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La visite d'une des unités de production de puces est impressionnante. Les chambres blanches sont insérées entre quatre étages techniques : trois hauteurs d'étages inférieurs et un étage supérieur destinés à en assurer la parfaite étanchéïté à tout agent polluant. Toute l'atmosphère est sous contrôle et le visiteur ne voit les installations que comme un curieux aquarium à travers les vitrages d'un couloir extérieur aux chambres blanches.
Isolés, les salariés n'aperçoivent pas les visiteurs, des chariots se déplacent automatiquement d'un atelier à l'autre dans une ambiance confinée.
Les installations particulièrement coûteuses fonctionnent en continu, les salariés y sont asservis disposant d'une pause le matin et d'une l'après midi et d'un court arrêt pour leur repas. Les contraintes d'habillage et déshabillage sont particulièrement lourdes.
En combinaisons intégrales bleues ou blanches, suivant leur emploi, les salariés ne paraissent pas si nombreux, on est donc surpris des chiffres : 40ha de foncier pour 10000m2 de salles blanches - 4000 emplois dont 1000 emplois de sous-traitance.
Questionné sur l'impact de la crise économique sur la production, le responsable de communication se veut rassurant : "il faudrait que Nokia se désengage pour que la production diminue à Crolles ! par ailleurs l'activité de production est adossée à une activité de recherche et développement, les lignes fonctionnent indifféremment pour les deux activités , ce modèle particulier est un atout pour l'emploi".
Il n'empêche que les salariés de ST MICRO ELECTRONICS sont inquiets et, dans un tract intersyndical du 30 Octobre 2008 (CFDT /CGT) revendiquent des garanties d'emploi :
- "Le gouvernement a annoncé un nouvel apport de subventions de plusieurs centaines de millions d’Euros à STMicroelectronics dans le cadre du programme « Nano2012 ». Ceci concerne principalement un soutien au développement de l’unité de Crolles-2, et à la R&D produits de Grenoble.
- Nos syndicats considèrent que le soutien à l’industrie micro-électronique par l’Etat actionnaire doit s’accompagner des exigences suivantes :
- Maintien et développement des emplois sur tous les sites ... ; on ne peut en effet accepter la création d’emplois d’un côté, la suppression de l’autre
- Reclassement des salariés sur leurs sites en cas de suppression d’activité
- Traitement des éventuels doublons par la coopération et la reconversion dans de nouvelles activités
- Arrêt des mesures de pression.
- Garanties sur le développement de l’outil industriel
- Nos syndicats demandent que les engagements soient pris au plus haut niveau tant par le PDG de ST Microelectonics que par les pouvoirs publics."
Le fait est que les syndicats sont contraints de procéder par déclaration car ils ne parviennent pas à être normalement associés à la gouvernance du pôle de compétitivité pourtant prévue à l'origine de la création de ce dispositif. La négociation d'une Gestion Prévisionnelle des emplois et des compétences qui serait pourtant tout à fait nécessaire dans le bassin d'emploi fait notamment défaut.
C'est d'ailleurs à la nuit tombante, au rond point de sortie de l'établissement que les syndicats sont tolérés pour la distribution de leurs tracts.
Une gestion sociale d'un autre temps pour un groupe qui se dit orienté vers l'avenir ?
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