L'Ain est le premier centre carrossage en France et 30000 personnes y travaillent dans l'industrie automobile. L'usine de Bourg en Bresse est alimentée par une noria de 200 camions par jour qui livrent les composants des camions qui peuvent sortir à raison de 224 chaque jour des deux chaines de montage.
Dans le contexte de crise environnementale, l'industrie automobile se devait d'initier de profondes mutations technologiques.
La crise financière est venue l'impacter au plus mauvais moment et s'est rapidement traduite par une baisse de la demande de véhicules, la récession économique et la réduction du crédit ne permettant plus aux entreprises clientes d'investir en matériel roulant.
Au jour de la visite, les contrats d'intérim n'étaient plus renouvelés, la modulation était abaissée à son plus bas niveau , les jours de congés et récupération de RTT permettaient de tenir jusqu'au mois de Décembre 2008 . Au delà un chomage technique à d'ores et déjà été annoncé. La direction "prévoit 90 jours de chômage partiel, le jeudi et le vendredi dès le 1er janvier, auxquels s'ajoutera le mercredi à partir du second trimestre", la mesure ne s'appliquera qu'aux sites de production à Lyon, Bourg-en-Bresse et Blainville-sur-Orne (Calvados).
"Nous avons été consultés sur l'activité industrielle du groupe et il nous a été indiqué que nos commandes étaient largement insuffisantes pour l'année prochaine. La baisse des commandes en 2009 est estimée à 35%", a déclaré Jean-Claude Rude, délégué CFDT, à l'issue du comité central d'entreprise (CCE).
Dans les périodes de difficultés antérieures, la mise en retraite anticipée des salariés les plus âgés à largement permis de réguler le marché de l'emploi or cette mesure ne fait plus partie de l'arsenal gouvernemental .
Les salariés le regrettent car dans leurs métiers nombreux ont été ceux qui ont bénéficié du départ anticipé pour carrières longues négocié en 2003 par la CFDT.
Le personnel estime qu'il est impossible avec un différentiel d'espérance de vie de 7 ans entre les ouvriers et les cadres de continuer à ne pas prendre en compte les effets d'usure sur l'organisme de la pénibilité du travail.
Forte d'une représentativité en hausse et bien implantée dans tous les collèges, l'équipe CFDT présente au CHSCT s'est engagée résolument sur le dossier de la prévention de la santé au travail en espérant que les dispositions 2003 au bénéfice des salariés entrés jeunes en activité seront a minima reconduites. Parce que c'est une question de simple équité, le thème est évidemment très mobilisateur.
Les difficultés actuelles donnent aussi un relief tout particulier à la question de la sécurisation des parcours professionnels par l'évolution des compétences des salariés.
Le site de Bourg en Bresse qui héberge dans ses murs des sous-traitants (par exemple pour l'équipement pneumatique des véhicules) est aussi un bassin d'emploi tout à fait adapté à la mise en place d'une GPEC (gestion prévisionnelle des emplois et des compétences) territoriale.
Enfin les effets dévastateurs sur l'emploi de la loi TEPA qui encourage les heures supplémentaires se sont fait sentir à Renault Trucks comme ailleurs .
Ce sont des milliers d'intérimaires qui n'ont pas vu leurs contrats renouvelés.
Par ailleurs la baisse soudaine d'activité se fait aujourd'hui durement sentir dans les budgets familiaux des salariés en CDI qui s'étaient rapidement habitués au complément de salaire que constituaient ces heures supplémentaires.
Il est très possible que cette situation, même en l'absence de perte d'emploi, conduise certains foyers à se défaire d'une maison achetée en une période où ils pouvaient compter sur un complément de ressources aujourd'hui absent.
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