Manifestation anti-CPE dans la Loire
07/03/2006

Des pancartes "maison"

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Les étudiants ont-ils raison de manifester ?

Oui. François Resche, président de l’université de Nantes

"Le CPE a été adopté par le Parlement dans le cadre de l’article 49-3 de la Constitution. A ce jour, plus de 20 000 étudiants se pénalisent pour faire passer un message au Premier ministre. Les étudiants n’ont pas d’autres moyens de se faire entendre. Notre université partage l’inquiétude des étudiants et leur manifeste son soutien. Dans une motion votée par le conseil d’administration, elle demande au Premier ministre de suspendre le CPE et d’ouvrir des négociations avec les organisations professionnelles
et étudiantes concernées. Je pense qu’une majorité des usagers de l’université est de plus en plus exaspérée par le refus de dialogue du Premier ministre. En tant que citoyen, je trouve que le CPE introduit la possibilité d’un licenciement sans motif. Ces termes constituent une régression considérable. "

Non. Jean-Robert Pitte, président de l’université de Paris-Sorbonne (Paris IV)

"Nous sommes dans un Etat de droit. La loi est votée par des représentants du peuple et doit s’appliquer. Il est scandaleux d’empêcher les cours et irresponsable d’approuver l’occupation des universités. C’est une atteinte à la liberté. Je constate que les événements se sont précipités après que la loi a été votée. Je ne crois pas à la spontanéité du mouvement, il y a une récupération politique. Sur le CPE lui-même, en tant que président d’université, je suis là pour appliquer la loi. En tant que citoyen, je pense que tout ce que fait le gouvernement pour faire baisser le chômage des jeunes doit être encouragé. Cela dit, la loi ne s’applique pas aux étudiants mais surtout aux jeunes sans qualification. Pourquoi certaines universités sont-elles alors bloquées ?"