![]() |
Vous êtes sur http://www.cfdt-rhone-alpes.com
RGPP : révision générale des politiques publiques, où en sommes nous ?
La Cfdt soutenait l'idée d'une réforme de l'Etat, mais pas comme le gouvernement a décidé de la mettre en place ! Aujourd'hui, nous relevons trois aberrations :
La CFDT souhaitait qu'en amont de cette réforme une étude sur les missions de service publics soit conduite, et, que le regard soit porté sur les territoires pour adapter les besoins et les réponses de l'Etat. En définitive de nombreux agents se sont retrouvés parachutés dans des directions nouvelles (voir schéma ci-après) avec un changement de leurs missions, sans prise en considération de leurs compétences. De surcroit, des personnels affectés aux mêmes activités viennent désormais de ministères différents avec des rémunérations, des avancements, des congés, des protections sociales répondant à des règles différentes. Les nouvelles administrations en arrivent même à perdre trâce de leurs collaborateurs ! les équipes syndicales ont découvert que les listes électorales destinées aux élections professionnelles étaient des plus fantaisistes. A cette hétérogénéité des personnels s'ajoute la question des contractuels. Laurence LAIGO a rappelé qu'un million de personnes sont sans statut dans le secteur public . Leur situation, dérogatoire, s'avère souvent ne pas être conforme aux dispositions légales comme a pu le découvrir l'équipe CFDT de la direction de la biologie à l'hopital Lyon Sud : une contractuelle a totalisé jusqu'à 40 contrats d'un mois en quatre ans sans être intégrée.
L'harmonisation des situations professionnelles n'a donc pas été pensée en amont. L'imagination au pouvoir a abouti à un magnifique organigramme totalement déconnecté des contingences... La situation a mis en alerte jusqu'à la représentation nationale : ainsi en est-il du rapport d'information extrêmement inquiétant déposé par MM. Bernard CAZENEUVE et François CORNUT-GENTILLE sur la mise en œuvre et le suivi de la réorganisation du ministère de la défense. L'interrogation ne se limite d'ailleurs pas aux enceintes nationales. Les conseils régionaux, les conseils généraux qui doivent avoir une seule et unique représentation s'interrogent sur sa pertinence : les fonctions de conseiller général (proximité, développement très local) et de conseiller régional (investissements stratégiques et pluri-partenariaux dont Monsieur Jean-Louis GAGNAIRE donne un illustration à travers le fonds régional d'investissement rhônalpin) sont différentes. Pour Monsieur Jean-Louis GAGNAIRE, ce sont deux approches territoriales antagonistes qui risquent d'avoir des conséquences néfastes sur la gouvernance régionale. Les Pôles métropolitains et les Intercommunalités se forment, de leurs cotés, pour des questions de ressources et n'ont pas de légitimité démocratique - Pour Monsieur Jean-Louis GAGNAIRE une vraie réforme territoriale devrait s'inspirer de ce qui se fait en Catalogne : forte d'une assemblée de 110 députés l'euro-région gère toutes les fonctions publiques. Dans ce contexte incertain, les mutations de personnel générées par ces éclatements et recomposition de structures se sont faites dans un cadre marqué par une carence du dialogue social. Certes sur l'échelle de richter de la réactivité des ministères il y a des différences : le dialogue social n'existe pas dans la fonction publique d'Etat, il s'est amélioré dans la fonction publique territoriale et de santé mais on est loin d'un pilotage participatif du changement. La Cfdt, notamment par les enquêtes "travail en question" (TEQ) entend peser sur les choix organisationnels . L'objectif est de défendre les salariés, de les accompagner dans une démarche individuelle mais aussi de renforcer le rôle collectif des équipes de travail et d'améliorer ainsi l'accès aux services publics et leur qualité . La journée 2011 consacrée aux services publics a permis la restitution de ces enquêtes de terrain, celle de la santé par exemple, et d'échanger sur la nature des revendications qui en ont résulté. Une véritable question de société est posée : demain quels services publics ? quel contrôle du citoyen sur leur gouvernance ? Alors même que les salariés des directions ont du mal à se repérer dans la variété des services et l'hétérogénéïté des prérogatives, comment le simple citoyen et même les associations en relation avec ces services peuvent-elles s'y retrouver ? La question de la gouvernance de ces nouvelles structures est entière.
|