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Au fronton de l'hôtel de ville de CREMIEU on ne voit pas la devise de notre pays :" Liberté égalité fraternité"

C'était cependant d'égalité et de fraternité dont l'intersyndicale était venu parler à l'attaché parlementaire du député Monsieur MOYNE BRESSAND à propos de la réforme des retraites.

Reçue dans le vaste bâtiment moyenâgeux, la délégation qui comprenait par ordre alphabétique des membres de la CFDT, de la CGT et de la FSU est venue présenter la plateforme commune des revendications syndicales mais aussi illustrer de façon concrète l'inaboutissement du projet gouvernementale qui n'assure en rien la pérennité de la retraite par répartition tout en créant des inégalités criantes notamment entre hommes et femmes.

La CFDT par le témoignage d'une jeune femme travaillant dans le secteur de l'aide à la personne rappelait que les temps partiels dans ces métiers sont contraints et non choisis, qu'elle même a trois employeurs, que la pénibilité physique ne permettra jamais d'atteindre des retraites à taux plein parce qu'il est tout simplement physiquement impossible de soulever à 67 ans des malades handicapés de 60 ans et plus . Fallait -il considérer comme un "bonheur" le fait d'avoir le dos détruit pour partir plus tôt ?

La CGT renchérissait sur la question de la pénibilité en mettant en exergue les métiers du BTP.

La CFDT posait la question du maintien dans l'emploi des seniors : le refus par les employeurs de mettre tout en oeuvre pour reclasser de façon sérieuse les seniors faisant l'objet d'un avis d'inaptitude partielle au travail est d'autant plus scandaleux que des dispositions régionales existent à travers la coordination du maintien dans l'emploi.

Les entreprises qui ne respectent pas les dispositions sur le maintien dans l'emploi des seniors devraient être mises sur une liste noire.

Actuellement l'on déporte le budget retraite sur les budgets de l'indemnisation du chômage et du handicap sans régler la question de fond de l'emploi effectif des seniors.

La question des retraites faisait remarquer la FSU c'est aussi celle de l'emploi : à l'évidence en supprimant un poste de fonctionnaire sur deux sans aucune réflexion

  • nous limitons l'assiette des cotisations sociales,
  • nous avons totalement désorganisés les services publics
  • et nous limitons l'accès à l'emploi des jeunes générations.

Mais la situation est plus grave encore relevait la CFDT : lorsque l'éducation nationale n'accueille plus les enfants à partir de trois ans, les jeunes mères ne peuvent payer sur leur smic , le smic d'une nourrice elles restent donc plus longtemps éloignées de l'emploi. On voudrait contraindre les femmes à un retour forcé au foyer que l'on ne s'y prendrait pas différemment.

Il était difficile pour l'attaché parlementaire d'argumenter devant l'évidente injustice des situations vécues exposées.

La question de l'absence totale de dialogue social, alors même que le dossier retraite n'avait fait l'objet d'aucun développement pendant la campagne présidentielle, a été soulevée. Sommes-nous encore en démocratie ?

Bien entendu le parallèle ne pouvait qu'être fait entre l'argent distribué sans compter

  • aux banques responsables de la crise et qui étranglent aujourd'hui les petites industries et les particuliers,
  • aux entreprises sans contreparties en terme d'emploi ,
  • aux quelques plus riches fortunes de France

et la prétendue difficulté à équilibrer les comptes de la retraite.

La FSU soulignait l'ineptie des projection du COR à 2050 sans aucune réflexion sur les gains de productivité obtenu d'ici là que l'on confisquerait donc au profit du capital.

Cette démarche intersyndicale s'est reproduite dans de nombreuses villes de France et le 14 Septembre c'était la permanence du député georges COLOMBIER qui était investie.

Alors que les syndicats faisaient face à l'Assemblée nationale avec ce panneau "Mesdames et Messieurs les députés ne votez pas" , du terrain remontaient ces interventions.