horaire pour des temps partiels, en Italie ou en Espagne l'emploi "au noir" aggrave encore la situation salariale. C'est la généralisation de ce type de métier induite, entre autres facteurs, par le vieillissement de la population qui se fait sous forme précaire dans toute l'Europe.
Coté employeurs les statuts sont variés. Les employeurs rhônalpins sont venus au colloque avec les statistiques de l'emploi du secteur On trouve des particuliers employeurs : ils représentent en France 80% des employeurs , des associations éventuellement du monde de l'économie sociale , des entreprises relevant d'accords collectifs différents quand ils existent ce qui est loin d'être le cas dans l'ensemble des pays européens. pour la Catalogne il n'y avait pas de représentant des employeurs. Les syndicalistes espagnols ont pointé le problème du travail au noir. Ils ont expliqué que la lutte contre la dissimulation du travail s'est organisée au niveau régional et non national par un financement de l'aide à la dépendance . A condition que l'employeur respecte les conditions de travail prévues dans les accords collectifs il perçoit une subvention à hauteur du différentiel entre le coût horaire du travail au noir et le coût légal du travail. Cela a permis de faire émerger une partie du travail antérieurement dissimulé. Cependant ont souligné les syndicalistes catalans ce n'est que grâce à trois manifestations successives que les aides à domicile sont parvenues à obtenir une évolution positive de leurs conditions de travail . En Italie les syndicalistes relèvent qu'on aurait pu attendre des "coopératives ouvrières" un encadrement du statut des salariés or c'est le mouvement inverse qui s'est produit : pour les syndicalistes de la région lombarde "c'est la jungle" dans le secteur de l'aide à la personne. Les Etats concernés France, Italie, Espagne ont tous choisi le chèque emploi service comme mode de rémunération de ces métiers mais leurs efforts en matière de financement de la dépendance sont très variables. Ils font des différences substantielles entre les prestations de confort et l'aide à la personne - Il n'y a qu'en France que les prestations de confort sont aussi développées et font l'objet d'un encouragement par des crédits d'impôts.
Les participants au colloque devaient répondre à la question: "quelles pistes pour améliorer la situation de ces salariés ?" Le syndicalisme européen répond : " Articuler qualité du service et "emploi de qualité" en faisant valoir que seuls des emplois de qualité parceque professionnalisés et bénéficiant de bonnes conditions de travail peuvent générer des services de qualité.
Le syndicalisme européen propose de conduire un double mouvement de reconnaissance :
Le syndicalisme européen entend amener les Etats à faire un choix de société en se posant la question des modalités de financement de la dépendance |