Quelles situations ?

Libéralités

Sous ce vocable sont regroupées une multitude de situations qui ont un point commun : aucun contrat clair ne lie le jeune chercheur à un quelconque employeur qu’il soit public, associatif ou privé. Un chèque donné de la main à la main ne constitue qu’une présomption de contrat en l’absence de fiche de paye.

 

Les doctorants.

Tu fais ton doctorat dans un labo public d’état (Université ou EPST), tu n’as pas obtenu de bourse de doctorat (MENRT, CFR, BDCI, CIFFRE, …) et on t’a proposé une allocation de recherche (c’est souvent comme cela que c’est présenté), qui est versée par une association ou prélevée sur un contrat de recherche avec une entreprise privée ou sur un contrat de recherche financé par une collectivité locale (CL).

Tu fais ton doctorat sans bourse ou allocation dans un laboratoire soutenu par une association. Tu bénéficies d’indemnités quelquefois versées en liquide de la main à la main ou tu réalises en plus de la thèse des travaux d’expertises facturés par l’association et pour lesquels tu perçois des honoraires ou des heures de salaire. L’essentiel de ton temps étant passé sur ta thèse de doctorat, ces petits boulots annexes ne représentent souvent pas un nombre d’heures déclarées suffisant, même quand elles le sont, pour t’ouvrir des droits à une protection sociale de salarié. A une époque pas très lointaine, les heures ou les postes de femme de ménage étaient très utilisés pour financer des doctorats.

 

Les post-doctorants.

Il y a maintenant en France des post-doctorants recrutés sur le budget de l’état. Ils sont encore en très petit nombre et avec des procédures de recrutement assez longues. La majorité des post-docs en France dépend donc encore des financements externes (Europe, contrats de recherche, associations et autres) qui ne conduisent pas toujours à une situation sociale claire. En particulier il faudrait souvent que le bénéficiaire prenne lui-même en charge les cotisations sociales alors que le montant trop faible de l’allocation ne le permet pas contrairement à ce qui se passe dans d’autres pays.

Lorsque tu as fini ton doctorat, on te proposera un sujet de recherche de 1 à 3 ans, financé par des allocations de recherche venant d’associations, le plus souvent sans statut défini ni obligation de verser les cotisations sociales. Cela permet de ne pas trop dégrader une rémunération déjà scandaleusement faible mais ceci aura des conséquences sur l’ensemble de la vie professionnelle. Ces situations peuvent te conduire à accepter une pseudo rémunération sous la forme d’une aide, pour un chercheur, à écrire un livre ou rédiger des articles mais sans obtenir en retour un statut légal.

Quelles conséquences ?

Pas de fiche de paye = pas de salaire au sens juridique du terme = pas de protection sociale = pas de cotisation retraite = galère en début et surtout en fin de carrière.

La thèse de doctorat est une forme d’apprentissage dans le sens où c’est une formation à la recherche par la recherche. L’étudiant va conduire son premier travail de recherche qui sera évalué par un jury. C’est pourquoi la CFDT et la Cé revendiquent, pour les doctorants, le statut de salarié (public ou privé) au même titre que pour les apprentis. Tout autre statut est une injure à l’investissement que représente pour l’état et pour l’étudiant 8 ans d’études après le bac.

L’entrée dans la vie active des chercheurs en fin de doctorat est souvent rendue difficile par l’absence de postes en qualité et en quantité suffisante dans les universités et les EPST, et par l’absence de reconnaissance du doctorat dans le privé, ce qui se traduit par l’absence de proposition de recrutements. Le plus souvent, c’est une succession de CDD de droit public ou privé, voir des contrats à l’étranger qui sont les étapes du chercheur débutant dans l’espoir d’obtenir un poste public. La situation des docteurs est particulièrement difficile en France à cause de l’existence des ingénieurs des grandes écoles qui entrent directement dans les entreprises trois ans avant les docteurs. Pour cette raison, il y a très peu de docteurs dans le secteur privé (15% en France, plus de 50% en Allemagne ou aux USA) et rien n’annonce de changements à cet état de fait pour l’instant.