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MONDIALISATION : introduction à la réflexion |
La mondialisation que nous vivons c'est la libre circulation des capitaux, des techniques et de l'information à travers le monde avec des multinationales dont le budget est souvent plus important que l'économie de certains pays.
Pour autant ce n'est pas forcément la libre circulation des travailleurs qui peinent à pouvoir séjourner et avoir une activité professionnelle dans un autre pays que celui dont ils sont originaires.
Si dans l'Union Européenne nous bénéficions en principe de la libre circulation des travailleurs avec des directives imposant l'application des règles sociales du pays d'accueil, nous constatons cependant des dérives et notamment des tentatives de dumping social.
Ainsi , dans les stations de sport d'hiver de notre région, les tours operateurs anglais et allemands détournent la directive européenne sur le détachement temporaire pour l'appliquer à des travailleurs saisonniers qui se trouvent de ce fait soumis au droit du travail du pays d'origine alors qu'ils devraient dépendre du droit du travail français.
Pour les travailleurs migrants des pays non européens la situation est encore moins encadrée.
La CFDT Rhône-Alpes s'est donc engagée dans la négociation d'accords sur l'amélioration des situations locales d'emploi et des mobilités transnationales.
Ainsi les partenaires sociaux du Club Med, leader mondial des villages de vacances, ont négociés en 2004 :
Après trois années d'application de l'accord il est envisagé d'élargir les droits fondamentaux au plan international et la mobilité transnationale aux différents pays de la zone Europe-Afrique.
Cette pratique sociale négociée dans une multinationale du tourisme démontre que l'engagement des partenaires sociaux est la garantie de conditions acceptables pour la libre circulation des travailleurs dans les différents pays.
Les migrations vont devenir un enjeu social de l'économie Rhône-Alpine.
Les prévisions démographiques indiquent que le continent européen et notamment les régions des "4 moteurs" pour l'Europe se heurtera à d'importantes pénuries de main d'oeuvre dans les prochaines décennies en raison de la chute des taux de natalité et du veillissement de la population.
Dans le même temps les migrations internationales augmentent du fait des disparités économiques, sociales et politiques très importantes entre les pays les plus pauvres , instables et dont la démographie est croissante et les pays démocratiques à économies développées, dotés de garanties sociales pour la plupart des travailleurs.
Quel accueil et quelles conditions sociales et de vie envisageons-nous pour les populations qui vont venir travailler en Rhône-Alpes ?
Comment les pouvoirs publics, la région et les syndicats de salariés et d'employeurs vont s'engager pour éviter que certaines entreprises et secteurs d'activités se servent de ces populations migrantes comme moyen de dumping social ?
Quelles aides aux pays d'origine sommes-nous prêts à mettre en oeuvre à la fois pour développer leur économie et la formation des hommes et des femmes qui aspirent à la mobilité ?
Voilà pour la CFDT, un des aspects d'avenir du Monde que nous voulons et il appartient à toutes les parties prenantes de l'Etat, du Conseil Régional et des partenaires sociaux d'agir en commun pour que la mondialisation en Rhône-Alpes soit aussi un développement des femmes et des hommes qui viennent y travailler.