N°1486 Février 2007
En Savoie, l’ex-Pechiney dans la tourmente de la mondialisation
Depuis le rachat en 2003 de Pechiney par le canadien Alcan, les établissements savoyards sont engagés dans une valse qui donne le tournis.
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Pechiney Electrométallurgie (PEM) a été cédé en 2005 à l’espagnol Ferroatlantica pour environ 100 millions d’euros.

Du coup, la réorganisation opérée deux ans plus tôt, avec le transfert à Chambéry du siège et du centre de recherche a volé en éclat. Un nouveau plan de réorganisation a été engagé en juin 2006. Trente-neuf postes, soit près de la moitié des effectifs, vont être supprimés. Le groupe recherche des solutions pour chaque salarié concerné et des sous-locataires pour les espaces qui seront libérés.

Le 30 juin dernier, Alcan a vendu Rhénalu à l’italien CGA. Leader dans la fabrication de panneaux Rollbond entrant dans la composition de réfrigérateurs, l’usine chambérienne emploie 70 personnes.

Elle avait bénéficié en 2000 d’un investissement de 7,2 millions d’euros grâce auquel elle devait se hisser au premier rang mondial. Des ambitions qui se sont envolées en 2004 avec une chute brutale de la demande pourtant dopée par la canicule de 2003, et le développement d’une technologie concurrente. En rejoignant le groupe italien, elle espère renforcer sa compétitivité grâce à la mise en œuvre de procédés industriels complémentaires.

À Notre-Dame-de-Briançon, en revanche, Alcan rachète pour 140 millions de dollars l’activité cathodes de Graphtech International, déjà cédée en 1996 par Pechiney à Ucar. L’activité est devenue stratégique pour le groupe canadien qui couvrira ses propres besoins (20 000 tonnes par an) et bénéficiera de l’expertise de Notre-Dame-de-Briançon dont le centre de recherche et développement travaillera avec ceux de Vénissieux (Rhône), Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie) et Voreppe (Isère). En 2007, le site savoyard, qui sort d’un plan social de 129 suppressions de postes sur un total de 600 personnes, sera réorganisé. Officiellement, Alcan annonce son intention de développer l’usine mais n’exclut pas de petits ajustements avec une usine canadienne d’une soixantaine de personnes.
Ugitech est désormais allemand... et Vetrotex bientôt américain

Arcelor, qui annonçait depuis six ans son intention de se recentrer sur son cœur de métier, a cédé, en juillet 2006, Ugitech à l’allemand Schmolz Bickenbach qui se hisse ainsi au premier rang mondial. Un changement d’actionnaires plutôt bien accueilli localement où les 123 suppressions de postes annoncées fin 2003 n’avaient pas rassuré les 1 200 salariés d’Ugine (Savoie). Ugitech fabrique chaque année 200 000 tonnes d’aciers longs inoxydables et alliés destinés aux marchés de l’automobile, du bâtiment et de l’agroalimentaire. Sous la houlette de son nouveau propriétaire, il a déjà commencé à réembaucher. A Chambéry, Vetrotex s’apprête quant à lui à tourner la page Saint-Gobain. Pour juguler la concurrence asiatique et la baisse de 30 % des prix en cinq ans, Saint-Gobain et son concurrent historique Owens Corning veulent créer, d’ici avril 2007, une nouvelle société, réunissant leurs activités “renforcement et composite”. Owens Corning-Vetrotex Reinforcements réaliserait un chiffre d’affaires de 1,5 milliards d’euros avec 10 000 salariés. Elle appartiendra à 60 % à Owens Corning, mais Saint-Gobain aura la possibilité de céder sa participation (40 %) au terme d’une période de quatre ans. La nouvelle a été annoncée l’été dernier alors qu’un chantier de 20 millions d’euros est en cours sur l’une des usines chambérienne du groupe. Les 600 salariés de Vetrotex Chambéry - un effectif divisé par trois au fil des réorganisations - sont concernés.

Sophie Boutrelle