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Energie : des choix des actes

La consommation d'énergie est le domaine où nous avons le plus de facilité à mettre nos actes en rapport avec nos choix.

Pour illustrer le propos l'Union Régionale CFDT Rhône-Alpes organisait un débat sur le sujet à Lyon retransmis en visio-conférence sur toutes les unions départementales de la région.

Patrick Pierron, secrétaire national en charge, entre autre, de la politique énergétique, et deux secrétaires confédéraux avaient fait le déplacement. Syndex était également présent : Jean François Poupard, directeur de Syndex a participé à la table ronde et le cabinet Syndex Rhône Alpes avait délégué ses experts.

Elisabeth Le Gac, Secrétaire de l'union régionale interprofessionnelle CFDT, présentait plus spécifiquement la situation Rhônalpine.

La situation française d'indépendance énergétique via le nucléaire a été remise dans le contexte mondial actuel.

Paradoxalement, loin de favoriser des pratiques écologiques et vertueuses d'économie, l'augmentation des prix des combustibles autorise l'exploitation de gisements non conventionnels et particulièrement polluants qui, jusqu'à présent, n'étaient pas rentables : extraction du pétrole des sables asphaltiques au Canada , gaz de schiste aux USA , forages en eau profonde (Golfe du Mexique) etc ...

Cette situation accroit les ressources en énergie fossile mais elles demeurent néanmoins finies.

  • Coté offre : les pays producteurs optimisent actuellement leur rente en faisant durer un stock qu'ils vendent au meilleur prix.
  • Coté demande, l'attrait pour les énergies fossiles vient de ce qu'elles sont aisément stockables contrairement à d'autres sources d'énergie comme l'électricité d'origine nucléaire, l'éolien etc ...

Il ne faut donc pas s'attendre à une rapide décarbonisation de l'offre d'énergie. Le charbon, le gaz et le pétrole demeureront les principales sources d'énergie à l'horizon 2030 (source AIE).

La transition énergétique se heurte également au fait que les émissions de CO2 que l'on souhaite réduire sont diffuses car issues de secteurs divers : la production d'électricité, l'habitat, les transports, l'industrie ...

Pour limiter la demande, il faudrait intervenir dans tous ces secteurs d'activité à la fois, et l'on se heurte évidemment à nos limites financières.

Sans politique fiscale incitative au bénéfice des particuliers (demande) , sans investissement de fonds souverains dans les PME qui limitent leur empreinte carbone ou développent la filière des énergies renouvelables (offre) , la transition sera longue.

Le gouvernement chinois en subventionnant massivement les entreprises qui fabriquent des panneaux photovoltaïques a ainsi tari les débouchés de notre champion régional PHOTOWATT ***sur un marché qui pourtant était porteur du fait d'incitations fiscales aux particuliers.

Le photovoltaïque , conformément aux orientations des états généraux 2010 de l'industrie en Rhône-Alpes devra être soutenu.

 

 

C'est la voie de la réduction de la demande en énergie qui est de loin la plus prometteuse : à l'horizon 2050, 38% des émissions de carbone pourraient être réduites par l'efficacité énergétique dans les usages : transport , habitat , industrie. (source AIE).

En ce qui concerne l'électricité nucléaire qui fait de la France une exception en Europe et dans le monde, il faut reconnaître que son coût va s'accroître en raison des travaux rendus nécessaires par le renforcement des normes de sécurité et les coûts de remplacement du parc vétuste existant. Un audit des installations est actuellement en cours de réalisation.

L'importance des investissements nécessaires n'a d'ailleurs jamais permis le développement de la filière nucléaire au niveau mondial et sa place dans le bouquet énergétique mondial demeure depuis près de 20 ans aux environ de 6%.

 

Pour la CFDT, En France , s'il est exclu d'arrêter la construction de l'EPR de Flamanville compte tenu de l'avancée actuelle des travaux et du fait que cette installation permettra de remplacer plusieurs centrales en fin de vie, il n'est pas non plus question de construire un second EPR à Penly en Seine Maritime ou ailleurs (sur le Rhône par exemple).

Cela reviendrait à cumuler sur notre territoire l'ensemble des problèmes environnementaux que pose la filière dans le seul but d'être exportateur d'électricité pour l'ensemble européen.

La CFDT souhaite ramener à l'horizon 2030 la part du nucléaire dans la production d'électricité à 60% au lieu des 78% actuels. Ce délai permet de négocier et gérer les transitions industrielles, technologiques et professionnelles tant pour les salariés des sites que pour les sous-traitants.

En compensation il est nécessaire de mobiliser les moyens publics d'investissement et d'orienter les politiques publiques en vue de la constitution de filières industrielles d'énergie renouvelables (agro carburants, énergies marine, éolienne , photovoltaïque, solaire thermique ...) en s'appuyant sur les fonds public d'investissement (OSEO, FSI Grand emprunt ...)

Une importante adaptation de notre réseau actuellement en étoile pour faire un maillage territorial plus fin et adapter les productions d'énergie locales à la demande locale est aussi nécessaire.

Rhône-Alpes représente actuellement 25% de la production nucléaire nationale et 40% de la production hydraulique nationale. Notre part dans les énergies renouvelables est très faible : 5% ...

Notre région est également au coeur des axes de recherche et développement avec deux pôles de compétitivité :

  • TENERDISS : développer la production d'énergies renouvelables et optimiser l'utilisation de ces énergies dans les secteurs du bâtiment, des transports , développer le marché des nouvelles sources d'énergie pour les systèmes embarqués.
  • TRIMATEC : valoriser les technologies issues du nucléaire et du génie des procédés qui sont favorables à l'environnement.

C'est dire si le champ du travail syndical peut être vaste dans ce domaine. Sans que la liste n'en soit exhaustive, on relèvera les actions qui pourraient être conduites :

  • dans le domaine de la " formation professionnelle continue" afin qu'elle soit prise en compte dans le déploiement de la transition énergétique et notamment dans les entreprises sous-traitantes de la filière nucléaire;
  • en ce qui concerne le suivi dosimétrique des intérimaires travaillant dans cette filière ;
  • dans le domaine de l'efficacité du réseau hydraulique ;
  • Dans celui de l'utilisation de sources d'énergie alternatives : exemple du médipole à Bourgoin chauffé par la filière bois locale;
  • dans la rénovation de l'habitat où les positions de la CFDT peuvent être portées par nos mandatés;
  • nos militants peuvent aussi travailler sur des systèmes de production plus économes en énergie dans leur propre entreprise : cogénération ;
  • le développement des transports en commun devra être abordé dans le prochain SRIT et tout ce qui favorise le co-voiturage mis en oeuvre;
  • la CFDT par ses mandatés dans les instances devra impulser les investissements d'avenir dans des projets industriels,
  • Des mandatés CFDT pourraient être associés aux réflexions dans les pôles de compétitivité.
  • L'accessiblité de la population à des sources d'énergie de plus en plus chères devra aussi faire l'objet de mesures d'accompagnement qu'il faudra syndicalement soutenir.

Le débat de ce mois de Novembre organisé en visio-conférence se devait d'être une action concrète illustrant notre point de vue sur les questions énergétiques. Nul doute que les militants CFDT s'approprieront ce sujet pour revendiquer localement la prise en compte de cette question de société.

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L'intervention d'Elisabeth LE GAC lors de ce débat

*** OUI PHOTOWATT peut  VIVRE !
Photowatt est riche de la compétence collective de ses salariés et de ses installations industrielles uniques en France. Celles-ci sont indispensables à préserver si l'on veut demain construire une filière industrielle photovoltaïque en France autour d'une technologie de rupture développée par le CEA l'hétérojonction (3ième génération de cellules) ... il s'agit d'un investissement dit d'avenir (Gd emprunt) ...
Sans les compétences de Photowatt pour industrialiser cette 3ième génération de cellule, l'investissement en R&D aura été réalisé en pure perte ... On est là dans un choix de politique énergétique pour la France de demain ...  La France est riche d'opérateurs industriels ou d'exploitants dans le secteur de l'énergie de première importance,  avec la volonté de l'Etat un tel opérateur  pourrait facilement sauver Photowatt et l'énergie solaire en France