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PRECARITE ET NOUVELLES FORMES D’EMPLOI : analyse des secteurs précarisés
Les 16 et 17 Octobre 2008 au sein de l'Université Pierre Mendes France s'est poursuivie, sous les auspices de la Communauté Européenne, la phase d'étude du projet "précarité ET nouvelles formes d'emploi". Le monde syndical de quatre des plus grandes régions économiques d'Europe : la région Rhône-Alpes, la Catalogne , La Lombardie, le land du Bade-Wurtemberg était réuni pour échanger sur les constats et coordonner les futures actions. En ce mois d'Octobre 2008, un contexte économique très particulier interpelait le syndicalisme européen Le séminaire intervenait dans un contexte international marqué par les tentatives des gouvernements européens de juguler la crise financière et de prévenir les effets d'une récession déjà perceptible sur l'emploi. Les salariés en contrats précaires ont été les premiers atteints : "Dans ce contexte de crise, ce sont les précaires qui servent d’amortisseurs sociaux" déclarait Christian Juyaux , secrétaire général adjoint de l'URI CFDT RHONE ALPES. Ce manque de solidarité ne peut qu'interroger la pratique syndicale. La crise a également rendue visible l'activité du syndicalisme transnational. Christian Juyaux également en charge des coopérations internationales a souligné que dans la crise actuelle, à une stratégie européenne des gouvernements doit répondre une stratégie syndicale transnationale pour une Europe sociale. De ce point de vue le projet en cours est particulièrement adapté à la nouvelle donne. Si la crise va indubitablement interpeler les pratiques syndicales c'est aussi une opportunité complétait Laura de la délégation catalane. Loin de mettre en difficulté un syndicalisme qui s'est montré particulièrement clairvoyant, la crise est une opportunité d'affirmer la légitimité syndicale à tous les niveaux, dans les entreprises, dans les territoires, au niveau européen à travers la Confédération Européenne des Syndicats, au coeur de la mondialisation par l'intermédiaire de la Confédération Syndicale Internationale . L'intervention dans le cadre du séminaire de 7 dirigeants syndicaux , 3 femmes et 4 hommes des 4 régions économiques européennes leader s'inscrit dans ce mouvement qui voit l'émergence d'un syndicalisme de réseau à l'échelle mondiale lequel s'est manifesté le 7 Octobre 2008 par l'organisation de la première journée mondiale de manifestation pour un travail décent. Enfin la crise actuelle réinterroge sur la place et le rôle de la puissance publique Tandis que Laura de la délégation catalane s'indignait que l'on "privatise les gains et que l'on socialise les pertes" alors que "l'on appelle les catalans une modération salariale sur des rémunérations déjà inférieures à 1000€ par mois chez les précaires ", Frank, de la délégation du Bade Wurtemberg précisait qu'il n'était pas responsable dans un Land confronté à une baisse démographique de la population d'interdire aux jeunes d'avoir un projet de vie et de fonder un foyer par une précarisation professionnelle et des salaires minorés. Cette interrogation sur le rôle de la puissance publique a également été sous-jacente dans la plupart des ateliers au cours du séminaire. - Si l'on parle de l'aide à la personne se pose immanquablement la question du niveau de financement du risque de dépendance et de la contrepartie en terme d'organisation du secteur. - Si l'on parle de logistique on s'aperçoit qu'en Catalogne la législation impose aux entreprises une véritable responsabilité sociale : dans la renégociation des marchés, une dégradation de la situation salariale des entreprises sous-traitantes est interdite. - la dérégulation en Suisse impose aux états limitrophes de protéger leurs salariés transfrontaliers par des accords bilatéraux. - en instaurant une participation "facultative" des partenaires sociaux à la gouvernance des pôles de compétitivité la puissance publique est à l'origine de leur déficit en matière d'innovation sociale. - Dans le monde des saisonniers, l'enquête faite par la CFDT Rhône-Alpes montre que les salariés attendent une amélioration de leurs conditions de vie. Pour 42% d'entre eux cela passe par l'amélioration de leur hébergemement et pour 37% par un accompagnement dans la recherche d'emploi. Il appartient à la puissance publique de mettre en place un dialogue social territorialisé pour améliorer concrètement la situation de ces salariés."Dans une économie de plus en plus concurrentielle où les nouvelles organisations des entreprises contraignent certains travailleurs à une insécurité de l'emploi, mieux vaut en effet la flexibilité négociée que la précarité imposée." souligne Christian Juyaux En détournant le slogan du développement durable : "penser global, agir local," Rita qui représentait le syndicalisme lombard résumait le chemin à parcourir pour un syndicalisme durable : il nous faut penser les besoins localement et agir globalement : Nous vous proposons un résumé des travaux des différents ateliers : |