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Qu’appelle-t-on illettrisme : partager une vision commune du problème.

UNE INTERVENTION DE :


 

L'ANCLI a été créée dans le but de fédérer et d'optimiser les moyens de l'Etat, des collectivités territoriales, des entreprise et de la société civile en matière d'illettrisme.

Hervé FERNANDEZ qui intervient pour cette structure rappelle que le terme d'illettrisme véhicule des à priori infondés :

  • "C'est un problème marginal" : FAUX : 1 personne sur 10 ne parvient pas à communiquer par écrit * et 1 entreprise sur 4 estime que l'illettrisme est un frein à son évolution **.
  • "C'est un problème qui concerne principalement les migrants" : FAUX : 3 illettrés sur 4 ont grandi dans des familles où l'on ne parlait que le français .
  • "Les illettrés habitent les quartiers difficiles des villes" : FAUX : La moitié des illettrés résident en zones rurales seul 1 sur 10 habite dans une zone urbaine sensible.
  • "Les illettrés n'ont pas de travail" : FAUX : 57% d'entre eux ont un emploi ce qui représente 1.800000 personnes.
  • "L'éducation nationale" est responsable : FAUX : 14% des illettrés ont plus de 45 ans et n'ont donc pas connu la méthode globale d'apprentissage de la lecture.

Mais alors qui sont les "illettrés" ?

Ils sont 3.100 000 personnes qui ont connu des parcours différents que l'on peut classer en trois types :

  • 10% sont effectivement des migrants qui apprennent le français comme une langue étrangère et pour lesquels cet apprentissage est particulièrement valorisant.
  • Le second groupe est constitué de personnes qui ont su lire et écrire et qui ont perdu au fil du temps ces compétences. Pour eux l'activité professionnelle s'est révèlée "déqualifiante" et ils vivent évidemment mal cette situation.

Contrairement à une idée reçue les personnels en difficulté pour la communication écrite ne font pas forcément partie des catégories salariales les plus basses.

Nombre de techniciens, d'agents de maîtrise voire de cadres ont utilisé pendant des années des compétences essentiellement techniques en entreprise et pratiquaient une communication souvent orale encouragée par le téléphone portable.

Avec le développement des normes ISO, ils sont amenés à faire de courts rapports , des synthèses de réunions désormais par écrit en utilisant de plus les moyens informatiques actuels qu'ils connaissent mal.

Ces personnels ne sont pas à proprement parler "illettrés" mais vivent difficilement la transition technologique de l'entreprise.

  • Le dernier groupe est constitué de personnes qui ont eu un parcours scolaire difficile ou un handicap comme la surdité et qui n'ont jamais pleinement maîtrisé les compétences de la lecture et de l'écriture. Pour eux reprendre cet apprentissage c'est se retrouver fréquemment confrontés à une expérience douloureuse.

* source enquête INSEE : information et vie quotidienne 2003
** source enquête Centre de Ressources Illettrisme FACA - 2003



 

Cet état des lieux permet de comprendre que l'illetrisme demeure un "sujet tabou" pour celles et ceux qui le vivent au quotidien.

Dans la vie professionnelle des stratégie de dissimulation sont mises en place. L'oubli de consulter le planning, la perte du cahier de réclamations etc ... peuvent éviter de parler de la cause réelle de ces manquements.

D'autres situations risquent d'induire des erreurs professionnelles voir générer des situations dangereuses : : impossibilité de comprendre les consignes d'utilisation de produits dangereux par exemple .