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Lyon: des syndicalistes italiens en mission pour le «oui»
Nous sommes préoccupés. Un vote négatif au référendum de dimanche, ce serait un problème pour tous les Européens car la France est un moteur de l'Union. Avec vingt-cinq pays membres, vous pensez qu'on recommencerait à discuter tout de suite ? Ils le disent en français, en roulant les "r" comme d'autres feraient rouler le tambour. Gianni Bombaci et Rita Pavan, qui ont accepté de faire le voyage jusqu'à Lyon à l'invitation d'une CFDT Rhône-Alpes engagée pour le oui , parlent européen , pensent européen et agissent européen .
Ces deux syndicalistes de Lombardie ne pouvaient faire autrement que de s'adresser aux citoyens européens que sont les Français, et à eux seuls. Car voilà bien, pour eux, le coeur du problème : en France, le débat autour de la Constitution est biaisé. Parole de Gianni Bombaci, responsable régional de la CGIL, premier syndicat italien où figurent, soit dit en passant, bon nombre de sympathisants communistes : "Certains hommes politiques français utilisent de façon impropre l'Union européenne pour évacuer des difficultés avant tout nationales qui sont la conséquence de la politique menée par Chirac. "C'est de la myopie ! Cette attitude n'est pas correcte !" lance Rita Pavan, de la CISL, deuxième syndicat italien. "Les retraites ne sont pas de la compétence de l'Union mais des Etats. La construction européenne est une harmonisation, pas une régression sociale ". Il en va de même, selon eux, pour le traité constitutionnel européen, déjà approuvé par le Parlement italien. "Ce texte crée des bases sociales qui n'existaient pas dans de nombreux Etats membres" reprend Gianni Bombaci en insistant sur l'intégration de la Charte des droits fondamentaux. Exemples, "le droit de grève, les droits syndicaux et la capacité de négocier " C'est, ajoute-t-il, "la première fois qu'on parle d'économie sociale de marché". Maastricht ne le faisait pas . "La Constitution européenne ou la dolce vita garantie ? " Je ne dis pas qu'elle est parfaite. Mais y a-t-il, socialement, des positions plus avancées dans les Constitutions nationales ? Il y a des luttes syndicales à mener. Cela dépend de nous ! ".
Nicolas Ballet