LE DOSSIER : la CFDT à l'offensive


C'est sur l'emploi et le pouvoir d'achat que la CFDT centrera son action en proposant des perspectives aux salariés à la fois en terme de résultats immédiats mais aussi de réflexion à plus long terme dans la perspective de construire un nouveau pacte social.

AGIR POUR L'EMPLOI

Même si la situation du chômage semble s'améliorer au travers des dernières annonces de l'INSEE, le ralentissement de la croissance au premier semestre n'augure pas de bonnes nouvelles en matière d'évolution du nombre d'emplois susceptible de créer une nouvelle dynamique. Et les dernières annonces du gouvernement ne peuvent pas constituer une politique de relance de la croissance et de l'emploi.

Le patronat ne peut pas rester passif devant la situation de l'emploi et laisser les entreprises procéder à des restructurations dont la seule logique est financière sans projet industriel. Il ne peut pas demander plus de souplesse pour licencier sous le prétexte d'embaucher plus facilement sans donner des perspectives de reclassement et de reconversion crédibles aux salariés.

Le gouvernement ne peut en rester à des mesures ponctuelles, largement inefficaces et incohérentes. Même si la CFDT a obtenu des avancées non négligeables enmatière de préavis et d'indemnisation, le contrat nouvelle embauche va précariser davantage les salariés de petites entreprises déjà largement pénalisés sur les salaires et le temps de travail. Il n'est pas de nature à régler la question de l'emploi.

La CFDT demande des réponses d'une autre nature en terme de politiques industrielles, de recherche, de formation professionnelle, de sécurisation des parcours professionnels qui puissent enfin donner de l'espoir aux salariés et une vision plus sécurisante de l'avenir.

Continuer à se mobiliser sur l'emploi

La CFDT continuera donc à se mobiliser pour :

- agir pour que des initiatives soient prises pour l'emploi au niveau national, local et dans les branches professionnelles. Dans ce sens la CFDT continuera à peser sur la mise en oeuvre du plan Borloo.
- exiger d'être entendue sur les diagnostics qu'elle réalise (exclusion, démographie, politique industrielle, Europe, mondialisation, mutation des emplois ...)
- obtenir une politique de l'emploi plus cohérente et plus constante.
- faire avancer la sécurisation des parcours professionnels

Poursuivre notre action sur les ordonnances

La CFDT a joué tout son rôle dans le débat sur les ordonnances. Critique sur la forme et sur le fond notamment à partir du moment où le gouvernement ne voulait pas revenir sur les deux points durs de blocage (absence de motif de licenciement, seuils). Action por obtenir des droits supplémentaires pour les salariés qui seront précarisés par ce contrat : préavis, indemnité de licenciemnet , reclassement.

Sur ces deux points durs dénoncés depuis le départ, la CFDT a poursuivi son action par la voie juridique en déposant un recours au Conseil d'Etat. la CFTC et la CGC se sont associées à notre démarche. Nous en profitons pour mettre en exergue les questions d'hygiène et de sécurité qui sont - elle aussi - atteintes par les ordonnances.

L'issue du recours a bien sûr un impact évident sur les actions à mener et notre capacité à peser sur les évolutions.

CONCERNANT LE CNE

Tout en condamnant la mesure tant au niveau de ses conséquences en terme de précarisation que de son impact au mieux minime sur l'emploi, la CFDT doit continuer à peser pour obtenir d'autres avancées.

Ce n'est pas en mettant en cause par touches successives les droits des salariés en matière de licenciement, temps de travail ou de dialogue social que la situation économique va s'arranger. Les résultats économiques de ces trois dernières années sont là pour le démontrer. Pour la CFDT, le dialogue social entre les partenaires sociaux en complémentarité avec le gouvernement doit être le vecteur par lequel de nouvelles garanties pour les salariés peuvent se construire dans un contexte économique et social en constante évolution.

Il s'agit donc de continuer à dénoncer ce qui est condamnable dans le plan pour l'emploi du gouvernement:

Nous devons exprimer clairement notre désaccord sur les conditions de mise en oeuvre du CNE en plaçant à la fois notre critique sur le plan social et sur le plan économique.

Par ailleurs , la façon avec laquelle le gouvernement aborde la question des seuils accrédite l'idée que le fait d'avoir une représentation du personnel et un syndicat est une charge pour l'entreprise.
Le risque de voir se terminer leur contrat de travail à 26 ans pour de nombreux jeunes embauchés en CNE et réel.


Sur le plan social, le CNE comporte un risque de précarisation supplémentaire de toute une partie des salariés sans leur offrir une véritable sécurité des parcours professionnels. Après la RTT, les salariés des TPE sont une nouvelle fois pénalisés. Le fait même que les agences immobilières et les banques aient déjà marqué leurs réticences vis à vis des clients potentiels en CNE montre bien l'impact social de cette mesure.

Cette attitude en montre aussi les conséquences économiques. Difficulté pour se loger, difficulté pour obtenir des crédits, difficultés pour s'engager à moyen terme auront un impact fort sur la consommmation avec un effet négatif sur la croissance.

La CFDT continuera à agir pour cadrer la mise en oeuvre du CNE:

en obtenant un maximum de garanties pour les salariés concernés:

Rappelons qu'en tout état de cause, la motivation du licenciement ne peut pas être illégitime . Ainsi, un licenciement dont il serait avéré qu'il serait de nature discriminatoire ou interdit (ex femme enceinte) doit toujours faire l'objet d'un recours auprès des juridictions compétentes. Derrière , à nous de saisir syndicalement toutes les possibilités de faire évoluer le droit.

Suivi des salariés:

Nous devons obtenir l'engagement du service public de l'emploi et notamment de l'ANPE pour la mise en place du mécanisme d'accompagnement renforcé prévu. Il y aura lieu d'être particulièrement vigilans et exigeants sur les moyens mis en oeuvre.

Nous devons également interpeller le patronat le moment venu pour négocier la mise en oeuvre des dispositifs de suivi des partenaires sociaux tel que l'ordonnance le propose.

Suivi du CNE :

Au delà du bilan nécessaire fixé au 31/12/2007 (nous voulons un bilan dès fin 2006), nous devons peser pour qu'un suivi immédiat de la mise en oeuvre de la mesure soit réalisé au niveau local et national.

Ainsi, au niveau régional, un bilan trimestriel devrait être présenté pour avis au Comité de coordination régional de l'emploi et de la formation professionnelle. Ce qui permettrait un débat sur l'application de la mesure et sur son impact en matière d'emploi. Ce bilan pourrait notamment comporter une comptabilisation des offres d'emploi en CNE, comparée à l'évolution des CDD et des missions d'interim.

Ce bilan pourrait par ailleurs être présenté à la COPIRE et au comité régional de l'ANPE par le directeur régional du Travail et de la formation professionnelle.

CONCERNANT LE POUVOIR D'ACHAT

Dans la continuité des actions menées depuis le début de l'année, les salaires seront au coeur de l'action de la CFDT notamment dans les branches professionnelles dont les grilles commencent en dessous du SMIC ou n'assurent pas un réel déroulement de carrière afin de "ne pas rester au SMIC toute sa vie". Des résultats ont déjà été obtenus dans certaines branches. Il nous faut les valoriser. La proposition du gouvernement de lier l'octroi d'une prime de 0 à 1000 euros à la négociation d'un accord de branche est à étudier de près. La montée du prix de l'essence exacerbe encore davantage la question du pouvoir d'achat dans notre pays.

Dans la fonction publique, la question des salaires doit aller au delà de la stricte question de l'évolution de la valeur du point d'indice ce dont se contenteraient nos partenaires les plus conservateurs.

L'Etat doit aussi donner l'exemple en allant au delà du simple maintien du pouvoir d'achat de la valeur du point dans la fonction publique et en acceptant de négocier l'évolution de la grille, l'évolution des carrières, la reconnaissance des métiers et la formation professionnelle.

Il est anormal que de nombreuses grilles de salaires restent encore en dessous du SMIC. La CFDT demande au patronat d'infléchir sa politique ssalariale dans les branches professionnelles pour qu'il n'y ait plus de salaires minimum en dessous du SMIC et pour que les grilles assurent un déroulement et des perspectives de carrière aux salariés.

La CFDT demande au gouvernement d'amplifier la pression qu'il exerce sur les branches pour débloquer les négociations salariales. Le gouvernement envisage de distribuer une prime de 0 à 1000 euros sous réserve d'un accord de salaires.

Dans les entreprises, cela peut être un levier important pour relancer les négociations salariales et faire en sorte que cette prime ne se substitue pas à des augmentations de salaires.

Mais la question du pouvoir d'achat va bien au delà du salaire et concerne le coût des transports , la fiscalité , la protection sociale , le logemnt et la vie chère . Au delà des salaires, la question plus large des revenus doit être abordée. C'est pourquoi la CFDT demande la tenue d'une conférence sur les revenus (fiscalité, financement de la protection sociale, coût du logement , des transports ....)

LA STRATEGIE D'ACTION POUR LA CFDT

Plus que jamais dans ce contexte difficile, nous devons rester nous-mêmes et défendre notre type de syndicalisme ou l'action syndicale doit déboucher sur des résultats tangibles pour les salariés dans l'intérêt général.

Notre action doit donc se baser sur les principes suivants :


- agir pour obtenir des résultats et donc ne pas se laisser entraîner dans un quelconque mouvement social sans débouché et dont l'objectif serait tout autre que syndical.

- faire valoir avec force notre critique sociale sur l'emploi, les ordonnances, la question des revenus, la fonction publique et les services publics.

- S'adresser tout autant aux patronats qu'au gouvernement.

LES MANIFESTATIONS DU 4 OCTOBRE 2005 et le RASSEMBLEMENT DE 800 DELEGUES DU PERSONNEL REGIONAUX le 13 OCTOBRE 2005 répondent à ces impératifs.

 
 

 





Sommaire du dossier

Agir pour l'emploi

Le contrat nouvelle embauche

Agir pour le pouvoir d'achat

Stratégie d'action de la CFDT

AGIR dans l'UD : INTRANET

A Propos de ...

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